Comment peut-on tolérer un tel mépris des gens de peu, des mal-logés, des sans-papiers, des prisonniers – de tous ces « rebuts » de la société en somme ?! Le président de la République, alors ministre de l'Intérieur, disait qu'il fallait « nettoyer » certaines cités au « kärcher », comme si le « garçon arabe » et celles et ceux qui vivent dans les quartiers de relégation étaient des saletés, de vulgaires déchets.

Des associations ont dénoncé le « marquage au feutre des réfugiés », et la très catholique ministre du logement Christine Boutin a, elle, évoqué - avec une extrême charité - cette « meute » des mal-logés. Elle aurait pu ajouter qu'ils pissaient partout comme des clebs ! Car c'est bien l'un des casse-tête de tout SDF et souvent des mal logés : où et comment se soulager !

Dernièrement, un rapport très critique du Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l'Europe a stigmatisé la France pour sa façon humiliante et dégradante de traiter les prisonniers - tandis que le directeur de l'administration pénitentiaire maniait à merveille la langue de bois, tout en pratiquant la technique du bouc émissaire : c'est pas moi, c'est l'autre ! Cet homme est proprement admirable et j'aimerais bien avoir un gendre comme ça - cf. MAUX DES MOTS - TICS VERBAUX


Quant à Brice Hortefeux, il fait du chiffre – l'expression est sublime tant elle est sordide ! surtout quand on sait qu'elle ne s'applique pas à des patates, mais à qui ? car sont-ils des êtres humains tous ces gens que l'on ramasse et que l'on stocke ... - donc, le ministre fait du chiffre au mépris de l'être humain qui n'est plus qu'un numéro, un mauvais lot, une chose inutile ... ou un sac de patates non conformes à la législation en vigueur !

Alors c'est quoi cette France qui ferme les yeux sur tous ces manquements aux droits les plus fondamentaux de l'être humain, qui se ferme et referme sur ses peurs, toutes ses peurs malsaines, qui ne descend dans la rue que pour défendre son bout de gras, ce « pouvoir d'achat », et qui se rue sur le dernier numéro du Nouvel Observateur (3/9 janvier 2008) pour regarder les fesses charnues de Simone de Beauvoir ?!



On achève bien les chevaux !


Ce clin d'oeil à un passé culturel – roman et film devenus jadis célèbres – pour rappeler que l'être humain n'est peut-être pas qu'une chose, un moins que rien, un rebut, un déchet. Et pourtant ! C'est là que l'on voit combien une visée éthique de la société et des rapports la structurant serait la bienvenue. Mais voilà, en ce moment nous assistons à une pétrification ou chosification de la pensée dans une sorte d'indifférence générale.

Comment peut-on, en effet, accepter que la prison soit autre chose qu'une simple privation de liberté ? Comment peut-on admettre que des détenus qui sont malades soient humiliés ? S'ils ne sont plus des êtres humains, que les hautes instances morales et politiques le disent et, alors, qu'on les liquide ! Comme les vieux dès qu'ils coûtent trop cher à l'Assurance maladie ou aux Caisses de retraite ! Comme les handicapés qui ne correspondent en rien aux critères d'un corps jeune et moderne et qui, en outre, ne sont vraiment pas capables de suivre le glorieux précepte du « travailler plus pour gagner plus » ! Comme les chômeurs et les « minima sociaux » - déjà désigner ainsi les hommes et les femmes qui perçoivent ces minima montre bien que ce ne sont plus des êtres humains à part entière, mais des assistés, des profiteurs, des parasites, des moins que rien, des rebuts et des déchets. Alors qu'on les liquide aussi ! On a eu de beaux précédents dans l'histoire du XXe siècle. Eh puis, on achève bien les chevaux, n'est-ce pas ? Alors, des sous-hommes ...



Et on marque bien les bestiaux

comme jadis les esclaves



Marquage au feutre des réfugies

A Dunkerque, les associations dénoncent le marquage au feutre des réfugiés


LE MONDE | Article paru dans l'édition du 03.11.07.

Ce sont "des chiffres inscrits, au gros feutre indélébile, sur les mains de réfugiés, dans un refuge dunkerquois". Dans la lettre qu'il a écrite le 27 octobre, Aïssa Zaibet, secrétaire du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) du littoral dunkerquois (Nord), juge la méthode "indigne du pays des droits de l'homme". La missive, adressée à Rama Yade, secrétaire d'État aux droits de l'homme, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, et Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'intégration, est consultable sur http://refugies.over-blog.com/.

Les associations qui soignent les migrants à Calais dénonçaient déjà, en 2005, les croix inscrites par les forces de police sur les mains. Selon ces collectifs, "ces pratiques continuent". Les inscriptions au feutre permettent de suivre les mouvements des réfugiés.

Conseiller principal d'éducation dans un collège de Grande-Synthe, M. Zaibet dit avoir observé ces pratiques le 24 octobre, lors d'une visite à des migrants "en provenance de Lille". Il s'insurge : "De nos jours, seuls les animaux sont ainsi marqués".

Pour Hervé Alloy, directeur de cabinet du député et maire de Dunkerque, Michel Delebarre, "le nombre de réfugiés est bien moins important ici qu'à Calais ou Cherbourg. Notre port a un terminal transmanche, ce qui explique la présence de Kurdes. Le principal problème du secteur est une aire d'autoroute squattée par des passeurs de la filière calaisienne". La mairie a évoqué le problème la semaine dernière avec le sous-préfet. Ce dernier envisagerait de fermer cette aire de l'A16 - l'autoroute du littoral Nord.

Les migrants avaient d'abord élu domicile entre Grand-Fort-Philippe et Fort-Mardyck, aux abords d'une zone industrielle entourée d'un cordon de dunes, parmi les oyats et épineux. Ils en ont été délogés en début d'année.

Ils ont alors élu domicile parmi des containers à marchandises du port de Loon-Plage. Ceux-ci, empilés, aux couleurs pastel, ressemblent à de fantomatiques cités HLM. Un autre monde a été recréé, "avec ses quartiers, ses étages, son voisinage", écrivait en février 2007 sur son blog Aïssa Zaibet.

A Calais, la situation n'évolue pas. Françoise Duvieubourg, la responsable de la Maison de la solidarité, a fait les comptes : "Au 30 octobre 2007, et depuis le 1er janvier, nous avons enregistré 2 250 mineurs. Soit déjà quatre fois plus qu'en 2006...". Enfants et adultes viennent du Moyen-Orient, d'Asie, d'Afrique subsaharienne, d'Europe de l'Est ... Une multinationale de l'exode.

Geoffroy Deffrennes




Prisons françaises : condamnation sévère


Rapport accablant du Comité européen pour la prévention de la torture

ONDINE MILLOT - LIBÉRATION : mardi 11 décembre 2007

« Traitement inhumain et dégradant. » La formule, pensée et choisie comme un radical signal d’alerte, vient d’être à nouveau utilisée, à plusieurs reprises, par un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) rendu public hier. Employés pour la première fois en 2003 pour qualifier la situation de plusieurs détenus dans les prisons françaises, ces mots qui sous-entendent de graves manquements aux droits de l’homme avaient créé un choc.

« Entraves ». Aujourd’hui, même s’il reconnaît certaines « améliorations », le CPT réitère sa condamnation. Lors de leur visite en France, du 27 septembre au 9 octobre 2006, les membres de cet organe de contrôle indépendant rattaché au Conseil de l’Europe ont été notamment frappés par le sort des détenus particulièrement surveillés (DPS). A l’unité d’hospitalisation sécurisée du centre hospitalier de Moulins-Yzeure (Allier), la délégation du CPT a constaté que « les détenus étaient systématiquement attachés à leur lit, sans interruption, le plus souvent avec des entraves aux chevilles et avec une main menottée au cadre du lit ». Les demandes formulées par le personnel médical pour les enlever, « afin de permettre les soins dans des conditions médicalement acceptables, étaient systématiquement refusées par les surveillants et les policiers accompagnants ».

A la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), le CPT a constaté que des détenus faisant l’objet d’une demande d’hospitalisation psychiatrique d’office devaient attendre deux à sept jours, voire plus, au service médico-psychologique, avant de pouvoir rejoindre un établissement. Pendant cette attente, « les patients présentant des états de souffrance aiguë étaient placés dans l’une des cellules d’isolement […], obligés de rester nus en cellule, soumis à un contrôle visuel régulier du personnel pénitentiaire ».

Outre ces cas les plus graves, le rapport du CPT s’alarme des « abus de placement » des détenus à l’isolement. « La durée maximale d’une mesure de placement à l’isolement sur décision administrative est, en principe, de trois mois. Les constatations ont montré que, dans plusieurs établissements visités, l’isolement est fréquemment une mesure de longue - voire très longue - durée. » A la maison d’arrêt de Fresnes, les membres de la délégation du CPT ont rencontré un détenu à l’isolement depuis dix-neuf ans. Frappé par « l’état dramatique dans lequel se trouve la psychiatrie pénitentiaire en France », le comité s’alarme du manque de personnel médical, et notamment de psychiatres, alors même que le nombre de détenus atteints de troubles mentaux ne cesse d’augmenter.

La lecture du rapport montre que le CPT établit clairement un lien entre cette dégradation des conditions de détention, les dérives sécuritaires et le problème de la surpopulation. « La stratégie de l’administration pénitentiaire pour faire face au surpeuplement a été, à titre principal, de prévoir une augmentation de la capacité carcérale, qui devrait atteindre les 60 000 places en 2010. Des efforts ont certes été déployés pour développer des alternatives à l’emprisonnement. Cela étant, le CPT est d’avis que les résultats globaux de ces efforts ont été, dans l’ensemble, de faible envergure. »

« Surnombre ». En France, le nombre de personnes aujourd’hui sous écrou est d’environ 64 400, soit près de 12 600 détenus en surnombre. « L’augmentation de la population carcérale est aggravée par le nombre croissant de peines toujours plus lourdes prononcées », insiste le CPT.



I
ndignité carcérale

Édito du Monde | Article paru dans l'édition du 07.12.07.

« Traitement inhumain et dégradant ». La formule revient à plusieurs reprises dans le rapport que le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe va rendre public. Ce ne sont pas les geôles d'un État mis au ban de la communauté internationale pour ses atteintes répétées aux droits de l'homme qui se trouvent ainsi fustigées. Non, le rapport traite de la France et de ses prisons - où sont enfermées, dans des conditions souvent indignes, 64 000 personnes, soit 120 détenus pour 100 places en moyenne - et, plus particulièrement, des problèmes de santé, de placement à l'isolement et, encore une fois, de surpopulation carcérale.

Les observations des visiteurs du CPT, qui se sont rendus dans plusieurs prisons françaises à l'automne 2006, sont accablantes. Sait-on qu'en France, en 2007, des détenus "particulièrement surveillés", quand ils reçoivent des soins dans leurs chambres sécurisées, sont "systématiquement fixés à leurs lits sans interruption, le plus souvent avec des entraves aux chevilles et main menottée au cadre du lit" ? Sait-on que, dans la patrie de la Révolution française, qui avait proclamé que le système carcéral avait la double mission de punir et d'amender le condamné, des détenus en attente d'une hospitalisation psychiatrique, en situation de "souffrance aiguë", peuvent être "obligés de rester nus" dans leur cellule d'isolement, "soumis à un contrôle visuel régulier du personnel pénitentiaire" ?

Le CPT relève "l'état dramatique" de la psychiatrie carcérale. Il s'alarme des abus du placement à l'isolement administratif. Il s'inquiète de l'organisation des "rotations de sécurité", qui conduisent à changer régulièrement de prison des détenus réputés dangereux ; ces transferts peuvent se révéler nécessaires mais leur succession, "dans certaines circonstances, constitue un traitement inhumain et dégradant". Le CPT affiche aussi sa préoccupation sur des questions qui touchent à la vie quotidienne carcérale, depuis les fouilles corporelles et celles des cellules jusqu'aux violences entre détenus, qui ne peuvent que se développer du fait de la surpopulation. La loi sur la récidive, votée en juillet, pourrait conduire à l'incarcération de 10 000 personnes supplémentaires...

Depuis le témoignage accablant, en janvier 2000, du docteur Véronique Vasseur, alors médecin-chef à la Santé, Le Monde n'a cessé, à travers ses enquêtes et une dizaine d'éditoriaux, d'attirer l'attention sur cette indignité carcérale. Nicolas Sarkozy promet une démocratie "irréprochable". Sans entretenir trop d'illusions, souhaitons que cette promesse se traduise dans la loi pénitentiaire en préparation. Afin qu'on ne puisse plus reprocher à nos prisons d'être épinglées pour traitements "inhumains et dégradants".



Prisons

un rapport stigmatise à nouveau les pratiques de l'administration française

LE MONDE | Mis à jour le 06.12.07 |

« Traitement inhumain et dégradant. » Une nouvelle fois, le Comité de prévention de la torture (CPT) du Conseil de l'Europe stigmatise les prisons françaises. Dans son rapport, qui fait suite à des visites à l'automne 2006, le CPT s'inquiète principalement des conditions de santé, du placement à l'isolement, de la surpopulation carcérale.

Le rapport que Le Monde a pu consulter sera rendu public en même temps que les réponses françaises, quand le gouvernement, qui prépare une loi pénitentiaire, donnera son accord. La précédente visite du CPT, qui se rend régulièrement dans les lieux de détention européens, date de 2003.

Le CPT demande une "révision fondamentale" des critères de classement des détenus "particulièrement surveillés" (DPS), qui font l'objet de conditions de détention renforcée. Le rapport alerte le gouvernement sur les soins médicaux de ces DPS dans deux chambres sécurisées de l'hôpital de Moulins (Allier) : "Les détenus sont systématiquement fixés à leur lit sans interruption, le plus souvent avec des entraves aux chevilles et mains menottées au cadre du lit." La présence permanente de policiers enlève aux patients "le droit le plus élémentaire à la confidentialité et à l'intimité". Le personnel médical ne peut donner des soins "en respectant la dignité humaine". En conséquence, "le traitement médical se trouve perverti et devient dégradant".

États de souffrance aiguë

La question des entraves pendant la détention a déjà été contestée par l'Observatoire international des prisons, association de défense des droits des détenus, et par le Comité national d'éthique. Le CPT l'a dénoncée plusieurs fois, mais il y consacre une place particulière dans ce rapport : "Le comité en appelle aux autorités françaises afin qu'elles revoient l'ensemble des conditions dans lesquelles les soins sont prodigués aux détenus pendant les extractions médicales pour que les détenus puissent être soignés dans le respect de leur dignité."

A la maison d'arrêt de Fresnes, le CPT s'alarme de la situation de détenus qui doivent attendre, parfois une semaine, au service médico-psychologique, pour une hospitalisation psychiatrique d'office, dans des conditions indignes : "Les patients présentant des états de souffrance aiguë étaient placés dans l'une des cellules d'isolement, traités sous contrainte si nécessaire, et obligés de rester nus en cellule, soumis à un contrôle visuel régulier du personnel pénitentiaire. Il ne fait aucun doute aux yeux du CPT qu'une telle situation s'apparente à un traitement inhumain et dégradant pour le patient concerné (et est également dégradante pour le personnel concerné)."

A la centrale de Moulins, l'hospitalisation d'office des détenus particulièrement surveillés est quasiment impossible. Ils sont placés en quartier d'isolement ou en quartier disciplinaire. Là encore, il s'agit d'un "traitement inhumain et dégradant" pour le CPT qui demande au gouvernement de "revoir intégralement" les conditions de soins psychiatriques pour les DPS. Plus globalement, il s'alarme de "l'état dramatique dans lequel se trouve la psychiatrie pénitentiaire en France". Le CPT met en avant le sous-effectif du personnel soignant et souligne "le manque de coordination" entre médecine générale et psychiatrie au sein de la prison.

Dix-neuf ans en isolement

Le rapport souligne les abus du placement à l'isolement administratif. Ces mesures ont fait l'objet de nouveaux décrets en juin 2006, qui comportent des "aspects positifs", même s'ils n'étaient guère entrés en pratique lors de la visite. Prévu pour trois mois, "l'isolement est fréquemment une mesure de longue – voire très longue – durée." Un détenu de Fresnes était ainsi à l'isolement depuis dix-neuf ans. Les motivations de placement sont parfois disciplinaires. L'isolement devient alors "le lieu de rejet de détenus difficiles à gérer, psychiquement atteints, et, pour certains, atteints de pathologies psychiatriques graves".

Le CPT se préoccupe de l'organisation des "rotations de sécurité" qui permet le transfert de détenus jugés dangereux. Tout en reconnaissant qu'ils peuvent être nécessaires, "l'effet des transferts successifs sur un détenu pourrait dans certaines circonstances constituer un traitement inhumain et dégradant". Pascal Payet, qui s'est évadé cet été puis a été repris, a déposé un recours au Conseil d'Etat, après avoir subi vingt-trois changements d'établissement en quatre ans. La note confidentielle du garde des sceaux qui organisait ces mouvements depuis 2003 a été abrogée en août. Le CPT alerte sur cette situation depuis 1991.

Le comité en est à demander un programme de dératisation à Moulins, s'inquiète des conditions de fouilles, des violences entre détenus, de l'état des locaux de garde à vue. Il revient sur la question de la surpopulation pénale. S'il trouve la situation "moins dramatique qu'en 2003", la surpopulation est "aggravée par le nombre croissant de peines toujours plus lourdes prononcées". Le CPT reconnaît que "des efforts ont été déployés pour développer les alternatives à l'emprisonnement", mais "les résultats globaux de cet effort ont été dans l'ensemble de faible envergure". Même à la prison de Seysses, près de Toulouse, ouverte en 2003, "le principe de l'encellulement individuel est battu en brèche".

Alain Salles



Sans-papiers et sans respect !

Mais ont-ils une existence puisqu'ils sont sans papiers ? Ne seraient-ils pas plutôt comme des rebuts de l'humanité qui traînent à même la rue, gênent, polluent, créent du désordre, dégoûtent et font peur.


Cahier de doléances


Manque d'hygiène dans les sanitaires, sentiment d'être "traités comme du bétail", "fouilles humiliantes", "femmes choquées d'être enfermées" : sur deux pages, les 120 retenus (des sans-papiers) du Mesnil-Amelot livrent leur détresse en style télégraphique

LE MONDE | 28.12.07 | 11h27  •  Mis à jour le 28.12.07 | 11h36

"Non à l'arbitraire", "non à l'humiliation", "la France : pays des droits de l'homme", "l'immigration enrichit"… Ces slogans ne sont pas brandis par des collectifs de soutien aux sans-papiers, mais par des sans-papiers eux-mêmes. Depuis le 20 décembre, les étrangers en rétention au Centre du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) arborent ces messages pour manifester leur désaccord face à des "conditions d'arrestation et de rétention indignes" qui "humilient les hommes" et "déchirent des familles entières".

Cette action a franchi, jeudi 27 décembre, une nouvelle étape : sur les quelque 120 personnes placées dans ce centre de rétention situé près de l'aéroport de Roissy, ils n'étaient plus qu'une quarantaine, selon la direction du centre – une quinzaine selon les protestataires – à se présenter au réfectoire, tous les autres ayant entamé une grève de la faim.

« Un piège »

"Nous voulons être entendus", expliquait Abou N'Dianor, porte-parole du mouvement, joint par téléphone dans l'après-midi, juste avant que l'administration décide de le transférer dans un autre centre. "Lorsqu'un mouvement de protestation se déclenche, les étrangers leaders sont changés de centre pour casser le groupe", explique le Comité intermouvement auprès des évacués (Cimade).

Il y a une semaine, M. N'Dianor, Sénégalais âgé de 37 ans, a entrepris, avec quatre de ses compagnons, de recueillir les témoignages de chacun des retenus. Ils en ont tiré une liste de vingt-quatre doléances qu'ils ont remise au chef de centre.

Manque d'hygiène dans les sanitaires, sentiment d'être "traités comme du bétail", "fouilles humiliantes","femmes choquées d'être enfermées" : sur deux pages, les 120 retenus du Mesnil-Amelot livrent leur détresse en style télégraphique. Ils ont adressé un courrier aux consuls des 33 pays dont ils sont originaires pour leur demander d'avoir plus de vigilance dans la délivrance des laissez-passer. Sans ce "sésame", l'administration française ne peut éloigner un étranger.

"Il n'est pas anormal que tous les retenus ne se soient pas présentés au réfectoire", déclarait, jeudi soir, Francis Vuibert, secrétaire général de la préfecture, affirmant qu'"aucun ne s'était jusqu'alors déclaré gréviste de la faim". "Il n'y a rien d'illégitime à ce que des personnes dans cette situation expriment des revendications, précisait M. Vuibert. Mais si certaines doléances sont de la compétence du chef de centre, d'autres dépassent même les compétences de la préfecture : ainsi la régularisation en rétention ne correspond à aucun texte applicable en l'état actuel." "Le placement en rétention, insistait-il, se fait au terme d'une procédure qui a été jugée régulière." Au cours de la semaine écoulée, sur cinq personnes sorties du centre pour être expulsées, trois, qui ont refusé d'embarquer, ont été libérées par le juge pénal. Selon Didier Inowlocki, permanent de la Cimade au Mesnil-Amelot, ces trois cas "donnent raison aux retenus". "Il est rare de voir une telle solidarité entre retenus, souligne M. Inowlocki. Ils se sentent témoins de toutes les situations existantes dans le centre." "Sont retenus ici pour être expulsés des étrangers malades, des personnes dont le pays est en guerre, des parents dont les enfants sont à l'extérieur, des hommes et des femmes insérés socialement depuis treize, dix-neuf et même vingt-deux ans", témoigne M. N'Dianor. Débouté d'une demande de régularisation, ce Sénégalais, enseignant en mathématiques dans une société privée de soutien scolaire, a été arrêté le 15 décembre, alors qu'il avait passé six années en France.

M. N'Dianor regrette d'avoir été "trop honnête". "J'ai déposé un dossier de régularisation, témoigne-t-il. Je ne leur ai rien caché, je leur ai transmis mon passeport, mes fiches de paie, d'impôts, le nom des enfants qui avec mon aide ont réussi leur bac… Car, comme tout le monde, je travaille et paie des impôts. J'ai été débouté. Et alors que je n'avais pas encore été convoqué devant le tribunal administratif pour mon recours, le commissariat de police m'a convoqué pour réexamen de mon dossier. Mais c'était un piège : j'ai été arrêté." "Nous ne sommes pas que des chiffres", résume un des slogans arborés sur les chemises des retenus. Allusion aux 25 000 éloignements réclamés par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux pour 2007.

Laetitia Van Eeckhout



Le droit au respect

Les détenus des centres de rétention réclament le droit au respect

La Croix - 02/01/2008

Le mouvement de protestation, qui a débuté pendant le mois de décembre, se poursuit de façon sporadique. C’est un mouvement en dents de scie dont la Cimade, qui intervient quotidiennement dans les centres de rétention, a déjà été témoin.

Cependant, par sa longévité – les protestations des sans-papiers ont débuté il y a deux semaines – et par son ampleur – trois centres sont concernés, celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et ceux de Vincennes (Val-de-Marne) –, la mobilisation actuelle frappe les esprits.

Mardi 1er janvier, il était difficile de connaître la situation précise dans chacun de ces centres. Selon Damien Nantes, responsable, à la Cimade, du service de défense des étrangers reconduits, elle était « relativement calme ». « Au Mesnil-Amelot, où la grève de la faim avait repris mardi, il semble que beaucoup de personnes aient recommencé à manger », confiait-il hier.


"Cela fait quatre jours que je ne m’alimente plus"


À Vincennes, toutefois, Mamadi Traoré, un jeune Malien clandestin joint sur son téléphone portable, affirmait que la nuit de mardi 1er janvier à mercredi avait été mouvementée, comme les deux précédentes. « Jusqu’à 3 h 30 du matin, plusieurs d’entre nous ont refusé de rejoindre les chambres pour dénoncer les conditions indignes dans lesquelles nous sommes détenus. Pour ma part, cela fait quatre jours que je ne m’alimente plus », témoigne-t-il.

Tout a commencé le 20 décembre au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, par la rédaction de « doléances » puis par une grève de la faim de deux jours.

Abou Ndianor, libéré depuis, est à l’origine du mouvement. « J’ai été révolté à mon arrivée au centre, explique ce professeur de mathématiques sénégalais, arrêté le 14 décembre après avoir été convoqué au commissariat pour un réexamen de son dossier. Au Mesnil-Amelot, j’ai été témoin de situations profondément injustes. On arrête des gens de façon arbitraire, des pères de famille, des gens qui travaillent, qui habitent en France depuis des années… Du coup, le désespoir gagne : j’ai vu des hommes prostrés, enfermés dans leur mutisme. Il faut que cela se sache à l’extérieur. »


Une recrudescence des actes de désespoir observée par la Cimade


De fait, comme le confirme Damien Nantes, ce sont moins les conditions matérielles de détention qui posent problème que les objectifs chiffrés de reconduite à la frontière [1]. « Il n’y a pas eu de dégradation des conditions d’accueil ces dernières années. On peut même dire qu’elles se sont améliorées ici et là, explique le militant. En revanche, depuis 2003, on observe une dégradation générale du climat. D’une part, parce que la durée maximale de détention a été étendue de 12 à 32 jours ; d’autre part, parce que la pression des chiffres est dévastatrice : les dossiers sont étudiés de façon mécanique, avec une attention moindre portée aux situations humaines. »

Sans pouvoir les quantifier précisément, la Cimade témoigne d’ailleurs d’une recrudescence des actes de désespoir dans les centres, grève de la faim mais aussi automutilations et tentatives de suicide.


Un projet de directive européenne porte à 18 mois le délai de rétention


Pour éviter la montée en puissance du mouvement, Abou Ndianor, l’un des meneurs, avait été transféré du centre de Mesnil-Amelot à Vincennes, où la révolte s’est propagée ces derniers jours. Les protestations de clandestins durant les deux nuits suivantes ont conduit à l’intervention des forces de l’ordre.

Mardi 1er janvier, 80 militants et sympathisants du Réseau éducation sans frontières (RESF) et de personnalités comme l’actrice Josiane Balasko, se sont rassemblées devant les centres de Vincennes avec pour slogans : « arrêt des expulsions », ou encore « fermeture des centres de rétention ». Il s’agissait non seulement d’attirer l’attention sur la situation de ces centres mais aussi de dénoncer un projet de directive européenne, bientôt présenté devant le Parlement européen, qui prévoit d’étendre le délai de rétention jusqu’à 18 mois.

Marine LAMOUREUX

NOTES :

[1] L’objectif de reconduite à la frontière était de 15 000 personnes en 2004. Il a été porté à 25 000 en 2007, 26 000 cette année et 28 000 en 2010.


A LIRE :


Zygmunt Bauman, Vies perdues. La modernité et ses exclus, traduit de l'anglais par Monique Bégot, éd. Payot, Paris, 2006.

Axel Honneth, La réification. Petit traité de Théorie critique, traduit de l'allemand par Stéphane Haber, Gallimard, Paris, 2007.




 

publié dans : DROITS DE L'HOMME par alain laurent-faucon
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L'établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu (Rhône) est le premier EPM ouvert en France. Il a accueilli ses premiers mineurs le 11 juin 2007. Huit jours plus tard, indique le journal Libération, « une partie des locaux étaient mis à sac, à coups de pieds et d'extincteur ». Et, à présent, le 5 février 2008, c'est un adolescent de 16 ans qui s'est pendu et qui avait déjà fait une première tentative de suicide. Comme toujours en pareil cas, « la direction régionale relativise les problèmes de violence », même si un magistrat parle, lui, d’un « mélange explosif », d’une « spirale folle ». Une surveillante, indique même le quotidien, « a été envoyée à l’hôpital, cette semaine, par deux des jeunes filles qui viennent de rejoindre l'EPM ». Et Libération conclut : «  La plupart des pensionnaires vont mal ».

Lors de l'inauguration de l'EPM de Meyzieu, le vendredi 9 mars 2007, le ministre de la justice et garde des sceaux, Pascal Clément, avait alors fait part de sa "fierté" d'inaugurer cet établissement pénitentiaire pour mineurs qui a vocation à devenir une "salle de classe entourée de murs". Et il avait même ajouté, nous dit Le Monde, que « ces EPM allient les exigences de sécurité carcérale avec la perspective de réinsertion des jeunes sous écrou ». Car il faut "des prisons humanistes, orientées vers la réinsertion"

Tout cela se passe de commentaires. Mais ne l'oubliez pas, c'est peut-être ça la « politique de civilisation » dont on nous rebat les oreilles. Et n'oubliez pas, non plus, cette réflexion de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline, que je vous ai déjà citée : c'est toujours après les tendresses que l'on fait les pires saloperies. Et c'est sûrement le seul avantage de l'âge, mais c'est un grand avantage car, à présent, je sais que tous les donneurs de leçons, tous les obséquieux, les flagorneurs, les gu-gus qui ont la bouche pleine des droits de l'homme, de la démocratie, et de l'humanisme bien sûr, que toutes ces gens-là sont à fuir comme la peste. Car c'est toujours après les tendresses, les plus beaux discours, que l'on fait les pires saloperies.






DOSSIER DE PRESSE




Libération – 05/02/2008



Un garçon de 16 ans s'est pendu

dans sa cellule à Meyzieu


JUSTICE - Pour la première fois, un adolescent s’est pendu dans un des établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Le premier ouvert en France, l’an passé. Cela s’est produit samedi matin, à Meyzieu (Rhône). Il avait 16 ans, avait été incarcéré le 17 décembre. Et s’est pendu au système d’aération de sa cellule. La direction régionale de l’administration pénitentiaire indique que le garçon avait déjà essayé, une semaine après son arrivée. Il s’était alors démis l’épaule en tombant dans sa tentative. Le suicide a été caché tout le week-end aux autres détenus, pour éviter une explosion. Car à Meyzieu, les incidents se multiplient l'ouverture, et la situation paraît intenable.

L’EPM a accueilli ses premiers mineurs le 11 juin 2007. Huit jours plus tard, une partie des locaux étaient mis à sac, à coups de pieds et d'extincteur. Certains éducateurs et surveillants estiment que l’arrivée avait été mal préparée, le «cadre» mal posé. « Nous sommes dans une expérimentation qui change beaucoup le rapport aux lieux, aux règles, défend pour sa part Paul Louchouarn, directeur régional adjoint de l’administration pénitentiaire en Rhône-Alpes. Les EPM présentent des espaces plus ouverts, moins contenants. Cela peut déstabiliser des mineurs qui ont besoin de canaliser leur sentiment d’insécurité ».

Aberrations


L’établissement cumule aussi les dysfonctionnements. Surveillants et éducateurs sont en sous-effectif, et censés travailler en « 
binôme », ce qui constitue une « révolution culturelle » délicate lorsqu’une partie des éducs découvrent le métier. La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) fait appel à de nombreux jeunes sortant de formation, et à des contractuels. « Il aurait fallu privilégier une montée en puissance très lente, comme nous l’avions préconisé, pour apprendre à travailler ensemble et s’adapter aux dysfonctionnements », estime Alain Dru, secrétaire général de la CGT PJJ. Au lieu de cela, l’ouverture a été très politique et très médiatique. Il fallait montrer vite que cela fonctionnait ». Et depuis, il faut cacher que cela fonctionne mal.

Les professionnels n’ont pas été concertés avant la construction. Résultat : les aberrations s’accumulent. La psychologue ne dispose d’aucun bureau pour les entretiens en tête-à-tête. Elle s’installe au gré des salles disponibles. « Elle va bientôt pouvoir partager un bureau aux services médicaux », rassure Paul Louchouarn. Les éducateurs, censés préparer la sortie des mineurs, ne disposent pas de téléphone pour joindre les familles, les magistrats et les partenaires censés préparer la réinsertion. Pour appeler, ils allaient jusqu’à présent dans le bureau de la secrétaire de l'EPM. Une deuxième ligne a été installée dans un bureau à l’écart.


Hiérarchie


Dans les premiers temps, les mineurs de Meyzieu ont par ailleurs fait face à une véritable suractivité. Sport, cours, activités culturelles, comme s’il fallait les occuper en permanence. Des journées interminables et qui tranchaient très brutalement avec l'inoccupation du quartier, ou de certains quartiers des mineurs. L’utilisation du temps judiciaire doit aider à préparer la réinsertion, « 
mais cela les a privé de l’espace de repli, de protection, que peut constituer la cellule, explique un éducateur. Ils étaient constamment en groupe, sous le regard des autres, et cela attisait aussi les tensions ».

Le rythme de ces activités a un peu baissé, mais personnels et mineurs découvrent souvent le programme au jour le jour. « Où qu’il soit, un gamin a besoin de savoir le matin ce qu’il fera dans la journée, pointe Jean-Claude Vaupré, de la CFDT Justice. Il a besoin de rencontrer des adultes et des règles claires. » La hiérarchie est par ailleurs perçue par beaucoup comme trop « autoritaire », trop « rigide ». Selon un professionnel, « les surveillants, qui étaient très investis dans les quartiers pour mineurs, se retrouvent infantilisés, réduits au rôle d’exécutants. » L’inverse de ce que préconisent les règles pénitentiaires européennes.


Passage à l'acte


La démobilisation serait forte, et selon les syndicats, les congés maladie et demandes de mutation en hausse. Paul Louchouarn répond que le taux d’absentéisme et de congé maladie est « 
plutôt inférieur à la moyenne régionale ». Mais il concède : « Je ne peux pas nier qu’il peut y avoir une déception par rapport aux attentes de personnels qui sont arrivés très motivés. » Certains surveillants avaient demandé l’EPM pour se rapprocher de Lyon. Tous les autres parce qu’ils voulaient s’investir autrement auprès d’adolescents. « Ils se sentaient éducateurs dans les quartiers pour mineurs, leur fonction s’est considérablement réduite à Meyzieu, observe Jean-Claude Vaupré. Ils se retrouvent à gérer des repas collectifs ingérables. Nous avons alerté de façon répétitive. A présent, il est temps de remettre à plat tout le projet ».

La direction régionale relativise les problèmes de violence. Mais un magistrat parle d’un « mélange explosif », d’une « spirale folle ». Une surveillante a été envoyée à l’hôpital, cette semaine, par deux des jeunes filles qui viennent de rejoindre l'EPM. « Des mineurs qui ne bronchaient pas en maison d’arrêt deviennent des caïds à Meyzieu », observe un professionnel. La plupart des pensionnaires vont mal. Vendredi 25 février, l’un d’eux a mis le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Il multipliait les « comportements à risque ». Huit jours plus tard, il s’est pendu.

Ol.B.



Premier suicide dans une prison pour

mineurs

AFP - Le Monde - 05.02.08

Un adolescent de 16 ans s'est suicidé lundi pour la première fois dans l'un des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) ouverts en France depuis juin 2007, à Meyzieu près de Lyon, a annoncé mardi l'administration pénitentiaire.

"Agé de 16 ans, ce détenu, qui bénéficiait d'un suivi psychiatrique, a mis fin à ses jours par pendaison", a indiqué dans un communiqué l'administration pénitentiaire, confirmant une information publiée par le quotidien Libération.

"Ce suicide a été un peu inattendu car il avait passé une matinée tout à fait normale. ça a été un grand choc et une surprise pour les professionnels de l'établissement", a déclaré lors d'un point-presse Paul Louchouarn, directeur interrégional adjoint des services pénitentiaires de Rhône-Alpes et Auvergne.

L'adolescent était écroué depuis le 17 décembre dernier à l'EPM de Meyzieu. Il a été retrouvé pendu dans sa cellule avec un drap et malgré l'intervention des secours, il est décédé "dans les heures qui ont suivi" sa découverte, a ajouté M. Louchouarn.

En 2007, dans des EPM ou des quartiers réservés aux mineurs dans d'autres prisons, "aucun mineur n'a mis fin à ses jours malgré 72 tentatives de suicide relevées et déjouées par l'intervention des personnels pénitentiaires", a souligné la direction de l'administration pénitentiaire.

Une enquête judiciaire et une enquête administrative sont en cours, selon la même source.

Joint par l'AFP, Pascal Rossignol, le représentant du syndicat UFAP Rhône-Alpes et Auvergne, a dénoncé mardi "un manque d'effectifs et de moyens" à l'EPM du Rhône mais aussi des "incidents qui se répètent de plus en plus".

Ouverts depuis juin 2007, les EPM sont aujourd'hui au nombre de quatre en France: Meyzieu, Lavaur (Tarn), Quiévrechain (Nord) et Marseille. 167 mineurs y sont actuellement incarcérés.

L'annonce de ce suicide intervient après l'évasion dimanche de deux détenus de l'EPM de Marseille.




Un mineur se pend dans sa cellule à

Meyzieu




LEXPRESS.fr - mardi 5 février 2008


Un adolescent de 16 ans s'est pendu dans l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, près de Lyon, selon les informations de
Libération. Le jeune homme, incarcéré depuis le 17 décembre 2007, n'en était pas à sa première tentative selon l'administration de l'établissement.

 

Le suicide a été caché durant le week-end aux détenus de cet EPM - le premier ouvert en France, l’an passé : les surveillants font part d'incidents toujours plus nombreux, depuis l'accueil des premiers mineurs, le 11 juin 2007.

Le personnel éducatif de l'établissement s'était mis en grève en novembre dernier pour protester contre ses conditions de travail et de salaire, dans le cadre d'un mouvement qui avait démarré à l'EPM de Marseille.





RETOUR EN ARRIÈRE




Inauguration de la première prison pour

mineurs


LEMONDE.FR - Avec AFP | 09.03.07

La première prison pour mineurs a été inaugurée, vendredi 9 mars, par le ministre de la justice, Pascal Clément, à Meyzieu (Rhône). Lors d'un point-presse, le garde des sceaux a fait part de sa "fierté"  d'inaugurer cet établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) qui a vocation à devenir une "salle de classe entourée de murs".

Selon le ministre, ces EPM allient les exigences de sécurité carcérale avec la perspective de réinsertion des jeunes sous écrou. Il a expliqué qu'il fallait "des prisons humanistes, orientées vers la réinsertion car en France, la prison à vie n'existe pas".

Les syndicats CGT du personnel pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ont qualifié cette inauguration de "mirage" puisque "les premiers mineurs n'y seront incarcérés que début juin". Hélène Franco, du Syndicat de la magistrature, a dénigré "la politique d'affichage" du gouvernement qui "voulait ouvrir le premier EPM avant les élections".


"Acharnement"

Syndicats et associations ont critiqué ce qu'ils considèrent comme un élément de plus dans la politique répressive du gouvernement. Dans un communiqué, le syndicat d'éducateurs spécialisés (SNPES-PJJ, affilié à la FSU) a déploré "cette politique menée avec acharnement depuis 2002 [qui] est basée sur l'idée qu'il est préférable de mettre à l'écart les mineurs en difficulté plutôt que de mettre en place des solutions éducatives". Pour le syndicat, les "foyers éducatifs jugés non rentables ferment, (...) les crédits pour les structures travaillant pour l'insertion des jeunes sont amputés".

L'EPM du Rhône, d'une capacité d'accueil de soixante places, est le premier d'une série de sept prisons pour mineurs qui seront prêtes d'ici fin 2008.




Lutte Ouvrière n°2050 du 16 novembre 2007

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/


Établissement pénitentiaire pour mineurs - Meyzieu (69) :



L'éducatif passe après le répressif


Mercredi 7 novembre, les personnels éducatifs de l'Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu dans la banlieue lyonnaise ont fait grève à la quasi-unanimité pour dénoncer leurs conditions de travail et de salaires.

L'EPM de Meyzieu a ouvert en juin 2007 et fait partie des sept établissements de ce type destinés à accueillir des mineurs multirécidivistes. Ce dispositif a été au cœur de la campagne sécuritaire de Sarkozy et les faits démontrent que priorité est donnée au répressif sur l'éducatif.

Malgré une première grève à l'ouverture, les problèmes et les pressions se multiplient pour le personnel de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) : pas de locaux spécifiques pour recevoir jeunes et familles, une seule ligne téléphonique pour les appels hors département pour une trentaine de personnes, manque de coordination entre l'administration pénitentiaire et la PJJ.

Ajoutez à cela des rémunérations qui ne prennent pas en compte la pénibilité du travail en incarcération et l'incertitude sur le sort des contractuels, et le vase a débordé. La grève a été suivie très massivement à Meyzieu mais aussi dans les autres EPM de Lavaur (Tarn) et Marseille, et c'est dans une ambiance très déterminée que les personnels ont tenu un piquet de grève.

Les grévistes, las des promesses de l'administration, ont bien l'intention de se faire de nouveau entendre s'il n'y a aucune avancée notoire. Ils continueront à revendiquer par la grève les moyens nécessaires.


 

publié dans : DROITS DE L'HOMME par alain laurent-faucon
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