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Publié le par alain laurent-faucon


« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît
car tu ne pourras pas t'égarer ... »

 

Nahman de Braslav



 

 

Pour réussir une DISSERTATION, il faut avoir l'audace d'inventer son propre chemin afin de proposer un plan personnel. C'est cette audace-là que les correcteurs attendent des candidat(e)s. Qui peut apprécier ces plans tout faits et passe-partout ? Alors, apprenez à questionner le sujet avant de faire monter vos connaissances - ces connaissances que le jury attend mais que vous devez formuler à travers un plan personnel. 


 

« [...] le jury apprécie les candidats qui savent s’évader des fiches stéréotypées [...] qui acceptent, fût-ce au prix de maladresses pardonnables, de réfléchir en direct ».


 

« Réfléchir en direct », voilà ce qui vous est instamment demandé – et, pour réfléchir en direct, encore faut-il apprendre à questionner le sujet et les mots du sujet, tous les mots du sujet, y compris « les pauvres de la grammaire » ; et il convient également de ne jamais oublier que tout sujet est une énigme à déplier, un fragment-hérisson comme dirait Schlegel. Avec, bien sûr, tout ce que cela ouvre comme champs de possible du point de vue heuristique - car il s'agit de faire appel à tous les savoirs qui relèvent de l'herméneutique et des techniques du questionnement. D'où la raison d'être de ce blog :  apprendre à QUESTIONNER LE SUJET et LES MOTS DU SUJET.  Sans oublier qu'il faut aussi connaître l'esprit du concours - UN CONCOURS SE QUESTIONNE - et les attentes de l'administration : QUESTIONNER L'ADMINISTRATION 

 

 




Centres d'intérêts : puisqu'il faut un peu se dévoiler, je dirai qu'à côté des conférences de méthode et de sciences politiques (sic), c'est-à-dire, en des termes moins pédants, qu'à côté de la "culture générale" et des enseignements que je donne à l'université (comme chargé de cours), mes centres d'intérêts sont : le langage et ses enjeux herméneutiques, l'épistémologie des sciences humaines, économiques et sociales – de l'invention du fait social à l'invention des marchés -, et le monde sémitique, aussi bien arabe, histoire et civilisation du monde arabo-musulman, que juif : pensée et herméneutique juives. En tant qu'auteur, j'ai participé à la réalisation de cédéroms édités par ADM Communication et l'Institut du Monde Arabe (IMA). Parallèlement à mes activités comme chargé de cours, j'ai longtemps été journaliste indépendant et j'ai même été concepteur-rédacteur en agences de pub, et directeur artistique dans un studio d'enregistrement d'oeuvres musicales.



Parchemins et expertise : cela dit, comme dans le microcosme universitaire il est de bon ton d'étaler ses titres, je vais me prendre au jeu car, sans diplômes, pas de gloire ni de crédit ! Seuls les parchemins justifient l'expertise. Alors que les étudiant(e)s qui ne me connaissent pas et qui consultent le blog, se rassurent ! Je suis docteur en histoire contemporaine et diplomé de sciences politiques, je possède un troisième cycle (DESS) en gestion et administration des entreprises, une maîtrise de droit privé, un certificat d'études supérieures en droit du travail, et j'ai également fait des études (licence) de philosophie et de théologie.


Par ailleurs, j'essaye de mettre en pratique ce que j'enseigne : cette nécessité d'être toujours attentif aux frémissements du monde et de la pensée, et aujourd'hui encore je suis des cours, passe des examens, une façon de me remettre sans cesse en question, de connaître le stress de la page blanche - votre stress ! -, et je fais une nouvelle thèse, en philo cette fois, avec l'un de mes maîtres, mon maître, le philosophe Pierre Gire, spécialiste du premier matin grec, de Plotin, de Maître Eckhart et des mystiques rhénans. Quand la forme en une autre s'en va, telle est ma thèse, avec comme sous-titre : Processus et métamorphoses.


Voilà, j'ai sombré dans la pire des bêtises, celle qui relève de la suffisance, mais, pour être crédible, il faut assumer cette bêtise purement mondaine : les diplômes et les titres doivent, hélas, s'exhiber comme autant de hochets - au moins, lui, il est expert ! se dit-on rassuré. Cela dit, j'espère que vous ne serez pas rassuré(e)s, car la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien. Seul l'imbécile a réponse à tout, disait déjà Voltaire.



La
« culture gé » méprisée : dans tout cursus universitaire, la culture générale est la matière la moins considérée ; pire que ça, elle est même l'objet d'un réel et profond mépris. Du coup, ce sont les jeunes doctorants, les apprentis profs, ou les ratés du système qui enseignent cette matière chargée d'un si fort coefficient dans les concours de la fonction publique. Et c'est pour cela que la plupart des préparations à l'épreuve de culture générale sont si mauvaises ou si peu efficaces. Celles et ceux qui l'enseignent ne savent pas, eux-mêmes, questionner le sujet, alors ils se contentent de proposer des types de plans que l'on trouve dans les livres consacrés à la « culture gé », de recopier des fiches de lecture – totalement calibrées, formatées, stéréotypées - sur les thèmes qui sont « dans l'air du temps », et de donner des citations fourre-tout qu'il faut apprendre par coeur, histoire de faire croire aux candidat(e)s qu'ils paraîtront intelligent(e)s en les recasant dans leurs copies.



Dans les marges, la pensée : de toute façon, pourquoi se fatiguer ? Car tout le monde en convient : il est impossible de faire carrière dans cette matière. Pourtant, ce pourrait être la « mère de toutes les disciplines », tant elle oblige à sortir des chemins balisés, des idées toutes faites, des poncifs de la pensée dominante, cette pensée du sens commun, affligeante et paresseuse. Elle oblige d'abord et avant tout à réfléchir, à penser par soi-même, avant de faire « monter » les connaissances. Elle oblige aussi à rester sans cesse éveillé – ne pas être un « dormeur » comme dit Héraclite – et à s'ouvrir en permanence sur le monde, sur tout ce qui fait sens, tout ce qui fait l'humain. Voilà pourquoi j'enseigne cette matière, même si elle est celle des apprentis profs, ou des incompétents et des ratés – ce qui est souvent le cas et certains universitaires ne se privent pas de me le rappeler. Qu'importe leur mal-dire ! c'est dans les marges, dans les sentiers non encore explorés, qu'éclôt la pensée – ce tout premier émerveillement du premier matin grec. Et tout sujet questionné, chaque mot exploré, ouvre l'esprit sur le vaste champ des possibles.

 


La philosophie, comme le dissertation de culture générale, « consiste à penser tout ce qui dans une question est pensable, et ceci à fond, quoi qu'il en coûte. Il s'agit de démêler l'inextricable et de ne s'arrêter qu'à partir du moment où il devient impossible d'aller au-delà ; en vue de cette recherche rigoureuse, les mots qui servent de support à la pensée doivent être employés dans toutes les positions possibles, dans les locutions les plus variées ; il faut les tourner, les retourner sous toutes leurs faces, dans l'espoir qu'une lueur en jaillira, les palper et ausculter leurs sonorités pour percevoir le secret de leur sens, les assonances et résonances des mots n'ont-elles pas une vertu inspiratrice ? 


W. Jankélévitch, Quelque part dans l'inachevé, Gallimard, 1978, p. 18.



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alain faucon

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massage 05/12/2013 16:27

Ne faut-il pas un minimum d'expériences dans la vie active pour arriver à produire un plan très personnel dans lequel le correcteur puisse prendre du plaisir ? Ne faut-il pas de l'expérience pour
arriver à s'éloigner des sentiers battus sans se faire sanctionner par un jury ?

lolo 10/01/2013 10:06

je vous cite "Car je voudrais mettre en ligne des textes concernant le « printemps arabe », la notion de « laïcité », les relations politique et religion, sans oublier la crise, le concept de
crise, une petite phénoménologie de la crise, etc."

Je vous y encourage alors ;) Superbe site, et vu que la culture gé n'a pas disparu des concours militaires, je vous en suis reconnaissant!

Faites-vous plaisir, faites-nous plaisir, si vous avez de nouveaux articles, il ne faut plus hésiter!

Justine 06/12/2012 03:07

Bonsoir Monsieur Faucon,

Le dernier commentaire est daté de 2010, je ne sais pas si vous continuez à publier sur votre blog, car je viens de le découvrir, mais j'espère que vous lirez ce message. Je tiens à vous remercier,
que dis-je ?, je me dois de le faire pour l'apport intellectuel que vous m'avez offert tout au long de la soirée, par le biais de vos écrits. Car oui, je n'ai découvert votre blog que ce soir ( à
20h ) et je le quitte à l'instant ( il est plus de 3h du matin ! ). Je cherchais à l'origine une méthodologie de la dissertation de Culture Générale, que j'ai lue ici avec ferveur. Vous m'avez tant
et si bien captivée, et tant et si bien éclairée, que je n'ai pu m'empêcher d'"aller voir plus loin". J'ai voyagé d'article en article, de lien en lien; tous regorgeaient tellement de pertinence
les uns après les autres, qu'à aucun moment je ne pouvais arrêter ma lecture. C'était formidable ! Merci beaucoup. De plus, travailler pour la " notoriété " aujourd'hui n'est pas monnaie courante,
et je me dis que le créateur d'un blog doit passer par moult états d'esprit en écrivant des articles : " Vais-je être lu ? Mes articles vont-ils plaire ? Vont-ils être compris ? ". Alors pour
remédier le temps d'un instant à cette incertitude, je vous certifie que votre blog est d'une richesse intellectuelle monumentale. Je suis encore une toute jeune étudiante ( 19 ans ) et j'ai
beaucoup à apprendre. Je passerai régulièrement ici pour assouvir ma soif de connaissances. Merci encore.
Justine.

alain laurent-faucon - alf - andéol 06/12/2012 23:04



Bonsoir Justine,
C’est très gentil à vous, Justine, de me remercier ainsi et de me dire autant de choses aimables, même si, à cause de mon blog, vous avez quasiment passé une nuit blanche !
Oui, c’est vrai, cela fait plus de deux ans que je n’ai rien écrit sur le blog, d’abord parce que l’épreuve de culture générale a été supprimée dans les concours ou fortement modifiée, ensuite
parce que (ceci expliquant cela) je n’ai plus de cours de culture générale, enfin parce que je suis trop pris par un travail de recherche sur la philosophie du processus, le processus étant
entendu comme surgissement de l’imprévisible, du discontinu, etc.
Cela dit, j’ai bien dans l’idée de continuer ce blog, même si, pour l’instant, je n’écris rien. Dès que j’ai terminé mon travail sur le processus. Car je voudrais mettre en ligne des textes
concernant le « printemps arabe », la notion de « laïcité », les relations politique et religion, sans oublier la crise, le concept de crise, une petite phénoménologie de la crise, etc.
Je vous remercie encore, Justine, pour votre message si bienveillant et si encourageant, et qui me touche vraiment. Je vous souhaite tout plein de joies et de rêves, de succès et de bonheur …
Bien à vous.



aitchaouche 24/05/2012 17:35

magnifique ce blog! Une belle initiative et une source d'informations pratique qui permet de ne pas se disperser dans tous sens.

Virginie 01/04/2011 22:46


Bonsoir Alain,

Je me suis perdue dans les flots d'informations du web concernant l'épreuve de culture générale et c'est avec ravissement que j'ai découvert votre blog!
J'ai suivi une "méthodologie" pour cette épreuve, notre professeur a surtout insisté sur la forme... et sur le fait que notre réflexion doit aboutir à la pensée "communément admise" par la
majorité...

Vous nous parlez d'audace, voila une notion que j'oublie face à la peur qui m'assaille une fois le sujet posé sous mes yeux!

Aujourd'hui j'ai eu les résultats du concours d'inspecteur du travail qui sont négatifs (J'aurai tellement aimé que ce soit un poisson d'avril du ministere du travail!) Malheureusement c'est la
réalité et je dois me resaisir pour le concours de commissaire aux armées.
Pouvez vous à ce sujet me conseiller quelques ouvrages utiles, outre vos dossiers si agréables à parcourir?

En vous remerciant pour votre générosité à partager vos savoirs

Amicalement


poerava chapman 15/12/2010 20:28


Bonjour,
Je prépare un concours administratif, depuis très loin de chez vous. J'habite à tahiti. Je me ballade de ci, de là, sur le net, pour trouver des "trucs et astuces".
Ce premier article me donne très envie de lire la suite de votre (ton- on tutoie tout le monde chez moi). Merci en tout cas, de faire partager vos connaissances!
Poerava


Analas 19/06/2010 12:28


bonjour, je prépare actuellement le concours d'attaché territorial. Je tiens tout d'abord à vous remercier pour les explications relatives à votre méthode de questionnement pour le sujet. J'avais
déjà reçu une formation en ce sens, mais moins bien expliquée. Grâce à votre générosité, j'aurai peut être l'occasion d'exprimer plus clairement mon point de vue et de manière plus nuancer.

Il y a toutefois un point qui me dérange dans cette épreuve de culture générale. Quel est le rôle et la place de philosophie dans cette épreuve ? La méconnaissance des maîtres à penser de ce
domaine est-il pénalisant ?

Cela m'inquiète un peu dans le sens où je n'ai jamais eu de véritable formation dans ce domaine, mais seulement un bref survol de la discipline. Je ne remets pas en cause ma réflexion qui, avec
l'aide de ma formation en psychologie sociale, m'ouvre à un esprit critique et constructif.

Ma crainte repose sur la représentation sociale que j'ai de ces concours qui classent les candidats en fonction de leurs connaissances littéraires dans cette discipline. Toutefois, si cela s'avère
indispensable, j'ajouterai cette approche à ma préparation.

Cordialement


Sophie 16/03/2010 14:44


..J'ai oubié de préciser dans mon mail précédent que l'extrait cité pour le concours interne de conservateur de bibliothèques provenait de
Les employés, Honoré de Balzac, 1845....
Bien à vous..
Sophie


Sophie 16/03/2010 14:40


Bonjour
je tenais à vous remercier pour ce blog que je suis de loin en loin (je le regrette maintenant, j'aurais dû être plus assidue!!!) et à vous communiquer les sujets externe et interne du concours de
conservateur de bibliothèque (11 et 12 mars 2010) . Vos prévisions étaient bonne, sont "tombés" un sujet sur l'identité nationale et un autre sur la réforme de l'Etat ...
A savoir :

Composition externe

Mona Ozouf ouvre Composition française, Retour sur une enfance bretonne, paru en 2009 aux éditions Gallimard, par la réflexion suivante :

« Quand je réfléchis à la manière dont les Français ont senti, pensé, exprimé leur appartenance collective, deux définitions antithétiques me viennent à l’esprit. Elles bornent le champ de toutes
les définitions possibles de l’identité nationale. L’une, lapidaire et souveraine, « la France est la revanche de l’abstrait sur le concret », nous vient de Julien Benda. L’autre, précautionneuse
et révérente, « la France est un vieux pays différencié », est d’Albert Thibaudet.

Rien de plus éloigné que ces deux conceptions de l’identité nationale. La France de Benda est un produit de la raison, non de l’histoire. Une nation politique et civique, faire de l’adhésion
volontaire des hommes, surgie du contrat, bien moins héritée que construite. Une nation dont la simplicité puissante, obtenue par l’éradication des différences, unit toutes les communautés sous les
plis du drapeau. La France est alors la diversité vaincue. »

Qu’en pensez-vous ?

Composition interne :
Vous commenterez ce texte à l'aide d'exemples contemporains :
Mis à portée d'étudier l'administration française et d'en observer le mécanisme, Rabourdin opéra dans le milieu où le hasard avait fait mouvoir sa pensée, ce qui, par parenthèse, est le secret de
beaucoup d'œuvres humaines, et il finit par inventer un nouveau système d'administration. Connaissant les gens auxquels il aurait affaire, il avait respecté la machine qui fonctionnait alors, qui
fonctionne encore et qui fonctionnera longtemps, car tout le monde sera toujours effrayé à l'idée de la refaire; mais personne ne devait, selon Rabourdin, se refuser à la simplifier. Le problème à
résoudre visait, à son sens, dans un meilleur emploi des mêmes forces. À sa plus simple expression, ce plan consistait à remanier les impôts de manière à les diminuer sans que l'État perdît ses
revenus, et à obtenir, avec un budget égal au budget qui soulevait alors tant de folles discussions, des résultats deux fois plus considérables que les résultats actuels.


Ludovic DEWAELE 20/02/2010 19:13


bonjour Alain

je viens de découvrir tout a fait par hasard votre blog en me promenant sur la toile. j'ai le bonheur de suivre vos interventions lors du cycle préparatoire ENSP de Lyon en 2002. Je dis bonheur car
j'ai réussi le concours qui me permet de diriger un EHPAD depuis maintenant 5 ans alors que ma formation initiale se limiter à un bac G2.
vous y etes, tout comme plusieurs autres intervenants (Abdelmaki, etc) pour beaucoup car vous avez su faire en sorte de nous donner le gout de la recherche de la qualité de l'information et de
l'aborder systématiquement avec un esprit critique ceci tant dans le cadre des cours que lors des nombreuses et parfois longues discussions partagées en "after" autour de quelques breuvages.
heureux de constater que vous n'avez pas perdu votre dynamisme et vos convictions. Quelle bonne idée de les partager par le biais de ce blog.
Amicales salutations.
trés cordialement
Ludovic