« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît
car tu ne pourras pas t'égarer ... »

 

Nahman de Braslav

 

 

Pour réussir l'épreuve de DISSERTATION DE CULTURE GÉNÉRALE, il faut avoir l'audace d'inventer son propre chemin, pour proposer un plan personnel. Et c'est cette audace-là que les correcteurs attendent des candidat(e)s. Qui peut apprécier, à l'écrit comme à l'oral, ces plans tout faits et passe-partout ? Alors, apprenez à questionner par vous-même le sujet avant de faire monter vos connaissances - ces connaissances que tous les jurys attendent mais que vous devez formuler à travers un plan personnel. Mais, d'abord, lisez et relisez ce que disent les rapports de jurys à propos de l'épreuve de culture générale :

 

« [...] le jury apprécie les candidats qui savent s’évader des fiches stéréotypées [...] qui acceptent, fût-ce au prix de maladresses pardonnables, de réfléchir en direct ».

 

« Réfléchir en direct », voilà ce qui vous est instamment demandé – et, pour réfléchir en direct, encore faut-il apprendre à questionner le sujet et les mots du sujet, tous les mots du sujet, y compris « les pauvres de la grammaire » ; et il convient également de ne jamais oublier que tout sujet est une énigme à déplier, un fragment-hérisson comme dirait Schlegel. Avec, bien sûr, tout ce que cela ouvre comme champs de possible du point de vue heuristique - car il s'agit de faire appel à tous les savoirs qui relèvent de l'herméneutique et des techniques du questionnement.

D'où la raison d'être de ce blog : vous apprendre à QUESTIONNER LE SUJET et à QUESTIONNER LES MOTS DU SUJET ; vous proposer des chemins de réflexions sur les thèmes « dans l'air du temps » en essayant de proposer les pensées qui offrent, pour chaque thème abordé, les visions les plus riches de sens, tout en évitant celles qui seraient peu conformes ou trop contraires aux attentes et opinions des correcteurs et membres d'un jury - ce qui vous condamnerait à l'échec assuré !


L'audace est donc dans le questionnement du sujet

non dans les idées avancées


QUESTIONNER LE SUJET et les mots du sujet pour trouver un plan plus personnel, ne signifie pas ruer dans les brancards, avancer des idées qui vont heurter les correcteurs et le jury, non, cela serait un vrai suicide.

Questionner le sujet permet d'avoir une approche plus originale que les plans convenus, stéréotypés, mais quand vous faites ensuite « monter » vos connaissances, vous devez respecter les idées qui font l'unanimité ou presque, celles que vous trouverez dans ce blog à travers revues et dossiers de presse, ouvrages recommandés, et les commentaires que je vous propose en me référant constamment aux auteurs « autorisés », c'est-à-dire les auteurs qui ne suscitent aucune polémique majeure, dont tout le monde apprécie la pensée – au risque de tomber dans la pensée paresseuse, mais pour vous, dans les concours, un tel risque n'est pas un risque ... c'est même une nécessité que de citer ces auteurs-là.

D'où l'ambiguité d'un tel blog. Vous inciter à penser par vous-mêmes quand il s'agit de questionner le sujet et vous dire dans le même temps : attention, connaissez bien l'esprit du concours que vous préparez - UN CONCOURS SE QUESTIONNE - et les attentes de l'administration que vous désirez intégrer : QUESTIONNER L'ADMINISTRATION. Mais je sais, par expérience, que celles et ceux qui auront compris, intégré cette tension-là, réussiront.




Centres d'intérêts : puisqu'il faut un peu se dévoiler, je dirai qu'à côté des conférences de méthode et de sciences politiques (sic), c'est-à-dire, en des termes moins pédants, qu'à côté de la "culture générale" et des enseignements que je donne à l'université (comme chargé de cours), mes centres d'intérêts sont : le langage et ses enjeux herméneutiques, l'épistémologie des sciences humaines, économiques et sociales – de l'invention du fait social à l'invention des marchés -, et le monde sémitique, aussi bien arabe, histoire et civilisation du monde arabo-musulman, que juif : pensée et herméneutique juives. En tant qu'auteur, j'ai participé à la réalisation de cédéroms édités par ADM Communication et l'Institut du Monde Arabe (IMA). Parallèlement à mes activités comme chargé de cours, j'ai longtemps été journaliste indépendant et j'ai même été concepteur-rédacteur en agences de pub, et directeur artistique dans un studio d'enregistrement d'oeuvres musicales.

Parchemins et expertise : cela dit, comme dans le microcosme universitaire il est de bon ton d'étaler ses titres, je vais me prendre au jeu car, sans diplômes, pas de gloire ni de crédit ! Seuls les parchemins justifient l'expertise. Alors que les étudiant(e)s qui ne me connaissent pas et qui consultent le blog, se rassurent ! Je suis docteur en histoire contemporaine et diplomé de sciences politiques, je possède un troisième cycle (DESS) en gestion et administration des entreprises, une maîtrise de droit privé, un certificat d'études supérieures en droit du travail, et j'ai également fait des études (licence) de philosophie et de théologie.

Par ailleurs, j'essaye de mettre en pratique ce que j'enseigne : cette nécessité d'être toujours attentif aux frémissements du monde et de la pensée, et aujourd'hui encore, à 60 ans, je suis des cours, passe des examens, une façon de me remettre sans cesse en question, de connaître le stress de la page blanche - votre stress ! -, et je fais une nouvelle thèse, en philo cette fois, avec l'un de mes maîtres, mon maître, le philosophe Pierre Gire, spécialiste du premier matin grec, de Plotin, de Maître Eckhart et des mystiques rhénans. Quand la forme en une autre s'en va, telle est ma thèse, avec comme sous-titre : Processus et métamorphoses.

Voilà, j'ai sombré dans la pire des bêtises, celle qui relève de la suffisance, mais, pour être crédible, il faut assumer cette bêtise purement mondaine : les diplômes et les titres doivent, hélas, s'exhiber comme autant de phalus - au moins, lui, il en a ! se dit-on rassuré. Cela dit, j'espère que vous ne serez pas rassuré(e)s, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien. Seul l'imbécile a réponse à tout, disait déjà Voltaire.

La
« culture gé » méprisée : dans tout cursus universitaire, la culture générale est la matière la moins considérée ; pire que ça, elle est même l'objet d'un réel et profond mépris. Du coup, ce sont les jeunes doctorants, les apprentis profs, ou les ratés du système qui enseignent cette matière chargée d'un si fort coefficient dans les concours de la fonction publique. Et c'est pour cela que la plupart des préparations à l'épreuve de culture générale sont si mauvaises ou si peu efficaces. Celles et ceux qui l'enseignent ne savent pas, eux-mêmes, questionner le sujet, alors ils se contentent de proposer des types de plans que l'on trouve dans les livres consacrés à la « culture gé », de recopier des fiches de lecture – totalement calibrées, formatées, stéréotypées - sur les thèmes qui sont « dans l'air du temps », et de donner des citations fourre-tout qu'il faut apprendre par coeur, histoire de faire croire aux candidat(e)s qu'ils paraîtront intelligent(e)s en les recasant dans leurs copies.

Dans les marges, la pensée : de toute façon, pourquoi se fatiguer ? Car tout le monde en convient : il est impossible de faire carrière dans cette matière. Pourtant, ce pourrait être la « mère de toutes les disciplines », tant elle oblige à sortir des chemins balisés, des idées toutes faites, des poncifs de la pensée dominante, cette pensée du sens commun, affligeante et paresseuse. Elle oblige d'abord et avant tout à réfléchir, à penser par soi-même, avant de faire « monter » les connaissances. Elle oblige aussi à rester sans cesse éveillé – ne pas être un « dormeur » comme dit Héraclite – et à s'ouvrir en permanence sur le monde, sur tout ce qui fait sens, tout ce qui fait l'humain. Voilà pourquoi j'enseigne cette matière, même si elle est celle des apprentis profs, ou des incompétents et des ratés – ce qui est souvent le cas et certains universitaires ne se privent pas de me le rappeler. Qu'importe leur mal-dire ! c'est dans les marges, dans les sentiers non encore explorés, qu'éclôt la pensée – ce tout premier émerveillement du premier matin grec. Et tout sujet questionné, chaque mot exploré, ouvre l'esprit sur le vaste champ des possibles.


La philosophie, comme le dissertation de culture générale, « consiste à penser tout ce qui dans une question est pensable, et ceci à fond, quoi qu'il en coûte. Il s'agit de démêler l'inextricable et de ne s'arrêter qu'à partir du moment où il devient impossible d'aller au-delà ; en vue de cette recherche rigoureuse, les mots qui servent de support à la pensée doivent être employés dans toutes les positions possibles, dans les locutions les plus variées ; il faut les tourner, les retourner sous toutes leurs faces, dans l'espoir qu'une lueur en jaillira, les palper et ausculter leurs sonorités pour percevoir le secret de leur sens, les assonances et résonances des mots n'ont-elles pas une vertu inspiratrice ? 

W. Jankélévitch, Quelque part dans l'inachevé, Gallimard, 1978, p. 18.




Puissance d'écart et liberté de ton


Je sais, j'imagine, je suis même certain que ma liberté de ton va en gêner plus d'un. Mais, déjà, personne n'est obligé de venir sur mon blog. En outre, il n'y a jamais d'attaque ad hominem, simplement des mises à distance par rapport au monde universitaire, administratif, politique, etc. Sans cesse, je fais la part des choses et j'invite celles et ceux qui viennent consulter le blog à penser par eux-mêmes, à pratiquer, eux-aussi, la mise à distance, à faire preuve de cette puissance d'écart qui permet d'accepter ou de refuser telle ou telle façon de penser ou d'aborder telle ou telle question. Tout est affaire d'interprétation. C'est, au moins, l'une des leçons à retenir en lisant ce blog !

Les informations recueillies, les documents reproduits proviennent de sources sérieuses, d'un véritable travail universitaire (sic) de recherche, d'analyse, de synthèse. Et, sur tous ces points-là, je ne redoute rien. Absolument rien. Et vous non plus ! Vous pouvez travailler sans crainte. Le reste, les points de vue, relèvent de quelqu'un qui essaye de penser par lui-même et qui vous invite à faire de même, et qui préfère tous les pas de côté, les chemins de traverse aux discours convenus et à la pensée dominante, trop souvent paresseuse. Au risque de déplaire. Au moins, vous le saurez, il ne faut jamais prendre la pensée de quelqu'un, fût-il un prof, pour argent comptant !

Quelques mauvais coucheurs auront, j'en suis certain, l'outrecuidance de me dire que certaines de mes critiques, concernant l'enseignement de la culture générale ou le monde des clercs dont je fais partie, n'ont pas leur raison d'être ni leur place ici. Mais qui les autorise à décréter ce qu'il faut mettre ou non sur mon blog ? Et qui les oblige à le consulter ? J'exècre tous les donneurs de leçon et les commissaires politiques. Ceux qui me disent ce que je devrais faire et comment je devrais enseigner ... Surtout qu'en consultant mon blog, celles et ceux qui savent lire constateront très vite combien je suis reconnaissant et redevable à tous ces profs qui m'ont permis d'avancer dans mes propres recherches et qui m'ont donné le goût du savoir, du travail intellectuel. S'il m'arrive de critiquer les clercs, c'est justement parce que je voudrais tant qu'ils soient comme ces grands maîtres que j'ai eus et que j'ai, parfois, encore la chance de fréquenter. La liste est longue et elle traverse en permamence tout mon blog pour qui sait lire et être attentif.

Mon blog - et j'insiste encore ! - ne dépend d'aucune institution, d'aucune université, d'aucune administration. Je n'ai aucun lien de subordination avec qui que ce soit. Selon la formule de Victor Hugo, mon verre est petit, mais je bois dans mon verre. Par ailleurs, ce blog est absolument gratuit et tout le monde peut prendre ce que bon lui semble. Personne ne m'achète et je ne suis payé par personne. Exprimé autrement : la liberté de mon blog, son esprit, son éventuel non conformisme, relèvent des libertés publiques et, tant qu'il ne contrevient pas à l'ordre public, il n'a de compte à rendre à personne !

Est-ce suffisamment clair ?

La liberté de ton se paye, je le sais, j'ai déjà donné, souvent très, très cher, mais j'assume. Et je m'en contrefiche. Quand j'étais journaliste, sur des enquêtes très sensibles, j'ai même été menacé de mort et j'ai fait l'objet de gardes à vue. La belle affaire ! Comme le rappelle Nahman de Braslav : il faut savoir se perdre loin des sentiers habituels et balisés pour découvrir une parcelle de vérité !

 


MAIS ATTENTION !

 


Dans une dissertation, ma liberté de ton est à bannir.


Elle doit simplement vous permettre de réfléchir par vous-même et de mettre en place vos propres analyses qui doivent toujours être très argumentées et qui doivent surtout respecter une certaine neutralité - cette puissance d'écart qui permet d'éviter toute polémique contraire à l'esprit des concours.

Cela dit, je ne recherche ni la notoriété ni la gloire, je ne tiens pas à faire partie des valeurs sûres de la blogosphère, j'ai même une sainte horreur du sens commun, de l'entre-soi, des réseaux d'appartenance et autres tribus, et mon rêve le plus cher serait de n'être lu que par quelques unes et quelques uns - loin, très loin de toute cette gesticulation qu'offre la Toile.

Oui je ne voudrais m'adresser qu'à ces très rares lectrices et lecteurs qui auront compris que la culture générale c'est d'abord apprendre à penser par soi-même et qui auront fait leur cette fulgurante leçon de Nahman de Braslav :


« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît
car tu ne pourras pas t'égarer ... »

 

Alors les autres, tous les autres ne m'intéressent absolument pas, même s'ils viennent sur mon blog pour y piller des infos ... Ce ne sont que de vulgaires consommateurs !

Est-ce suffisamment clair aussi ?

Alain Laurent-Faucon



 

Publié dans : CULTURE GÉNÉRALE - MISES AU POINT ET RÉFLEXIONS - Par alain laurent-faucon
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La dissertation de "culture gé" est une épreuve à fort coefficient dans les concours de la fonction publique d'Etat, terriroriale, hospitalière, et je me suis aperçu que rares étaient les étudiant(e)s qui savaient QUESTIONNER LE SUJET. Le réflexe est d'utiliser des plans pré-formatés et des fiches stéréotypées. D'où la raison d'être de ce blog : QUESTIONNER LE SUJET et PENSER à partir des savoirs exigés.

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