QUESTIONNER LE SUJET [3]

Publié le par alain laurent-faucon



Parlons des minuscules. Leur petite taille les condamne à l'indifférence, alors que ces lettres peuvent exprimer tout un tas de choses. Mais voilà, on n'a d'yeux que pour les majuscules et leur prestance : face aux minuscules perdues dans la foule des phrases et des mots, les majuscules sont là et s'imposent. En majesté. Comme Dieu. Ou l'Absolu. Ou la Transcendance. En grands principes également, principes parmi les principes, concepts parmi les concepts. Ainsi en est-il de l'Un, du Multiple, du Progrès, de la Liberté, de la Vérité, etc.

Mais voyons aussi, parmi les tout-petits de la grammaire, les adverbes. Un « même », par exemple, qui peut devenir, dans certains cas, un adjectif exprimant l'identité ou la parité, et qui peut se transformer en locutions adverbiales : à même de, de même, tout de même, ou en locution conjonctive : de même que.

Et réfléchissons également à l'usage de ces petits crochets doubles qui se mettent au commencement et à la fin d'une citation - les guillemets -, sans oublier, pour autant, le point d'exclamation, qui exprime, de façon graphique, gestuelle, toutes sortes d'émotions, et qui relève, de ce fait, du langage des sentiments.

Toute citation, tout fragment, tout bout de phrase étant « en situation » même s'ils sont placés, mis « hors contexte », il faut donc aller voir alentour pour affiner la perception et découvrir d'autres sens – c'est l'usage pourvu de sens (sinnvoller Gebrauch) qui indique, en effet, les interprétations possibles, et il faut se souvenir qu'un acte de langage - « même pas mal ! » - s'inscrit dans des formes de vie – le monde des enfants, la cour de récréation ... Mais nous y reviendrons.


« même pas mal ! »

Plein de réflexions et de remarques viennent aussitôt à l'esprit, et toutes participent du questionnement du sujet. Peu importe l'ordre dans lequel elles arrivent, pourvu que toutes soient retranscrites - ou, du moins, les plus importantes – et qu'elles soient, ensuite, triées, ordonnées. Ce n'est qu'une fois ce premier travail effectué que votre démonstration va se mettre en place et que sa logique interne deviendra le plan de la dissertation. Au risque de radoter, mais c'est le propre de l'enseignement et de l'âge : l'ordre du discours, c'est le discours lui-même. Et sa logique démonstrative est le meilleur des plans.

Je sais qu'en écrivant tout cela, je vais à l'encontre de celles et de ceux qui apprennent à leurs étudiant(e)s des types de plan – il y a pléthore de livres à ce sujet ! - et qui leur font croire qu'il existe des recettes, du prêt à penser en somme. Et le résultat de ce « formatage » reste, dans la majorité des cas, catastrophique. Aussi bien à l'écrit qu'à l'oral. Voilà pourquoi la correction des copies est un tel cauchemar ! On lit mille et une fois le même baratin ficelé dans le même type de plan, et il n'y a rien – mais vraiment RIEN - de personnel. Aucune lueur. Aucune vivacité. Le mortel ennui ... Et l'on a envie de hurler : étonnez-moi !


« même pas mal ! »

Ce bout de phrase flanqué d'une minuscule, un petit « m », nous indique quelle peut être sa place dans un contexte qu'il nous faut reconstituer par la pensée. De toute évidence ce n'est pas un début de phrase, sinon le « m » serait majuscule ; il en va ainsi dans nos codes grammaticaux. Il s'agit d'une fin de phrase ou d'un bout de phrase rapporté, d'une citation (les guillemets le laissent imaginer) qui conclut des faits et gestes, une discussion.

Ce bout de phrase, ce fragment, se termine par un point d'exclamation. Le mot est dit : se termine – car le point clôt une phrase, même s'il ne clôt pas la pensée en train de se faire, la discussion en train de se déployer. Il marque simplement une étape, une respiration, un intervalle, un écart entre deux phrases, deux idées, deux approches possibles. Le point ferme et ouvre à la fois. Avec des nuances plus ou moins grandes selon le type de point.

Ainsi, nous avons un bout de phrase qui est une fin de phrase - « même pas mal ! » - et qui arrive, au terme d'une série d'événements, en conclusion de ce qui vient de se passer et/ou de se dire. Mais ce n'est pas tout. Si ce bout de phrase ferme, résume, conclut quelque chose qui vient de se passer, il ouvre, en même temps, un vaste champ de possibles. Et là, le tout-petit de la grammaire, le « même », joue un rôle essentiel.


« même pas mal! »

Le petit « même » laisse entendre qu'il s'est effectivement passé quelque chose qui aurait pu affecter la personne qui vient de subir cette chose, mais qu'en fait, en réalité (?), pour dire vrai (?), elle n'a « même pas mal ! » ou, du moins, elle veut dire, ou laisser entendre, ou faire croire, qu'elle n'a « même pas mal ! ».

Dit de façon plus prosaïque : oui, tu pourrais penser que tu m'as fait mal en agissant ainsi, eh bien non, tu te trompes, j'ai même pas mal ! Le « même » renforce le « pas mal ! » dans la mesure où il est une réponse implicite au « tu voulais, tu cherchais à me faire mal », mais c'est raté : « j'ai même pas mal ! ». Ce « même » suppose une intention, sous-entend une volonté, celle de faire mal, et donne la réponse imprévue, le résultat paradoxal : contre toute attente, contre toute évidence, j'ai « même pas mal ! ». Mais est-ce bien vrai ?


« même pas mal! »

Aussitôt, d'autres questions surgissent. Non seulement : est-ce vrai ? Mais également : que cache ce « même pas mal ! » : une vérité, un mensonge, un coup de bluff, une bravade ? Ou encore : est-ce un déni, un refus de dire la vérité, d'avouer combien cela me fait mal ou m'a fait mal ? Une façon de nier la douleur en niant sa réalité. Ou bien, est-ce une manière de faire face, de s'opposer à l'autre, à celui qui m'a fait mal, en changeant de registre : en jouant sur son mental, en cherchant à le déstabiliser dans ses certitudes, en le provoquant psychologiquement. Il faut alors se demander pourquoi celui ou celle, qui dit « même pas mal ! », agit ainsi.

Ce qui nous conduit à poser une série de questions : où, quand, comment, pourquoi, ce genre de phrase se prononce, et qui la prononce, et en face de qui ?


« même pas mal! »

Tout le monde le sait : c'est dans une cour de récréation, entre gosses, que cette exclamation surgit. Elle termine quelque chose, un geste, des mots, et résume les sentiments réels ou inventés de l'enfant qui a subi quelque chose : une insulte, un coup. Comme l'a fort bien dit Julia dans son intro – le premier paragraphe, celui de la mise en perspective :

La scène se déroule dans une cour de récréation : un « grand » de CM1 veut prendre ses billes à un « petit » de CP. Gagnée à force de parties victorieuses, le « petit » se refuse courageusement à céder sa fortune. Décidé à se faire respecter, le « grand » décoche un violent coup de pied au « petit » et attend l'air goguenard sa capitulation. Tel un David défiant Goliath, le « petit », une larme perlant sur sa joue, lance au CM1 « même pas mal ! » : il a l'intention de garder ses billes et ne cédera pas ... »

Julia a très bien imaginé l'une des scènes possibles, et, surtout, a dévoilé l'essentiel. Il y a d'abord une relation asymétrique entre les protagonistes, le grand, le petit, le costaud, le faible, etc. Et cette exclamation, « même pas mal ! », doit se penser dans un tel rapport de force. Si le « petit » du CP pouvait casser la figure des plus grands que lui, le « grand » n'aurait pas osé le frapper, et s'il l'avait fait, le petit, au lieu de dire « même pas mal ! », lui aurait aussitôt flanqué une belle raclée !

Il y a ensuite dans ce « même pas mal ! » tout un ensemble de sentiments contradictoires – ne pas avouer, résister, préserver son honneur, rester fier, etc. - et trouver un autre moyen que la force physique ou la violence verbale pour s'en sortir dignement, sans perdre la face. D'où cette exclamation qui est une fin de non recevoir, une mise à distance, un déni ou une pirouette pour masquer sa souffrance, une provocation et une bravade parfois, dans la mesure où ce peut être un refus d'accepter, de se plier au diktat de l'autre, ou, au contraire, une technique d'évitement. Tout est possible, car tout est dans les gestes, la façon dont ce « même pas mal ! » est dit, etc. Le Dit transforme la réalité ; il relève du langage performatif (cf. John Austin). Et il renvoie aussi aux analyses de Wittgenstein sur les « actes de langage » et les « formes de vie ».


« même pas mal ! »

En effet, les enjeux de cette exclamation sont très importants. Même si celui ou celle qui dit « même pas mal ! », ne maîtrise pas ce qui se passe, il/elle retourne la situation en sa faveur. Le « même pas mal ! » déplace les lignes et les repères, déforme la réalité, la réinvente. Le « même pas mal ! » agit sur le réel et le transforme par sa simple énonciation. Et c'est en cela qu'il est une locution performative. Car il entend modifier le réel, en proposer une autre approche.

Ce « même pas mal » met en avant la puissance des mots, comme l'a bien vu Aude dans sa dissertation : les mots contre les gestes ou d'autres mots. Et, derrière ces trois mots - « même pas mal ! » - se jouent, écrit-elle, un vrai drame, une dramaturgie, une mise en scène comme dans un duel.


« même pas mal! »

Nous l'avons déjà dit ou plutôt suggéré : les guillemets indiquent que nous sommes dans un dialogue, ou qu'il s'agit d'une phrase rapportée, d'une citation. Sont donc ici reproduits les propos, l'exclamation, d'une personne. Et la minuscule indique qu'il s'agit d'un extrait, d'une exclamation qui termine soit d'autres propos, soit une action. Pour mémoire, les guillements peuvent également signaler que l'on rapporte une expression familière qu'un style soutenu ne saurait reproduire sans marquer sa distance. 

Concernant le « même pas mal ! », il est possible de se demander s'il a été réellement prononcé ou simplement pensé. Une question que s'est posée l'un d'entre vous, Nicolas.

A priori, le fait que ce « même pas mal ! » soit formulé, prouve, comme eût dit Monsieur de la Palice, qu'il n'est pas un silence même si sa formulation voile plus qu'elle ne dévoile. Cela dit, cette exclamation cherche à installer un silence ou une mise à distance ou les deux à la fois.

Le « même pas mal ! » est toujours en situation. Impossible de le saisir sans l'imagner dans l'un de ses contextes qui font sens. C'est le ton sur lequel il est dit, la posture crispée ou désinvolte, qui vont expliciter les silences et les non-dits qui se profilent derrière cette boutade : « même pas mal ! ». Et cela, vous pouvez, vous devez l'évoquer. Et Nicolas a raison de se demander si ce « même pas mal ! » est proféré ou simplement suggéré, pensé très fort.


« même pas mal! »

Quand nous questionnons un sujet de dissertation de culture générale, il ne faut jamais oublier ce qu'a dit Wittgenstein à propos de la philosophie : nous questionnons un sujet - ou nous philosophons - dans « le » langage, dans « un » langage et dans un « jeu » de langage.


« Lorsque les philosophes utilisent un mot -  savoir, être, objet, moi, proposition, nom - et cherchent à saisir l'essence de la chose, se demander : ce mot est-il effectivement employé ainsi dans la langue dans laquelle il a sa patrie ? »

Il suffit, explique Jocelyn Benoist [1], de « reconduire les mots à leur emploi, à la langue qui est la leur, au fond à ce qu'ils sont – nos mots ».

Et il suffit également de replacer ces mêmes mots dans leur contexte, les « formes de vie » dans lesquelles les « actes de langage » s'inscrivent : là où ils sont dits, par qui ils sont dits, pourquoi ils sont dits, quand ils sont dits, comment ils sont dits et comment ils sont compris, il suffit donc de replacer ces mots dans leur contexte pour découvrir les usages pourvus de sens. Et évitez bien des contresens !


Alain laurent-Faucon

[1] Jocelyn Benoist, « Sur quelques sens possibles d'une formule de Wittgenstein », in Wittgenstein, métaphysique et jeux de langage, ouvrage collectif, coordonné par Sandra Laugier, PUF, Paris, 2001.





LA DISSERTATION D'ANISSA


 

A l'origine, c'est une formule enfantine ! Que ce soit dans un contexte scolaire ou familial, les enfants utilisent l'expression « même pas mal ! » pour diverses raisons. D'abord, pour montrer à celui ou à ceux qui ont voulu leur faire mal, et éventuellement les faire pleurer, qu'ils n'y sont pas parvenus ; ensuite qu'ils sont capables de surmonter la douleur, de se montrer plus forts qu'eux ; enfin, pour prouver à la famille et aux copains, qu'ils sont devenus des « grands », c'est-à-dire qu'ils ne pleurent plus au moindre coup, à la moindre blessure, à la moindre contrariété.

D'apparence anodine, « même pas mal ! » signifie, en fait, plein de choses. Tout d'abord, les guillemets peuvent laisser entendre qu'il s'agit d'une expression plus largement employée dans le langage parlé qu'à l'écrit. Ils peuvent aussi indiquer que c'est une citation, un propos rapporté. Quant au point d'exclamation, il montre qu'il y a, dans « même pas mal ! », de l'émotion : le ton n'est pas neutre. Ce que le « même » semble d'ailleurs confirmer, tout en donnant du sens à cette exclamation plutôt ambiguë.

Ce « même » n'exprimerait-il pas, en effet, une certaine arrogance, ou ne chercherait-il pas, au contraire, à exprimer la volonté d'atténuer et surtout de prendre de la distance vis-à-vis du mal qui vient d'être fait ? Un mal tout à la fois présent – sinon : pourquoi une telle exclamation ? - et nié par le « même pas » ; un mal physique ou psychologique ou les deux ; et un mal que je pourrais m'infliger pour me surpasser, ou, à l'inverse, un mal qui me serait infligé par autrui pour me nuire.

Finalement, et d'une façon plus générale puisque les adultes aussi utilisent cette formule, ce « même pas mal ! » peut être une expression que l'on se dit à soi-même pour tenter de surmonter sa douleur (I) ; elle peut être également une mise à distance à l'encontre de celui ou de ceux qui ont voulu me faire mal (II). Nous quittons ainsi la cour de récréation et le monde des enfants pour une réflexion plus générale sur ce « même pas mal ! ».

 

Tout d'abord, l'expression « même pas mal ! » a une connotation psychologique. Elle peut servir, en effet, à s'auto-persuader que la douleur que l'on ressent ne fait pas mal ou pas trop mal.

 


I. - Le « même pas mal ! » : ce qu'on se dit pour surmonter la douleur

Quelles que soient les épreuves subies, quelle que soit l'intensité de la douleur ressentie, le mental peut chercher à avoir le dessus. Dans ce cas, et si la souffrance est vraiment très forte, celui qui parvient à la maîtriser passe pour quelqu'un de courageux – voire d'héroïque.


A) La toute puissance du mental

De prime abord, celles et ceux qui s'infligent des souffrances sont considérés comme des gens plutôt « bizarres ». Or, dans les pratiques sportives, notamment celles dites de haut niveau, l'athlète s'impose un entraînement physique d'où la douleur n'est pas exclue.

Si le sportif s'arrêtait à la moindre douleur, il ne pourrait atteindre ses objectifs. La douleur fait partie de la réussite, elle est nécessaire pour façonner, à la fois, le corps et l'esprit. Par exemple, une gymnaste doit refaire des milliers de fois ses enchaînements pour espérer remporter la moindre médaille.

Mais il arrive que cette volonté obstinée d'endurer toujours plus, encore plus, que ce « même pas mal ! » poussé à l'extrême engendre des situations particulièrement dramatiques.


B) Du contrôle de soi à l'héroïsme et au drame

Celui qui fait preuve d'une résistance telle qu'il est capable d'endurer des souffrances considérées, par la plupart des gens, comme étant « inhumaines », devient un héros. Ainsi en est-il de Jean Moulin. Malgré l'horreur des violences subies, il a su résister et garder le silence. Une telle maîtrise dans le « même pas mal ! » force l'admiration.

Il est toutefois des cas, historiquement moins tragiques, où vouloir à tout prix surmonter sa douleur peut engendrer de vrais drames. Par exemple, pour en revenir au monde des enfants, le « jeu du foulard » - ou « jeu de la tomate » car on devient tout rouge. Ce jeu du « même pas mal ! », qui consiste à s'étrangler avec un foulard, provoque la mort de certains jeunes.

 

En somme, on peut se dire à soi-même « même pas mal ! » pour mieux supporter les épreuves ; mais ce peut être aussi un message que l'on souhaite faire passer aux autres.


 

II. - Le « même pas mal ! » : un message envers le monde extérieur

Le « même pas mal ! » peut être une sorte de "carapace" pour, d'une part, faire comme si la douleur ne nous atteignait pas, et, d'autre part, donner à ceux qui nous ont fait du mal l'impression qu'ils n'y sont pas arrivés.


A) Une carapace « sociale »

Pierre Bourdieu, dans La Distinction, remarque que la douleur et la souffrance ne se vivent pas de la même façon selon le milieu dans lequel on vit. Par exemple, dans la bourgeoisie, notamment la haute bourgeoisie, les apparences importent beaucoup. En toutes circonstances il faut éviter de montrer aux autres que l'on souffre, car la douleur relève de l'intime, c'est quelque chose que l'on garde pour soi et que l'on ne montre pas aux autres.

A travers cet exemple, l'on s'aperçoit que le « même pas mal ! » est une façon de garder le contrôle de soi, afin de renvoyer aux autres une image « forte ».

Une image qu'il est également important de renvoyer à ceux qui nous font du mal, pour leur montrer - ou leur faire croire - qu'ils n'y sont pas parvenus.


B) Une mise à distance

Le « même pas mal ! » est une exclamation qui peut être formulée de manière explicite ou implicite. Ou les deux à la fois. Mais dans tous les cas, elle est une expression qui entend montrer que la « victime » a surmonté sa souffrance, et que, par conséquent, les « auteurs » du mal ont échoué.

Un exemple ? Celui de Florence Aubenas, journaliste à Libération, qui, après avoir été durant de longs mois otage en Irak, a raconté, avec une étonnante décontraction, ses conditions de détention. Malgré la dureté de l'épreuve, elle a voulu montrer qu'elle était restée forte et que ses geoliers n'avaient pas eu raison d'elle.

Il y a donc une distance entre ce que l'on ressent réellement et ce que l'on montre. L'apparence de ne pas avoir mal peut être une façon de se défendre, un « bouclier » contre le monde extérieur.

 

 


Ce « même pas mal ! », cette exclamation d'abord enfantine que l'on entend à l'école ou à la maison, dévoile et masque à la fois, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes qui l'utilisent à leur tour, des sens plus ou moins avoués ou avouables. 
Car ce « même pas mal ! » est non seulement une façon de se surpasser, en refusant de reconnaître, vis-à-vis de soi-même comme vis-à-vis d'autrui, la vérité, le « j'ai mal » ; mais elle est aussi une façon de se protéger des autres, de tous ceux qui font mal, en leur faisant croire qu'ils n'y sont pas vraiment arrivés. Et qu'ils n'y arriveront pas.


Anissa




Commenter cet article