L'établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu (Rhône) est le premier EPM ouvert en France. Il a accueilli ses premiers mineurs le 11 juin 2007. Huit jours plus tard, indique le journal Libération, « une partie des locaux étaient mis à sac, à coups de pieds et d'extincteur ». Et, à présent, le 5 février 2008, c'est un adolescent de 16 ans qui s'est pendu et qui avait déjà fait une première tentative de suicide. Comme toujours en pareil cas, « la direction régionale relativise les problèmes de violence », même si un magistrat parle, lui, d’un « mélange explosif », d’une « spirale folle ». Une surveillante, indique même le quotidien, « a été envoyée à l’hôpital, cette semaine, par deux des jeunes filles qui viennent de rejoindre l'EPM ». Et Libération conclut : «  La plupart des pensionnaires vont mal ».

Lors de l'inauguration de l'EPM de Meyzieu, le vendredi 9 mars 2007, le ministre de la justice et garde des sceaux, Pascal Clément, avait alors fait part de sa "fierté" d'inaugurer cet établissement pénitentiaire pour mineurs qui a vocation à devenir une "salle de classe entourée de murs". Et il avait même ajouté, nous dit Le Monde, que « ces EPM allient les exigences de sécurité carcérale avec la perspective de réinsertion des jeunes sous écrou ». Car il faut "des prisons humanistes, orientées vers la réinsertion"

Tout cela se passe de commentaires. Mais ne l'oubliez pas, c'est peut-être ça la « politique de civilisation » dont on nous rebat les oreilles. Et n'oubliez pas, non plus, cette réflexion de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline, que je vous ai déjà citée : c'est toujours après les tendresses que l'on fait les pires saloperies. Et c'est sûrement le seul avantage de l'âge, mais c'est un grand avantage car, à présent, je sais que tous les donneurs de leçons, tous les obséquieux, les flagorneurs, les gu-gus qui ont la bouche pleine des droits de l'homme, de la démocratie, et de l'humanisme bien sûr, que toutes ces gens-là sont à fuir comme la peste. Car c'est toujours après les tendresses, les plus beaux discours, que l'on fait les pires saloperies.






DOSSIER DE PRESSE




Libération – 05/02/2008



Un garçon de 16 ans s'est pendu

dans sa cellule à Meyzieu


JUSTICE - Pour la première fois, un adolescent s’est pendu dans un des établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Le premier ouvert en France, l’an passé. Cela s’est produit samedi matin, à Meyzieu (Rhône). Il avait 16 ans, avait été incarcéré le 17 décembre. Et s’est pendu au système d’aération de sa cellule. La direction régionale de l’administration pénitentiaire indique que le garçon avait déjà essayé, une semaine après son arrivée. Il s’était alors démis l’épaule en tombant dans sa tentative. Le suicide a été caché tout le week-end aux autres détenus, pour éviter une explosion. Car à Meyzieu, les incidents se multiplient l'ouverture, et la situation paraît intenable.

L’EPM a accueilli ses premiers mineurs le 11 juin 2007. Huit jours plus tard, une partie des locaux étaient mis à sac, à coups de pieds et d'extincteur. Certains éducateurs et surveillants estiment que l’arrivée avait été mal préparée, le «cadre» mal posé. « Nous sommes dans une expérimentation qui change beaucoup le rapport aux lieux, aux règles, défend pour sa part Paul Louchouarn, directeur régional adjoint de l’administration pénitentiaire en Rhône-Alpes. Les EPM présentent des espaces plus ouverts, moins contenants. Cela peut déstabiliser des mineurs qui ont besoin de canaliser leur sentiment d’insécurité ».

Aberrations


L’établissement cumule aussi les dysfonctionnements. Surveillants et éducateurs sont en sous-effectif, et censés travailler en « 
binôme », ce qui constitue une « révolution culturelle » délicate lorsqu’une partie des éducs découvrent le métier. La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) fait appel à de nombreux jeunes sortant de formation, et à des contractuels. « Il aurait fallu privilégier une montée en puissance très lente, comme nous l’avions préconisé, pour apprendre à travailler ensemble et s’adapter aux dysfonctionnements », estime Alain Dru, secrétaire général de la CGT PJJ. Au lieu de cela, l’ouverture a été très politique et très médiatique. Il fallait montrer vite que cela fonctionnait ». Et depuis, il faut cacher que cela fonctionne mal.

Les professionnels n’ont pas été concertés avant la construction. Résultat : les aberrations s’accumulent. La psychologue ne dispose d’aucun bureau pour les entretiens en tête-à-tête. Elle s’installe au gré des salles disponibles. « Elle va bientôt pouvoir partager un bureau aux services médicaux », rassure Paul Louchouarn. Les éducateurs, censés préparer la sortie des mineurs, ne disposent pas de téléphone pour joindre les familles, les magistrats et les partenaires censés préparer la réinsertion. Pour appeler, ils allaient jusqu’à présent dans le bureau de la secrétaire de l'EPM. Une deuxième ligne a été installée dans un bureau à l’écart.


Hiérarchie


Dans les premiers temps, les mineurs de Meyzieu ont par ailleurs fait face à une véritable suractivité. Sport, cours, activités culturelles, comme s’il fallait les occuper en permanence. Des journées interminables et qui tranchaient très brutalement avec l'inoccupation du quartier, ou de certains quartiers des mineurs. L’utilisation du temps judiciaire doit aider à préparer la réinsertion, « 
mais cela les a privé de l’espace de repli, de protection, que peut constituer la cellule, explique un éducateur. Ils étaient constamment en groupe, sous le regard des autres, et cela attisait aussi les tensions ».

Le rythme de ces activités a un peu baissé, mais personnels et mineurs découvrent souvent le programme au jour le jour. « Où qu’il soit, un gamin a besoin de savoir le matin ce qu’il fera dans la journée, pointe Jean-Claude Vaupré, de la CFDT Justice. Il a besoin de rencontrer des adultes et des règles claires. » La hiérarchie est par ailleurs perçue par beaucoup comme trop « autoritaire », trop « rigide ». Selon un professionnel, « les surveillants, qui étaient très investis dans les quartiers pour mineurs, se retrouvent infantilisés, réduits au rôle d’exécutants. » L’inverse de ce que préconisent les règles pénitentiaires européennes.


Passage à l'acte


La démobilisation serait forte, et selon les syndicats, les congés maladie et demandes de mutation en hausse. Paul Louchouarn répond que le taux d’absentéisme et de congé maladie est « 
plutôt inférieur à la moyenne régionale ». Mais il concède : « Je ne peux pas nier qu’il peut y avoir une déception par rapport aux attentes de personnels qui sont arrivés très motivés. » Certains surveillants avaient demandé l’EPM pour se rapprocher de Lyon. Tous les autres parce qu’ils voulaient s’investir autrement auprès d’adolescents. « Ils se sentaient éducateurs dans les quartiers pour mineurs, leur fonction s’est considérablement réduite à Meyzieu, observe Jean-Claude Vaupré. Ils se retrouvent à gérer des repas collectifs ingérables. Nous avons alerté de façon répétitive. A présent, il est temps de remettre à plat tout le projet ».

La direction régionale relativise les problèmes de violence. Mais un magistrat parle d’un « mélange explosif », d’une « spirale folle ». Une surveillante a été envoyée à l’hôpital, cette semaine, par deux des jeunes filles qui viennent de rejoindre l'EPM. « Des mineurs qui ne bronchaient pas en maison d’arrêt deviennent des caïds à Meyzieu », observe un professionnel. La plupart des pensionnaires vont mal. Vendredi 25 février, l’un d’eux a mis le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Il multipliait les « comportements à risque ». Huit jours plus tard, il s’est pendu.

Ol.B.



Premier suicide dans une prison pour

mineurs

AFP - Le Monde - 05.02.08

Un adolescent de 16 ans s'est suicidé lundi pour la première fois dans l'un des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) ouverts en France depuis juin 2007, à Meyzieu près de Lyon, a annoncé mardi l'administration pénitentiaire.

"Agé de 16 ans, ce détenu, qui bénéficiait d'un suivi psychiatrique, a mis fin à ses jours par pendaison", a indiqué dans un communiqué l'administration pénitentiaire, confirmant une information publiée par le quotidien Libération.

"Ce suicide a été un peu inattendu car il avait passé une matinée tout à fait normale. ça a été un grand choc et une surprise pour les professionnels de l'établissement", a déclaré lors d'un point-presse Paul Louchouarn, directeur interrégional adjoint des services pénitentiaires de Rhône-Alpes et Auvergne.

L'adolescent était écroué depuis le 17 décembre dernier à l'EPM de Meyzieu. Il a été retrouvé pendu dans sa cellule avec un drap et malgré l'intervention des secours, il est décédé "dans les heures qui ont suivi" sa découverte, a ajouté M. Louchouarn.

En 2007, dans des EPM ou des quartiers réservés aux mineurs dans d'autres prisons, "aucun mineur n'a mis fin à ses jours malgré 72 tentatives de suicide relevées et déjouées par l'intervention des personnels pénitentiaires", a souligné la direction de l'administration pénitentiaire.

Une enquête judiciaire et une enquête administrative sont en cours, selon la même source.

Joint par l'AFP, Pascal Rossignol, le représentant du syndicat UFAP Rhône-Alpes et Auvergne, a dénoncé mardi "un manque d'effectifs et de moyens" à l'EPM du Rhône mais aussi des "incidents qui se répètent de plus en plus".

Ouverts depuis juin 2007, les EPM sont aujourd'hui au nombre de quatre en France: Meyzieu, Lavaur (Tarn), Quiévrechain (Nord) et Marseille. 167 mineurs y sont actuellement incarcérés.

L'annonce de ce suicide intervient après l'évasion dimanche de deux détenus de l'EPM de Marseille.




Un mineur se pend dans sa cellule à

Meyzieu




LEXPRESS.fr - mardi 5 février 2008


Un adolescent de 16 ans s'est pendu dans l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, près de Lyon, selon les informations de
Libération. Le jeune homme, incarcéré depuis le 17 décembre 2007, n'en était pas à sa première tentative selon l'administration de l'établissement.

 

Le suicide a été caché durant le week-end aux détenus de cet EPM - le premier ouvert en France, l’an passé : les surveillants font part d'incidents toujours plus nombreux, depuis l'accueil des premiers mineurs, le 11 juin 2007.

Le personnel éducatif de l'établissement s'était mis en grève en novembre dernier pour protester contre ses conditions de travail et de salaire, dans le cadre d'un mouvement qui avait démarré à l'EPM de Marseille.





RETOUR EN ARRIÈRE




Inauguration de la première prison pour

mineurs


LEMONDE.FR - Avec AFP | 09.03.07

La première prison pour mineurs a été inaugurée, vendredi 9 mars, par le ministre de la justice, Pascal Clément, à Meyzieu (Rhône). Lors d'un point-presse, le garde des sceaux a fait part de sa "fierté"  d'inaugurer cet établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) qui a vocation à devenir une "salle de classe entourée de murs".

Selon le ministre, ces EPM allient les exigences de sécurité carcérale avec la perspective de réinsertion des jeunes sous écrou. Il a expliqué qu'il fallait "des prisons humanistes, orientées vers la réinsertion car en France, la prison à vie n'existe pas".

Les syndicats CGT du personnel pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ont qualifié cette inauguration de "mirage" puisque "les premiers mineurs n'y seront incarcérés que début juin". Hélène Franco, du Syndicat de la magistrature, a dénigré "la politique d'affichage" du gouvernement qui "voulait ouvrir le premier EPM avant les élections".


"Acharnement"

Syndicats et associations ont critiqué ce qu'ils considèrent comme un élément de plus dans la politique répressive du gouvernement. Dans un communiqué, le syndicat d'éducateurs spécialisés (SNPES-PJJ, affilié à la FSU) a déploré "cette politique menée avec acharnement depuis 2002 [qui] est basée sur l'idée qu'il est préférable de mettre à l'écart les mineurs en difficulté plutôt que de mettre en place des solutions éducatives". Pour le syndicat, les "foyers éducatifs jugés non rentables ferment, (...) les crédits pour les structures travaillant pour l'insertion des jeunes sont amputés".

L'EPM du Rhône, d'une capacité d'accueil de soixante places, est le premier d'une série de sept prisons pour mineurs qui seront prêtes d'ici fin 2008.




Lutte Ouvrière n°2050 du 16 novembre 2007

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/


Établissement pénitentiaire pour mineurs - Meyzieu (69) :



L'éducatif passe après le répressif


Mercredi 7 novembre, les personnels éducatifs de l'Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu dans la banlieue lyonnaise ont fait grève à la quasi-unanimité pour dénoncer leurs conditions de travail et de salaires.

L'EPM de Meyzieu a ouvert en juin 2007 et fait partie des sept établissements de ce type destinés à accueillir des mineurs multirécidivistes. Ce dispositif a été au cœur de la campagne sécuritaire de Sarkozy et les faits démontrent que priorité est donnée au répressif sur l'éducatif.

Malgré une première grève à l'ouverture, les problèmes et les pressions se multiplient pour le personnel de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) : pas de locaux spécifiques pour recevoir jeunes et familles, une seule ligne téléphonique pour les appels hors département pour une trentaine de personnes, manque de coordination entre l'administration pénitentiaire et la PJJ.

Ajoutez à cela des rémunérations qui ne prennent pas en compte la pénibilité du travail en incarcération et l'incertitude sur le sort des contractuels, et le vase a débordé. La grève a été suivie très massivement à Meyzieu mais aussi dans les autres EPM de Lavaur (Tarn) et Marseille, et c'est dans une ambiance très déterminée que les personnels ont tenu un piquet de grève.

Les grévistes, las des promesses de l'administration, ont bien l'intention de se faire de nouveau entendre s'il n'y a aucune avancée notoire. Ils continueront à revendiquer par la grève les moyens nécessaires.


 

Publié dans : LIBERTÉS PUBLIQUES ET DROITS DE L'HOMME - Par alain laurent-faucon
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La dissertation de "culture gé" est une épreuve à fort coefficient dans les concours de la fonction publique d'Etat, terriroriale, hospitalière, et je me suis aperçu que rares étaient les étudiant(e)s qui savaient QUESTIONNER LE SUJET. Le réflexe est d'utiliser des plans pré-formatés et des fiches stéréotypées. D'où la raison d'être de ce blog : QUESTIONNER LE SUJET et PENSER à partir des savoirs exigés.

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