POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [2]

Publié le par alain laurent-faucon


« La révision générale des politiques publiques, est-il écrit dans le rapport d'Éric Woerth, constitue une démarche de modernisation inégalée de nos administrations publiques. Annoncée par le président de la République lors de sa campagne, lancée dès le 20 juin 2007, elle vise à changer en profondeur l'organisation administrative française et le contenu de l'action publique, avec la volonté de répondre à une triple exigence :



- disposer d'une organisation administrative et d'outils d'action des acteurs publics plus simples et plus efficaces ;

- valoriser le travail des fonctionnaires ;

- diminuer le niveau de nos dépenses publiques, le plus élevé de la zone euro et le second plus élevé des pays développés. » 



Rappelons que le premier Conseil de modernisation s'était tenu le 12 décembre 2007, et avait donné lieu à une centaine de décisions qui sont en cours de mise en oeuvre dans les ministères concernés. Cf. dossier POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [1]

 



RAPPEL IMPORTANT



Michel Bouvier, professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, interrogé par le Monde - supplément économique, édition du 19 mars 2008, article intitulé "Chaque économie budgétaire doit améliorer le service public" et propos recueillis par Antoine Reverchon -, rappelle ces points essentiels concernant la RGPP, lancée par le premier ministre le 10 juillet 2007 :

« La RGPP est le point d'orgue d'une réforme de l'État qui a commencé avec la décentralisation et s'est poursuivie avec la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001, qui ont fait toutes deux l'unanimité politique. Il s'agit plus d'une réforme du fonctionnement de l'État, qui a entre autres des conséquences financières, que d'une réforme financière. Elle a un impact direct sur la vie des fonctionnaires - dont les services fusionnent, disparaissent, sont redéployés [1] - et sur celle des usagers.

« Si la RGPP n'apparaît que comme une "chasse au gaspi" et qu'elle n'est pas menée dans un objectif d'amélioration du service public, alors elle n'aura pas de sens aux yeux des agents et de l'opinion, et elle finira dans la paralysie comme de précédentes tentatives, sans avoir d'effets bénéfiques pour les finances publiques. Mais on peut néanmoins avoir des motifs d'espérer quand on voit que la fusion entre les directions de la comptabilité publique et des impôts, longtemps un casus belli pour les syndicats, a eu lieu sans problème au printemps 2007, avant même le début de la RGPP.

« La réforme de l'État est fondée sur la responsabilisation et la performance des acteurs. Il faut du temps pour que ceux-ci se l'approprient. Mais il ne faut pas que ce temps soit une excuse pour ne rien faire. Il est donc nécessaire de démarrer au plus tôt le processus d'appropriation, qui passe par l'information et la formation. Je crains que cette dimension ne soit pas assez prise en compte dans la façon dont la RGPP est actuellement menée.



RGPP – PHASE DEUXIÈME



Dans son article mis en ligne le 4 avril 2008 à 12h39, la journaliste du Monde, Claire Guélaud, note que « le deuxième conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP), qui s'est réuni, vendredi 4 avril, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a abouti à l'adoption de 166 mesures destinées à rationaliser les services de l'État, à renforcer leur efficacité et celle des politiques publiques. »

« Cet arsenal de dispositifs, poursuit-elle, va de la réforme annoncée de la politique du logement à la réorganisation territoriale de l'État. S'y ajoutent les 96 mesures adoptées le 12 décembre 2007. Comme l'annonçait Le Monde daté du 3 avril, l'Élysée en attend plus de 7 milliards d'économies "brutes". Une fois restituée aux agents de l'État la part qui leur revient (primes, hausses de traitement, pour intéresser les fonctionnaires à la réforme), l'économie nette se situerait entre 5 et 6 milliards d'euros. »

« Les économies attendues de ces mesures se feront sur trois ans – 2009, 2010 et 2011 – et proviendront pour moitié du non-remplacement d'un fonctionnaire de l'État sur deux partant à la retraite. Au total, 105 000 emplois seront supprimés. La réduction des effectifs s'imposera à tous, sans que la règle du un sur deux s'applique nécessairement partout, précisait, jeudi 3 avril, l'Élysée. Le nombre des suppressions de postes à l'éducation nationale, qui emploie près de la moitié des agents de l'État, n'est pas encore arrêté. »

Enfin, explique la journaliste Claire Guélaud, « la seconde moitié des économies proviendra pour l'essentiel de la révision des grandes politiques d'intervention économiques et sociales, qui mobilisent 464 milliards d'euros par an. Logement, emploi, formation professionnelle, santé, etc. : toutes seront passées au crible et, le cas échéant, rabotées. »



NOTE :

[1] Parmi les mesures retenues, signalons par exemple, le passage du ministère de la culture de dix à cinq directions, le regroupement des juridictions de première instance en neuf grandes unités régionales, la réduction du nombre de directions du ministère de l'environnement de 35 à 6, la fusion des directions régionales de l'équipement, de l'industrie et de l'environnement, ou encore des directions départementales de l'équipement et de l'agriculture.




DOSSIER DE PRESSE




La révision des politiques publiques

le rapport d'Éric Woerth

 


LE MONDE | 04.04.08 | 13h22  •  Mis à jour le 04.04.08 | 13h30

[...]

Ce deuxième Conseil de modernisation prolonge l'ambition de réforme du premier, à travers une nouvelle série de décisions. Ces réformes, auxquelles s'ajouteront celles du prochain Conseil de modernisation, permettront d'atteindre l'objectif de non remplacement d'un départ à la retraite sur deux entre 2009 et 2011, en améliorant dans le même temps la qualité du service public. Elles représentent environ 7 milliards d'euros d'économies à l'horizon 2011, dont une partie sera redistribuée aux fonctionnaires, conformément à l'engagement du pésident de la République de redistribuer la moitié des économies liées à la réduction des effectifs.

Près de quatre mois après le premier Conseil de modernisation, cette nouvelle étape est également l'occasion de faire un état d'avancement des mesures décidées le 12 décembre dernier. Cette transparence sur la mise en oeuvre est en effet un élément fondamental : la démarche de changement, pour être réelle, implique en effet d'accorder autant d'attention à la préparation des décisions qu'à leur application.

Le troisième Conseil de modernisation aura lieu en mai prochain. Il permettra de compléter à nouveau cet exercice d'identification des réformes et de renforcer le socle de construction du budget pluriannuel 2009-2011, afin de garantir une plus grande visibilité des ministères sur leurs moyens et une meilleure maîtrise de la dépense publique.



Un mouvement profond

de réforme des administrations



Les réformes décidées lors ce deuxième Conseil de modernisation illustrent l'amplification et l'accélération de la dynamique de réorganisation de l'appareil productif de l'État. De nouveaux ministères ont désormais été examinés et des réformes importantes ont été décidées, avec la même volonté que celle exprimée lors du premier Conseil de simplifier l'organisation de l'État et de renforcer considérablement l'efficacité de son action. Les axes de réforme sont les suivants.

Un État concentré sur ses priorités

Un État dispersé ne peut répondre aux attentes des Français. La qualité des services publics, la gestion maîtrisée des finances publiques, l'efficacité des politiques publiques, ces trois objectifs nécessitent au contraire de recentrer l'action de l'État sur ses priorités.

Plusieurs exemples illustrent cette volonté : - le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire rééquilibrera ses activités au profit du développement durable. Ses priorités pour l'avenir ont clairement été affirmées lors du Grenelle de l'Environnement. Pour qu'elles puissent être satisfaites, le ministère abandonnera l'activité d'ingénierie publique concurrentielle, favorisant ainsi le développement d'une offre privée ; - assurer la sécurité de nos concitoyens implique de concentrer l'action des effectifs de la police et de la gendarmerie sur leur coeur de métier, la sécurité et la lutte contre toutes les formes de violence, en réduisant fortement leur participation à des tâches administratives ou à des missions périphériques ou à faible valeur ajoutée en terme de sécurité, par exemple les gardes statiques ; - dans tous les ministères, les réformes identifiées permettent de mutualiser certaines tâches de support (le back office) et de développer l'externalisation sur des fonctions qui ne sont pas au coeur du métier de l'État.

Un État plus simple

Les décisions du présent Conseil emportent la suppression d'une trentaine de structures d'administration centrale ou d'organismes divers, en rapprochant notamment toutes celles dont les missions sont proches ou complémentaires. À titre d'exemple, la direction de la vie associative et la direction de la jeunesse et de l'éducation populaire du ministère de la Jeunesse et des Sports seront fusionnées, tout comme le sera le service statistique du ministère de l'Industrie avec ceux de l'Insee ou les directions de la formation et celle de l'administration de la police nationale.

Cette simplification de l'organisation de l'État sera également recherchée au niveau local. La structure de l'État au niveau régional sera profondément modernisée en rassemblant les structures de l'État en huit directions dont le périmètre sera plus large et plus lisible pour les citoyens et les partenaires de l'État. Les services d'établissements publics seront intégrés dans ces directions afin de renforcer la cohérence de l'action de l'État. Au niveau départemental, dans le respect de l'appartenance des fonctionnaires à leur ministère de rattachement, des directions, en très petit nombre, organisées par politique publique et non Préambule Page 3 sur 7 Rapport plus par logique administrative, seront mises en place. Elles mutualiseront largement leurs moyens de fonctionnement.

Un État adapté à son temps

L'utilisation des nouvelles technologies est l'une des clés de l'amélioration de la qualité de service des usagers tout en faisant faire des économies à l'État. La dématérialisation permettra, par exemple, d'améliorer les délais de passage du permis de conduire ou encore de simplifier la vie des créateurs ou repreneurs d'entreprises. L'accroissement de la dématérialisation du paiement des impôts réduira le temps consacré par les Français et les entreprises à ces formalités et constituera un support important des gains de productivité des services de l'État. Cette modernisation doit conduire d'une manière générale à tirer toutes les conséquences de l'évolution des moyens de communication, en réduisant la place du papier dans la vie des usagers.

Un État qui n'hésite pas à changer de modèle d'organisation

La fusion de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique, ou encore la mise sous la même autorité des deux forces de sécurité constituent des révolutions administratives. Souvent envisagées, mais jamais réalisées jusqu'à présent, elles sont désormais en cours de mise en oeuvre dans des conditions très satisfaisantes : - la direction générale des finances publiques a été officiellement créée le 4 avril 2008, sur la base d'une fusion totale des deux directions, et avec la volonté de mettre en commun tout ce qui peut l'être et de recentrer l'administration centrale sur des missions de stratégie et de pilotage. 10 % des bureaux seront supprimés en administration centrale et les deux réseaux seront totalement unifiés à compter du 1er janvier 2009.

À la même date, le guichet fiscal unique, qui constituera une simplification considérable de la vie des Français, sera progressivement déployé sur l'ensemble du territoire ; - la mise sous autorité commune des forces de police et de gendarmerie se traduira par une mutualisation de leurs moyens, dans le respect du statut et de l'unité de chacune des deux forces. Deux exemples le démontrent : en matière de gestion des ressources humaines, la gestion administrative et la fonction de paye des personnels de la police seront intégrées ; en matière d'immobilier, l'ensemble de la fonction immobilière de sécurité sera intégrée et professionnalisée au sein du ministère de l'Intérieur.

Plusieurs autres ministères franchissent, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, une étape essentielle : - les armées vont voir l'organisation de leurs fonctions de soutien (près de 60 % de l'effectif) profondément transformée, par une mutualisation de moyens (notamment interarmées), qui permettra de mettre fin à l'émiettement excessif des responsabilités. De véritables " bases de défense " unifiant les fonctions supports seront constituées. Ces réformes seront complétées en fonction des conclusions du livre blanc sur la défense portant sur les priorités stratégiques et opérationnelles de nos armées ; - à l'étranger, l'action de l'État va être unifiée entre les différents services, sous l'autorité de l'ambassadeur, et mieux proportionnée aux enjeux diplomatiques, consulaires, économiques ou culturels.

L'équilibre du réseau sera également modifié pour que la répartition des moyens corresponde aux enjeux du XXIe siècle. Ainsi une trentaine d'ambassades seront transformées en postes de présence diplomatique, à format réduit et simplifié ; la création d'agences régionales de santé, permettant, dans le respect des compétences de l'Assurance maladie, d'avoir une gestion cohérente de l'organisation du système de santé, constitue une évolution profonde, destinée à renforcer l'efficacité de notre système de soins. C'est grâce à cette organisation nouvelle que les priorités sanitaires pourront être encore mieux satisfaites qu'aujourd'hui et que des transformations indispensables pourront se développer, comme celles de certains hôpitaux en centres de long séjour ou en établissements médico-sociaux.

Une volonté de rationalisation qui concerne l'ensemble des acteurs publics

La démarche engagée porte sur l'ensemble des acteurs publics, y compris les établissements publics. Tous les ministères sont ainsi engagés dans une démarche de modernisation. D'autres acteurs publics, qui concourent à la dépense publique, comme les chambres consulaires, doivent également entrer dans cette logique, en simplifiant leurs procédures et leur organisation, de telle sorte que leur coût pour les entreprises soit réduit et que la qualité de service qu'ils rendent soit accrue.

L'ensemble des réorganisations de ce deuxième Conseil de modernisation doit permettre à l'État de gagner en efficience et de veiller à ce que chaque fonctionnaire réalise le travail le plus utile pour la collectivité et le plus valorisant, dans le respect des valeurs du service public.

C'est grâce à ces réformes que l'objectif de réduction des effectifs de fonctionnaires de l'État annoncé par le président de la République lors de sa campagne sera tenu non seulement en préservant la qualité de service, mais en l'améliorant. Ces réformes supposent des réorganisations profondes qui seront conduites dans la concertation et dans la durée. Elles seront rendues possibles par l'adoption d'outils favorisant la mobilité des fonctionnaires qui seront prochainement proposés au Parlement.



Des politiques publiques

qui se concentrent sur les besoins des Français



Pour atteindre nos objectifs de réformes structurelles et de redressement des finances publiques, l'exercice de révision concerne l'ensemble du périmètre des politiques publiques, sans tabou ni a priori.

C'est pourquoi ce deuxième Conseil de modernisation définit également des réformes relatives à de grandes politiques publiques, pour lesquelles le Conseil du 12 décembre 2007 avait fixé des orientations politiques claires : l'emploi et la formation professionnelle, le développement des entreprises et le logement. Ces réformes, qui s'inscrivent en parfaite cohérence avec les priorités du président de la République et du gouvernement sur ces champs, seront préparées avec les parlementaires et présentées au Parlement dans les prochains mois.

Une politique du logement qui concentre ses moyens sur l'urgence des besoins

Dans son discours de Vandoeuvre, le président de la République a tracé les grandes lignes de la politique du logement que le gouvernement entend mener.

La construction de logements doit s'effectuer là où les besoins sont les plus forts.

C'est pourquoi les outils de programmation en matière d'urbanisme seront revus et les aides à l'investissement locatif recentrées sur les besoins. Comme annoncé le 12 décembre dernier, l'État contribuera fortement à l'amélioration de l'offre en fournissant des terrains constructibles actuellement détenus par la puissance publique.

La gestion du parc de logements sociaux doit tenir compte de la mise en oeuvre du droit au logement. Les seuils d'accès au logement social (qui couvrent près de 70 % des ménages contre moins de 60 % il y a dix ans) ont progressé mécaniquement via le passage aux 35 heures. Ils seront ramenés à leur niveau initial. L'effort considérable effectué par le gouvernement en matière d'accession à la propriété est centré sur les classes moyennes et doit les aider à acquérir leur logement. Dans les zones tendues, la solution repose davantage sur la mobilisation du foncier que sur l'extension indéfinie de l'accès au parc social. Par ailleurs, de nouvelles ressources permettront de soutenir la construction de logements sociaux : une politique de surloyers plus active sera mise en oeuvre ; un accroissement des ventes de logements sociaux et une mutualisation des ressources financières du parc HLM permettront à ces organismes de disposer des ressources nécessaires pour accroître leur effort de production en veillant à ce que celle-ci intervienne dans les zones tendues.

Enfin, les ressources importantes du 1% logement doivent être utilisées à meilleur escient et en cohérence avec les aides publiques, sa gouvernance doit aussi être revue, sauf à laisser perdurer une dispersion de moyens et des coûts de gestion très élevés. Ceci permettra de financer les priorités de la politique du logement.

D'autres évolutions en matière de logement sont à l'étude et pourront être annoncées lors du prochain Conseil de modernisation. Elles s'ajouteront à celles-ci et contribueront à la loi en faveur du logement en cours de préparation.

Une politique de développement des entreprises ciblée sur les entreprises moyennes

La réforme du crédit impôt recherche, très puissante, conduit à revoir le système d'aides directes, sauf à créer une situation présentant des incohérences et des effets d'aubaine. Les aides directes seront en conséquence réservées aux entreprises de moins de 5 000 salariés (sauf projets stratégiques) et leur taux sera révisé.

Cette évolution s'inscrit dans la volonté du gouvernement de favoriser le développement d'entreprises moyennes, qui a notamment justifié la fusion de l'Agence de l'innovation industrielle et d'Oséo.

Une politique de l'emploi et de la formation professionnelle qui se concentre là où les besoins sont les plus forts

Sans prétendre encore à l'exhaustivité sur ce secteur important, deux premières mesures ont été actées : - d'une part, l'amélioration de l'emploi, en cours dans notre pays, est et demeurera liée à des réformes structurelles. Les contrats aidés seront ainsi recentrés sur les personnes qui sont le plus en difficulté sur le marché de l'emploi ; - d'autre part, les exonérations spécifiques de charges sociales devront être plafonnées en fonction du salaire et limitées dans le temps pour donner lieu à évaluation.

Ceci ne limite pas la réflexion sur ce champ important. Ainsi, en particulier, les objectifs de la réforme de la formation professionnelle (recentrage des dispositifs et des financements sur ceux qui en ont le plus besoin, particulièrement les demandeurs d'emplois, et simplification de la collecte) seront-ils précisés dans le cadre des discussions en cours avec les régions et les partenaires sociaux.

L'ensemble de ces décisions sur les politiques d'intervention démontre le souhait du gouvernement que chaque euro dépensé atteigne au mieux l'objectif qui lui est fixé. En réformant et en globalisant les dispositifs d'intervention, on peut mieux les orienter vers les publics qui en ont le plus besoin.



Des décisions mises en oeuvre

de manière concertée, coordonnée et rapide



Comme pour tous les projets qu'il mène, le gouvernement est attaché à un dialogue approfondi, qui garantit au mieux l'application des réformes. C'est ainsi que les modalités de mise en oeuvre de décisions importantes du premier Conseil de modernisation, comme les réformes du divorce et du permis de conduire, sont en cours de concertation avec tous les professionnels concernés, sous la responsabilité des ministres compétents.

De même, un dialogue social a été engagé et doit encore s'intensifier sur l'ensemble des mesures. La réforme de l'État ne peut s'accomplir que si les fonctionnaires trouvent dans le processus de changement une nouvelle source de fierté professionnelle et de motivation.

L'exercice de révision des politiques publiques doit en effet être l'occasion, pour tous les agents publics, de se mobiliser pour un État moderne et des politiques publiques performantes. Le dialogue est mené par chaque ministre, mais aussi au niveau de la fonction publique dans son ensemble. Le Premier ministre a réuni, le 4 février 2008, les représentants des employeurs publics ainsi que l'ensemble des organisations représentées au Conseil supérieur de la fonction publique, afin de présenter, parallèlement à l'agenda social de la fonction publique, les perspectives de la révision générale des politiques publiques.

Le Conseil supérieur de la fonction publique a été saisi des projets de textes relatifs au chantier " gestion des ressources humaines " dont en particulier le projet de loi sur la mobilité et la " boîte à outils " ressources humaines élaborée pour conduire les transformations. Sur ces textes, la concertation approfondie que j'ai menée avec le secrétaire d'État à la Fonction publique, et au-delà même des réunions du Conseil supérieur, a permis de faire évoluer notablement un certain nombre des dispositifs envisagés. De même, la commission permanente de modernisation des services publics, qui réunit des organisations syndicales et des associations d'usagers, a été réactivée sous notre impulsion.

Plusieurs réunions de cette commission ont déjà permis des échanges riches sur la méthode et sur plusieurs réformes, comme la mise en place des agences de service public, la politique d'accueil ou la réforme de l'organisation locale de l'État. Un calendrier de discussion dans ce cadre a été proposé aux partenaires sociaux : conformément aux engagements pris dès le départ, le gouvernement met donc en place un dispositif de concertation dense et volontariste.

Cet effort sans précédent de réformes dans chaque ministère s'appuie sur un dispositif nouveau de suivi de leur mise en oeuvre. Le secrétaire général de chaque ministère veille à un avancement rapide des réformes et anime à cette fin un comité de pilotage. Un dispositif interministériel de suivi permet de tenir à jour un état des lieux de cette application des décisions du premier Conseil de modernisation. Le suivi fera l'objet de réunions au niveau des ministres.

Cet appareil de suivi, inspiré des méthodes de gestion de projet, permet de tirer déjà un bilan d'étape, très encourageant. Toutes les réformes décidées par le gouvernement le 12 décembre 2007 sont lancées et les ministères ont fixé des calendriers précis de mise en oeuvre : les fiches ci-jointes, ministère par ministère, en attestent. La démarche que nous conduisons ne se limite pas à la décision et à l'annonce, mais elle accompagne la réforme pour en garantir l'impact.

C'est notamment le cas des réformes des fonctions support de l'État, comme l'immobilier ou les achats. Elles permettent de décharger les administrations de tâches techniques, pour lesquelles l'expérience dans les entreprises a montré tout l'intérêt d'une concentration, qui garantit à la fois taille critique, mutualisation et professionnalisme.

C'est également le cas de la réforme de l'organisation locale de l'État, qui a d'ores et déjà largement atteint les objectifs fixés au premier CMPP, puisque la liste des directions régionales a été arrêtée par le gouvernement : leur nombre passe d'une trentaine à huit.

Sur ce dernier point, le gouvernement tient tout particulièrement à affirmer l'impératif de concertation. Des réunions interministérielles vont se tenir au plan local, sous l'égide du préfet. Plus que jamais, toutes les réformes touchant au mode de fonctionnement de l'administration seront menées dans un esprit de dialogue approfondi avec les organisations syndicales.

Le premier Conseil de modernisation avait été l'occasion de réformer en profondeur les structures de plusieurs administrations, notamment dans leurs services centraux. Par la réforme de plusieurs dispositifs (comme le permis de conduire, le divorce ou les naturalisations), il avait démontré qu'il était possible d'améliorer le service, tout en maîtrisant le coût pour la collectivité.

Ce deuxième Conseil permet de constater que ces réformes sont étendues au-delà des quelques ministères qui avaient été étudiés initialement, pour concerner désormais l'appareil productif de toute la sphère publique, qu'il s'agisse des administrations centrales ou des services déconcentrés, dont la structure et le fonctionnement sont profondément rénovés. En outre, des politiques publiques majeures, comme le logement, la ville, le développement des entreprises et l'emploi font l'objet de réformes en profondeur, permettant une meilleure utilisation de l'argent public qui y est consacré.

La démarche d'extension du champ couvert par la révision générale des politiques publiques se poursuivra. Un troisième Conseil de modernisation se tiendra au mois de mai, préalablement au dépôt de la loi de programmation des finances publiques 2009-2011. Il sera l'occasion de faire un point sur l'ensemble des décisions prises, et de poursuivre l'amélioration de l'efficacité et de l'efficience de nos politiques publiques.

 




POUR UNE VISION D'ENSEMBLE

 


POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [1] - Grandes lignes directrices de cette révision des politiques publiques : tous les textes officiels dont il faut avoir pris connaissance et rappel historique de tous les moments importants qui ont présidé à la mise en place de cette RGPP, sans oublier les principales adresses électroniques pour obtenir des compléments d'information et avoir accès aux documents ;



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [2] Phase II – le deuxième Conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP) qui s'est tenu le 4 avril 2008 et le rapport d'Éric Woerth annonçant 166 mesures supplémentaires « destinées, est-il spécifié, à rationaliser les services de l'État, à renforcer leur efficacité et celle des politiques publiques. » Sont aussi rappelées les mises en garde de Michel Bouvier, professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, le Monde, édition du 19 mars 2008.



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [3] - Revue de presse : analyses, remarques, critiques et craintes éventuelles à travers les articles et réflexions proposés par les journalistes de trois grands quotidiens : le Monde, Libération et La Croix.



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [4] - Réflexions très critiques et fort pertinentes d'Éric Le Boucher dans le Monde du 6 avril 2008, « Les réformes à l'huile de ricin », aux propos d'Éric Woerth recueillis par le JDD du 6 avril 2008. Sans omettre les mises en garde d'un internaute qui propose, pour avoir d'autres « sons de cloche » de consulter le blog « LE VRAI DEBAT » ;



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [5] - Articles qui mettent l'accent sur les dérapages éventuels ou prévisibles de cette RGPP, avec notamment cette crainte de plus en plus justifiée de voir toutes ces mesures mettre à mal la notion même de service public et de privilégier la rigueur au détriment d'une véritable politique sociale, notamment à propos du RSA. Avec, en particulier « la RGPP expliquée au soldat » sur le blog de Jean-Dominique Merchet, et les analyses de Liêm Hoang-Ngoc, économiste, maître de conférences à l'université Paris-I, sans oublier l'édito du Monde sur le « calibrage de rigueur », etc



FINANCES PUBLIQUES ET RGPP - Pour qui sait lire tout est déjà dit, l'objectif de la RGPP étant, comme l'a déclaré le Premier ministre, « d’amener la situation budgétaire à l’équilibre en 2012 et la dette publique au-dessous de 60 % du PIB » . Le reste, tout le reste, relève du discours politique, c'est-à-dire de « l'écran de fumée » ... Même si l'impensé - trop bien pensé ! - est de déconstruire le service public en l'ouvrant de plus en plus au privé, conformément aux directives européennes.

 

 



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Alex 06/04/2008 22:41

Tout cela est bien beau, mais pour savoir ce que recouvre vraiment la RGPP, suivez ce lien :
http://www.levraidebat.com/article-18004673.html

Et pour quelques idées un peu plus originales et moins coûteuses en terme de service public, cliquez ICI :
http://www.levraidebat.com/article-18120606.html

Bonne lecture !

alain laurent-faucon 07/04/2008 12:17


Bonjour Alex,
Effectivement je suis allé sur votre site et j'avoue que vos analyses, remarques et réflexions sont forts pertinentes et permettent d'alimenter le débat concernant la RGPP. Je me suis donc permis
de reproduire dans POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [4] les deux articles en question.
Il est vrai que mon blog se doit de reproduire les textes et documents officiels, tout en donnant la parole à des journalistes ou des auteurs qu'aucun correcteur ou membre de jury ne peut
réellement contester.
Cela m'agace parfois, mais la réussite des étudiant(e)s et des candidat(e)s passe par cette pensée molle, conforme, ou faussement non conformiste.
Allez donc, dans un concours comme le capes, à l'oral, dénigrer les discours officiels en ce qui concerne la transmission des savoirs par exemple ! Si vous ne reproduisez pas, mot pour mot, les
propos tenus par les "commissaires politiques" des sciences de l'éducation qui sévissent dans les IUFM, je ne donne pas cher de vous !!!
La seule réelle liberté est dans le questionnement du sujet pour trouver et proposer un plan original ... mais quand on fait monter les connaissances, il faut rester dans le domaine de la pensée
molle, paresseuse, celle du sens commun partagée par les correcteurs - sinon ils ne seraient pas correcteurs !!!
Dans "former", "formation", il y a "forme", "mise en forme", "formatage" ...
Bonne chance à vous
J'apprécie vos analyses, vos questionnements quant aux raisons de cette RGPP
Mais attention ! dans les concours, soyez plus prudents, plus "modérés" !
Très cordialement
alain laurent-faucon