LA CLASSE OUVRIÈRE AUJOURD'HUI

Publié le par alain laurent-faucon

 

 

 

Certains parlent du retour des « classes sociales » après leur occultation politico-médiatique par la pensée dominante, d'idéologie néo-libérale, et ce fourre-tout des « classes moyennes » qui ne veut pas dire grand chose mais sur lequel nous aurons l'occasion de revenir. Il nous faudra d'ailleurs parler aussi du « monde paysan » et de ses métamorphoses – surtout depuis le documentaire La vie moderne de Depardon. Mais, pour l'instant, concentrons-nous sur cette « classe ouvrière » si mal connue.

« Ils sont six millions en France, note le journal La Croix dans un dossier qui leur est consacré, et pourtant les ouvriers semblent devenus presque invisibles ».

Quant à Nicolas Hatzfeld, enseignant à l’université d’Évry (Essonne) et à l’École des hautes études en sciences sociales, il ne s’étonne pas d'une telle occultation.

« Chaque année, explique-t-il, lorsqu’on demande aux étudiants combien il reste d’ouvriers en France, les réponses sont ahurissantes. Certains disent 100.000, d’autres 500.000. Il y en a toujours un qui par bravade va aller jusqu’à les estimer à un million. »

D'où l'intérêt de lire cet excellent dossier proposé par La Croix.

 

 

 

 

 

 

 

DOSSIER DU JOURNAL « LA CROIX »


 

La Croix - 12/12/2008


 

 

Qu’est devenue la classe ouvrière ?


 

Ils sont six millions en France et pourtant les ouvriers semblent devenus presque invisibles. Témoignages, alors que se tient jusqu’à dimanche le 34e congrès du Parti communiste français

 

Thomas (1) n’a que 32 ans mais il dit que la société le considère comme une espèce en voie de disparition. Comme un anachronisme social. « Dernièrement, dans un dîner avec des amis de ma sœur, à Paris, on m’a demandé ma profession, raconte ce salarié de l’industrie chimique dans la région marseillaise. Lorsque j’ai dit que j’étais ouvrier, on m’a regardé avec étonnement. L’un des invités a même avoué : “Il ne doit pas en rester beaucoup”… Comme si l’on nous avait rayés de la carte. »

Enseignant à l’université d’Évry (Essonne) et à l’École des hautes études en sciences sociales, spécialiste de l’histoire ouvrière, Nicolas Hatzfeld ne s’étonne pas de cette « occultation ». « Chaque année, lorsqu’on demande aux étudiants combien il reste d’ouvriers en France, les réponses sont ahurissantes. Certains disent 100.000, d’autres 500.000. Il y en a toujours un qui par bravade va aller jusqu’à les estimer à un million. »

Étrange oubli puisque la France compte près… de 6 millions d’ouvriers. Leur nombre, certes, a fortement baissé. Michel Simon [2], professeur émérite à l’université des sciences et technologies de Lille (Nord), rappelle que 80 % des salariés français étaient des ouvriers en 1900. Ils représentent encore, malgré tout, près d’un quart de la population active. Et pourtant, insiste Michel Simon, ces ouvriers ont disparu autant de l’imaginaire collectif que du vocabulaire patronal : « Les directions de ressources humaines emploient des mots comme opérateur ou collaborateur et les manifestants de Renault deviennent tout d’un coup des employés. »

 

« Travailleurs, ouvriers (…) Ce ne sont pas des gros mots »

 

 

Cette invisibilité du monde ouvrier s’est même retrouvée dans le discours politique qui semble un temps avoir été victime d’amnésie, sans doute guidé par des raisons stratégiques. « Travailleurs, ouvriers (…) Ce ne sont pas des gros mots », avait cru bon d’insister en 2002 l’ancien premier ministre socialiste Pierre Mauroy à l’attention de Lionel Jospin, alors candidat à l’élection présidentielle, pour lui recommander de ne pas les oublier dans ses discours. Et d’ajouter que « la classe ouvrière existe toujours »…

Fille d’un mineur lorrain et députée PS de Moselle, Aurélie Filippetti, auteur des Derniers Jours de la classe ouvrière [3], reconnaît que la gauche s’est coupée un temps de ce monde. « L’effondrement des pays de l’Est avait jeté le discrédit sur la notion de monde ouvrier, indique-t elle. Plus personne n’osait prononcer le terme pour ne pas renvoyer, même injustement, à l’idéologie du bloc communiste. »

Derrière les mots, ou plutôt derrière l’absence de mots, il y a malgré tout des réalités sociales et culturelles. Même si le nombre d’ouvriers est encore important, d’autres catégories, comme celle des employés, d’autres secteurs d’activité, comme les services, ont progressé de manière très importante, donnant peut-être parfois l’impression que les ouvriers n’avaient plus leur place dans l’économie. « Dans l’imaginaire de la société française, les usines sont vouées à la fermeture, synonymes des pays du tiers-monde, estime Nicolas Hatzfeld. C’est comme si l’on anticipait que la France peut vivre sans industrie. Or l’on assimile les ouvriers uniquement au monde des usines et de l’industrie, alors qu’ils sont bien plus nombreux à travailler ailleurs. »

 

« Etre ouvrier, cela implique aussi des valeurs »

 

Julia, 44 ans, est depuis vingt ans dans l’agroalimentaire en Bretagne. « Parfois, lorsque je leur décris mon atelier, j’ai l’impression que les gens n’imaginaient pas que le travail à la chaîne existe ailleurs que chez les constructeurs automobiles, dit-elle avec ironie. Comme si seuls ceux qui sont employés dans la sidérurgie ou dans la construction automobile peuvent porter le nom d’ouvrier. »

Romuald, lui, à 22 ans, n’a fait que de l’intérim en usine dans l’Aube. À un poste de maintenance industrielle. Chercheur d’emploi, il dit préférer utiliser le mot de salarié lorsqu’il évoque son travail devant des personnes qu’il ne connaît pas. « Pour moi, être ouvrier, cela impliquait aussi des valeurs de respect et de solidarité. De fierté aussi. Ces valeurs ont un peu disparu dans le monde du travail et c’est pour cela que je suis venu à la Jeunesse ouvrière chrétienne. Parce qu’elles y existent encore… »

Selon Maxime Parodi, du Centre de recherches en économie de Sciences-Po (OFCE), le bouleversement des conditions de travail a, de fait, entraîné l’explosion de ce qu’on appelait la classe ouvrière . « Dans les années 1950 et 1960, le travail ouvrier était encore marqué par des tâches similaires et par peu d’individualité, indique-t-il. Il a évolué vers plus d’initiative et, par là même, une individualisation des rôles. Les ouvriers ont commencé à estimer qu’ils pouvaient améliorer leur condition par eux-mêmes et moins grâce au collectif. »

 

À défaut de classe ouvrière, les ouvriers sont donc toujours là

 

D’autres facteurs ont favorisé la désagrégation de ce sentiment de « masse ouvrière », capable de peser dans le combat revendicatif. Il y a eu l’implosion de secteurs symboliques : les mines, le textile, la métallurgie… « La massification de la scolarité et l’arrivée de nombreux titulaires du bac professionnel dans les ateliers ont également contribué à dévaloriser ceux qui avaient appris par l’expérience, souligne Michel Simon. Cela a rendu plus difficile la transmission de la culture syndicale que l’on acquérait en même temps que les gestes du métier. » Selon le chercheur, le sentiment d’appartenance à une « classe ouvrière » s’est donc effondré il y a moins de dix ans.

Un sentiment qui était cependant « ambivalent », selon Aurélie Filippetti. « Cela signifiait qu’on appartenait au prolétariat mais qu’on était en même temps fier du travail réalisé avec ses mains », dit-elle. De ce point de vue, rien n’a totalement changé. « La fierté de notre travail est peut-être affaiblie, explique Bruno Lemerle, délégué CGT chez PSA Peugeot Citroën à Sochaux, mais je continue à la ressentir tous les jours et pas seulement lors des luttes syndicales. »

Ces luttes, Christian Carouge, 58 ans, retoucheur tôlier également chez PSA, les considère plus que jamais d’actualité. « Il y a encore une classe ouvrière, dit-il. Les tentatives de faire disparaître la solidarité et le sentiment de collectivité ont échoué. Même si l’on a cassé l’image de l’ouvrier, même s’il a disparu de la télévision ou de la littérature, les choses commencent à changer. Pendant un moment, on ne voyait plus de jeunes venir ou repartir de l’usine en tenue de travail. Cela revient. »

À défaut de classe ouvrière, les ouvriers sont donc toujours là, et sans doute pour longtemps, estiment nombre d’économistes. Mais leurs conditions de travail, leurs difficultés, leurs revendications ont gagné d’autres formes de salariat. « Je me sens liée à eux, dit ainsi Maria, hôtesse de caisse dans un hypermarché et déléguée CFDT. Nous aussi, nous avons l’impression de travailler à la chaîne, avec des gestes répétitifs, avec un rendement à l’heure imposé par la direction. Et puis, les caissières, ce sont souvent des filles ou des sœurs d’ouvriers… »

MICHEL WAINTROP

 

NOTES :

 

[1] Les prénoms ont été changés.

[2] Auteur de nombreux travaux sur la classe ouvrière et, avec Guy Michelat, notamment des Ouvriers et la politique, Éd. Presses de Sciences-Po, 373 p., 32 €.

[3] Éd. Stock, 200 p., 15 €.


 

  Les chiffres clés

 

Alors que les ouvriers occupaient 40 % des emplois dans les années 1950, ils n’en représentaient plus à la fin des années 90 que 27 %. Et 24 % en 2003. 80 % des ouvriers sont des hommes.

500.000 emplois industriels ont disparu en France entre 2001 et 2006. Le taux de chômage des ouvriers en 2006 était de 12,5 % pour un taux moyen en France la même année de 8,5 %. 80 % des emplois proposés en intérim sont des postes d’ouvriers.

On compte aujourd’hui trois fois moins de bacheliers parmi les enfants d’ouvriers que parmi les enfants de cadres ou de professeurs. Mais cette proportion était de 4,5 il y a vingt ans.

 


 

Le cas de la Picardie

 

 

Selon une étude menée par l’Insee en 2006 en Picardie, première région ouvrière pour la proportion d’ouvriers dans l’emploi total, un actif sur trois est ouvrier contre un actif sur quatre en France. Comme son homologue national, l’ouvrier picard est généralement un homme, plus jeune et moins diplômé que l’ensemble des travailleurs picards. À l’inverse, il habite plus souvent à la campagne que la moyenne des ouvriers français. Les ouvriers ont des contrats de travail plus stables que les autres actifs occupés, mais les écarts restent importants en termes de salaire et de pénibilité du travail.


 

 

La mémoire ouvrière

 

 

Des associations se sont créées en France pour préserver la mémoire industrielle et ouvrière. C’est le cas de l’Association pour la mémoire ouvrière et industrielle du bassin creillois (Amoi). L’Amoi veut participer à la réhabilitation d’anciens sites industriels et à recueillir des témoignages. L’association milite aussi pour la création d’un écomusée de cette mémoire. Rens. : www.amoi-assoc.com

 

 

 

 

Valenciennes a changé de visage

 

 

Avec les fermetures d’usines en ville, la classe ouvrière a disparu en tant que telle, mais sa culture et ses valeurs restent présentes

 

« Une ville bourgeoise avec des quartiers ouvriers », c’est ainsi que Dominique Riquet, successeur de Jean-Louis Borloo à la tête de la mairie, définit Valenciennes. Avec son centre-ville totalement remodelé, son tramway flambant neuf et ses immeubles cossus, cette ville de 45.000 habitants a des allures de belle provinciale.

Mais il ne faut pas se fier au premier coup d’œil : Valenciennes cultive volontiers les contrastes. À deux pas du centre-ville, le quartier Dutemple, avec ses maisons de brique bâties en corons, et celui de la Briquette, alignant ses tours de HLM, témoignent du passé industriel récent. Dans les années 1960, la mine et la sidérurgie tournaient encore à plein régime. Et la ville fournissait des bataillons de bras qui allaient s’embaucher dans les usines locales.

« C’étaient les grandes heures de la classe ouvrière ! », se souvient André Bocquet, responsable à l’époque de l’Union locale CFDT et aujourd’hui retraité de l’enseignement. « L’industrie était constituée d’énormes unités de 5.000 à 6.000 salariés … Le taux de syndicalisation était élevé et la solidarité très forte entre les ouvriers. Lorsque les centrales lançaient une action à Usinor ou à Vallourec (fabricant de tubes), des milliers d’hommes répondaient présent … Aujourd’hui, cela n’a plus rien à voir. Chacun est isolé dans son entreprise. »

 

L’industrie valenciennoise a été démantelée !

 

Entre-temps, la crise est passée par là, laminant toute une génération d’ouvriers. Les mines de charbon, plus assez rentables, ont fermé. Puis ce fut le tour de la sidérurgie, sacrifiée pour cause de réorganisation nationale. Exit Usinor, les hauts fourneaux de Trith-Saint-Léger, et autres trains à bandes. Désormais, pour survivre, les unités sidérurgiques devaient être implantées à proximité des installations portuaires.

L’industrie valenciennoise a été démantelée ! En l’espace de trente ans, le bassin a perdu un quart de ses emplois. « Cette crise a marqué une véritable rupture pour la classe ouvrière, poursuit André Bocquet. Dans la mine et la sidérurgie, l’avenir était tout tracé : les enfants entraient dans l’usine de leur père. Avec les vagues de licenciements, ils ont vu le sol s’ouvrir sous leurs pieds. »

Les fermetures d’usines ont sonné le glas d’un mode de vie : l’entreprise prenait tout en charge. Depuis le logement jusqu’aux écoles ménagères, en passant par les centres de soins et clubs sportifs. Avec leur emploi, les ouvriers ont perdu bien plus que leur gagne-pain : toute une vie sociale vécue collectivement, dans la solidarité et l’entraide.

 

« La culture ouvrière est restée »

 

« La classe ouvrière a disparu en tant que telle, mais la culture ouvrière est restée, analyse Dominique Riquet. Le rapport au travail demeure une valeur forte. Et la solidarité est toujours présente, avec des vieux principes mutualistes autour des organisations syndicales ou du monde associatif. À Valenciennes, les gens partagent encore beaucoup, dans l’esprit des sociétés d’entraide du début du siècle. Même si la classe ouvrière n’est plus homogène comme elle l’était. »

Exemple, le Valenciennois n’a pas fait mieux que les autres régions de France lors des dernières élections prud’homales, alors qu’il fut un bastion syndical ! Isolés dans une multitude de petites entreprises, les ouvriers ne se mobilisent plus. Leur nombre, d’ailleurs, ne cesse fondre, au profit des cadres et professions intermédiaires. Lors du dernier recensement, ils ne représentaient plus que 20% de la population active, contre 30 % en 1982.

Valenciennes serait-elle devenue une ville de cols blancs ? Pas vraiment, car les quartiers populaires de la cité sont encore peuplés de familles aux revenus très modestes. Simplement la classe ouvrière a changé de visage. « Ce n’est plus l’ouvrier en bleu de travail et casquette… C’est l’homme d’entretien. Mais la condition ouvrière, elle, demeure. »

 

Florence QUILLE, à Valenciennes (Nord)


 

 

« Les ouvriers votent

comme la moyenne des Français »


 

Florent Gougou, enseignant à Sciences-Po Grenoble [1], explique pourquoi il y a quarante ans l’électorat ouvrier votait à gauche et comment la disparition de la culture de classe a emporté cela. Entretien

 

La Croix : Que pèse électoralement la classe ouvrière ?

Florent Gougou : Elle pèse beaucoup plus qu’on ne le croit généralement. Les ouvriers représentent environ un électeur sur cinq, soit leur poids dans la population active. C’est donc un groupe social qui demeure prépondérant lorsqu’on songe à gagner une élection. Curieusement, pourtant, les ouvriers ont été très longtemps oubliés dans le discours électoral. De ce point de vue, la présidentielle de 2007 a marqué une rupture. Le mot ouvrier est revenu fortement dans le discours des candidats, d’abord dans la bouche de Nicolas Sarkozy, avec des accents qui rappelaient parfois le PCF des années 60 et 70.

Quel est le premier parti ouvrier en termes de résultat électoral ?

Ce qui est intéressant, c’est l’évolution de ces trente dernières années. À cet égard, l’enseignement principal, c’est le détachement progressif de la gauche. Dans les années 1970, plus de 70 % des ouvriers votaient pour la gauche. Au fil des ans, cette domination a diminué à tel point qu’aujourd’hui les ouvriers se comportent à peu près comme la moyenne électorale des Français en matière de clivage droite-gauche. La différence, toutefois, c’est qu’au sein de l’électorat ouvrier de droite il y a longtemps eu une préférence pour le FN au détriment des autres partis de droite. Cela s’est vu dès 1988, accentué en 1995, confirmé en 2002 et même au premier tour de 2007. Puis un changement s’est opéré avec l’élection de Nicolas Sarkozy. Aux législatives de 2007, la droite traditionnelle a réussi un rééquilibrage en sa faveur et au détriment du FN.

Les ouvriers sont-ils devenus des électeurs comme les autres ?

Il y a un mythe qui voudrait qu’un ouvrier vote à gauche ou devrait voter à gauche. En fait, comme tous les autres électeurs, ils sont sensibles à leur tradition familiale, aux enjeux de chaque élection. Ce qui était spécifique, il y a quarante ans, c’était une certaine culture ouvrière, avec des forces d’encadrement politique et syndicale fortes, qui poussaient l’électorat ouvrier à voter à gauche. La disparition de la culture de classe a emporté cela. Ensuite, la grande spécificité du vote ouvrier, pendant la période Le Pen entre 1988 et 2007, cela a été le vote FN. Du côté de l’extrême gauche, aussi, on trouve un peu plus d’ouvriers que dans le reste de l’électorat. Aujourd’hui, il semble se passer un mouvement autour d’Olivier Besancenot qui a récupéré une grande partie de l’électorat ouvrier qui votait auparavant pour Arlette Laguiller.

La désaffection des ouvriers est-elle la principale cause du déclin du PCF ?

Le PCF a toujours un électorat extrêmement ouvrier. Aux belles heures du communisme, 70 % des électeurs communistes étaient des ouvriers. Dans ces conditions, évidemment, leur désaffection a joué un rôle important dans le déclin du PCF. Mais il ne faut pas croire qu’il n’y a que les ouvriers qui ont quitté le PCF et que les intellectuels sont restés. Ce sont toutes les catégories qui se sont éloignées progressivement du PCF lorsque son image s’est dégradée au fur et à mesure de la fin des mythes sur le communisme dans les pays de l’Est.

Parmi les 577 députés, on trouve nombre de médecins, de fonctionnaires, mais un seul ouvrier du secteur privé. Comment l’expliquer ?

Le déclin du PCF explique pour une large part l’absence d’élus ouvriers à l’Assemblée. Historiquement, c’est le parti qui faisait le plus d’efforts de promotion, de formation en faveur de ces catégories pour les faire accéder aux mandats nationaux. Cela a été le cas jusqu’aux années 1970. Ensuite, il semble que cette génération n’a pas su transmettre cet héritage à la génération ouvrière suivante. Le PCF, en crise, a alors du mal à promouvoir des ouvriers tandis que le vote ouvrier se détache petit à petit du PCF pour se porter vers des formations qui attachent sans doute moins d’importance à la représentation des ouvriers. Tout cela a contribué à l’extinction progressive du nombre d’élus réellement issus du monde ouvrier.

Recueilli par Mathieu CASTAGNET

 

NOTES :

[1] Il achève actuellement au Centre d’études de Sciences-Po (Cevipof) une thèse sur l’évolution du vote des milieux populaires.

 

Lire aussi :

 

LA CLASSE OUVRIÈRE ET LE PCF

LES CLASSES POPULAIRES – PARTI COMMUNISTE - FRONT NATIONAL

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Commenter cet article

lolo 28/10/2011 16:16


"Ouvrier" n'est pas une classe sociale, aussi, l'expression "classe ouvrière" n'a pas de sens ! On parle de "prolétariat", à savoir ceux qui, ne possédant rien qui puisse être économiquement
valorisé, c'est à dire du capital, ont recours à la vente de leur force de travail. Tout salarié est un prolétaire, qu'il soit fraiseur, gardien de musée ou enfileur de perles.
Salariat = prolétariat = 90% des actifs en France.
Le PCF se mord encore les doigts d'avoir compris cela trop tard, bien après le déclin de l'industrie et l'expansion du tertiaire.


jennifer foucher 11/06/2009 23:32

Super ! Enfin un site qui me permet d'avoir des sujets de réflexion afin d'acquérir enfin un regard critique sur le monde qui m'entoure, moi qui ai négligé cela durant mes années de collège et lycée et qui en paye maintenant le prix en master !

Merci pour ce site ! Je reprends tout depuis le début et j'apprécie !!!

alain laurent-faucon 12/06/2009 18:20


Merci Jennifer !

Il est toujours fort agréable de s'entendre dire qu'un blog peut être utile à une réflexion personnelle grâce à certains thèmes abordés et que, surtout - et cela est l'essentiel -, il peut vous
aider à avoir un regard "critique" sur le monde qui nous entoure.
Acquérir cette "puissance d'écart", cette "mise à distance" qui permet de savoir raison garder, tel est bien l'objectif de ce blog !
Je vous souhaite plein de succès et de bonheur intellectuel dans ce que vous entreprenez,
très cordialement à vous,
et encore merci pour vos encouragements,
alain laurent-faucon