POLITIQUES PUBLIQUES - RGPP



Après avoir noté que 2008 serait l'année de la refondation de la fonction publique, il est peut-être bon de rappeler que tout a commencé ou presque en 2007 quand le Président de la République et le Gouvernement décident d'engager un diagnostic complet de toutes les actions de l’État. Avec : 1°) pour enjeux, de « redéfinir les périmètres des politiques publiques et de les adapter aux exigences de la société » ; et 2°) pour objectifs, de « maîtriser et de rationaliser les dépenses publiques
», tout en « améliorant la qualité des politiques publiques » - l'idée générale étant : la mise en place d'un « État efficace et économe ».

20 JUIN 2007 : le Premier ministre présente, en Conseil des ministres, la Révision Générale des Politiques Publiques (cf. communication) : « Depuis une trentaine d’années, la sphère publique a connu une croissance rapide de ses effectifs et de ses dépenses. De nombreux dispositifs et politiques se sont empilés, sans réelle cohérence, créant un paysage administratif trop complexe, générateur de coûts pas toujours justifiés ». C'est donc « pour remédier à cette situation », que François Fillon annonce le 20 juin 2007 « la révision générale des politiques publiques ».

10 JUILLET 2007 : le Premier ministre François Fillon engage la Révision Générale des Politiques Publiques en présence d’Éric Woerth, Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique et d’Éric Besson, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques (cf. dossier de presse).

7 DÉCEMBRE 2007 : le sénateur Alain Lambert remet au Premier ministre, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques,
un rapport dont l'objet est « d'imaginer un nouveau partage des compétences entre l'État et les collectivités territoriales » (cf. rapport de M. Lambert).

12
DÉCEMBRE 2007 : au Palais de l'Élysée, le Président de la République (cf. allocution du Président de la République) réunit le premier Conseil de Modernisation des Politiques Publiques pour annoncer plusieurs mesures concrètes, fixer les orientations et les prochaines étapes de la démarche.



« La réforme de l'État, je l'ai promise, je la ferai. Je la ferai parce que nos finances publiques doivent être redressées. Je la ferai parce que les impôts, taxes et cotisations de toute sorte pèsent sur le pouvoir d'achat des Français, sur la compétitivité de nos entreprises et qu'il n'est plus possible de continuer à augmenter les prélèvements. Je la ferai parce que nous avons besoin d'investir et d'investir massivement dans l'avenir. Je la ferai parce qu'investir dans l'éducation nationale et dans les universités c'est capital, investir dans le logement c'est capital, investir dans les infrastructures de transport, investir dans la recherche et dans l'innovation c'est capital. Il nous faut donc pour cela des marches de manoeuvre supplémentaires. La réforme de l'État, je la ferai parce que les Français sont en droit d'attendre que chaque euro public soit dépensé au plus juste, sans gaspillage, pour que leur soit rendu un service de qualité. »





CALENDRIER DE LA RÉVISION ET DOCUMENTS

 

 

 

 

Avec vous l'administration se modernise Direction du Budget DGAFP





20 JUIN 2007



Direction du Budget DGAFP

 



 La revue générale des politiques publiques

Le Premier ministre a présenté une communication sur la revue générale des politiques publiques, dont il a annoncé le lancement.

Les politiques publiques sont aujourd’hui soumises à un impératif de performance qui renvoie à une triple exigence d’efficacité, de qualité du service rendu et d’économie dans la gestion des finances publiques.

Ces trois exigences de l’État du XXIe siècle ont été comprises, depuis de nombreuses années, dans beaucoup de démocraties comparables à la nôtre. De grands pays ont ainsi conduit des politiques réussies de réduction des dépenses publiques, en prenant mieux en compte l’efficacité attestée de celles-ci, tout en investissant davantage dans les secteurs d’avenir tels que l’enseignement supérieur ou la recherche.

La France se doit d’entreprendre à son tour une révision générale des politiques publiques, comme l’a recommandé la commission, pluraliste, présidée par M. Michel Pébereau sur l’endettement public. En effet, comme l’a souligné cette commission dans son rapport, durant les vingt-cinq dernières années, les dispositifs et les structures publics se sont empilés, sans évaluation ni remise en cause des politiques mises en oeuvre.

Cet exercice n’épuise pas, à lui seul, le sujet de la réforme de l’État. Il en est toutefois le cadre qui donne du sens à toutes les actions de modernisation à mettre en œuvre pendant la durée du quinquennat : simplification du droit et des procédures, développement de l’administration électronique, qualité des procédures de gestion et des systèmes d’information, organisation de l’État à l’échelon local et professionnalisation de la gestion des ressources humaines. Il se distingue de toutes les expériences antérieures en la matière à plus d’un titre :

-  les réformes seront décidées par un Conseil de la modernisation des politiques publiques qui réunira autour du président de la République l’ensemble des ministres. Le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique en sera le rapporteur général ;

-  le président de la République et le Premier ministre ont demandé à tous les ministres de s’investir personnellement dans cet exercice et de mobiliser leurs services. Un travail complémentaire d’investigation et de documentation des réformes sera conduit par une équipe d’auditeurs, composée de spécialistes des secteurs public et privé, en lien avec les administrations concernées et le ministère du Budget ;

-  les objectifs sont très ambitieux. Ainsi, en matière d’effectifs, la révision devra donner un mode d’emploi pour mettre en œuvre de manière appropriée l’engagement d’embaucher un fonctionnaire pour deux partant à la retraite.

Mandatés par le président de la République et le Premier ministre, le secrétaire général de la présidence de la République et le directeur de cabinet du Premier ministre co-présideront deux fois par mois un comité de suivi de la révision générale des politiques publiques. Outre chacun des ministres pour les politiques publiques de son ressort, seront également membres de ce comité de suivi le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, le secrétaire d’État chargé de la Prospective économique et de l’Evaluation des politiques publiques, les rapporteurs généraux des commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que M. Pébereau, président du conseil d’administration de BNP Paribas et M. Parini, receveur général des finances.

Les premiers résultats de cette révision générale sont attendus pour la fin du mois de mars 2008 afin de préparer la construction des budgets suivants.

Quatre chantiers concrets seront également lancés le 20 juin, en même temps que le chantier général de révision, pour montrer l’ambition des réformes :

-  la fusion de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique ;
-  la fusion des services de renseignement ;
-  la carte judiciaire ;
-  la réduction de la charge administrative sur les entreprises et sur les collectivités locales ("l’impôt papier").

Pour relever le défi de l’efficacité et de la performance, les ministres et leurs administrations s’engageront résolument dans cet exercice qui conditionne la modernisation du service public en même temps que la maîtrise de nos finances publiques.

 




10 JUILLET 2007



Déclaration du Premier ministre




La révision générale des politique publiques



Pourquoi une révision générale des politiques publiques ?

Depuis une trentaine d’années, la sphère publique a connu une croissance rapide de ses effectifs et de ses dépenses. De nombreux dispositifs et politiques se sont empilés, sans réelle cohérence, créant un paysage administratif confus, insuffisamment efficace et coûteux. Cette situation n’est pas satisfaisante : les citoyens sont en droit d’attendre des services publics efficaces au moindre coût.


Qu’est-ce que la révision générale des politiques publiques ?

Pour remédier à cette situation, une révision générale des politiques publiques doit être conduite. Cette révision a pour ambition de remettre à plat l’ensemble des missions de l’État, sans tabou ni a priori, pour adapter les administrations aux besoins des citoyens.

La révision vise à identifier les réformes qui permettront de réduire les dépenses de l’État, tout en en améliorant l’efficacité des politiques publiques. Les économies qui pourront être dégagées grâce aux réorganisations et à la diminution des effectifs permettront de financer le renforcement de certaines politiques et les grandes priorités du gouvernement.


Comment procède-t-on ?

La révision générale des politiques publiques consiste à passer au crible les dépenses de l’État à partir d’un questionnement simple basé sur les sept questions de la grille d’analyse de la revue générale des politiques publiques :

- Que faisons-nous ?
- Quels sont les besoins et les attentes collectives ?
- Faut-il continuer à faire de la sorte ?
- Qui doit le faire ?
- Qui doit payer ?
- Comment faire mieux et moins cher ?
- Quel doit être le scénario de transformation ?

Pour répondre à ces questions, une douzaine d’équipes d’audit, composées d’auditeurs issus des inspections générales interministérielles et ministérielles et du secteur privé, seront chargées de travailler en partenariat avec les ministères pour identifier les leviers de réformes adéquats. Seront ainsi passés en revue l’ensemble de l’appareil productif de l’État mais aussi, pour la première fois, six grandes politiques d’intervention pour lesquelles l’État intervient aux côtés d’autres partenaires (famille, santé et assurance maladie, développement des entreprises, ville et logement, emploi et formation professionnelle, politiques de solidarité).

Par ailleurs, quatre chantiers interministériels, concernant la gestion des ressources humaines de l’État, les relations entre l’État et les collectivités locales, la réforme de l’administration territoriale et la simplification des procédures internes feront l’objet de travaux distincts.


Comment les réformes seront-elles décidées et mises en œuvre ?

Les propositions de réforme élaborées par les équipes d’audit seront examinées par le comité de suivi de la révision générale des politiques publiques, avant que les grandes décisions de réforme ne soient prises, puis décidées par le Conseil de la modernisation des politiques publiques, réuni autour du président de la République. Chaque ministre sera ensuite chargé de mettre en œuvre ces réformes dans son ministère.


Quel est le calendrier de la révision ?

10 juillet 2007 : démarrage des travaux des équipes d’audit, par une mobilisation des décideurs administratifs ;
de juillet à novembre 2007 : première phase des travaux des équipes d’audit, en partenariat avec les ministères ;
mi-novembre 2007 : première réunion du Conseil de la modernisation des politiques publiques : examen des scénarios de transformation des politiques publiques et premières orientations ;
de novembre 2007 à mars 2008 : poursuite des travaux des équipes d’audit ;
de janvier 2008 à 2012 : mise en œuvre des décisions ;

mai 2008 : seconde réunion du Conseil de la modernisation des politiques publiques : adoption des principales décisions de réorganisation à mettre en œuvre sur la période 2009-2011 ; puis fin du 1er semestre 2008 : présentation au Parlement d’une loi de programmation des finances publiques, avec des plafonds par mission.





7 DÉCEMBRE 2007



 Synthèse du rapport de M. Lambert :



État et collectivités, vers une nouvelle organisation ?



Dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques, le Premier Ministre a demandé au sénateur Alain Lambert d'imaginer un nouveau partage des compétences entre l'État et les collectivités territoriales. Le groupe de travail réuni autour de l'ancien ministre, incluant notamment des représentants des collectivités territoriales, a exploré de nombreuses pistes de travail avant de remettre son rapport à François Fillon le 7 décembre 2007. Compétences, réglementation, finances : les propositions du rapport Lambert vont alimenter la réflexion en cours sur le redécoupage de notre paysage administratif.



Comment clarifier les compétences ?


Le rapport Lambert met en évidence « un enchevêtrement de compétences entre chaque niveau d’administration » et constate que la « quasi-totalité des politiques publiques fait l’objet d’interventions et de financements par les collectivités locales mais aussi par l’Etat ». Conséquences directes : une inflation de la dépense publique pour cause de « doublons » et une source de complexité pour les citoyens. Pour y remédier, plusieurs pistes d’actions sont envisagées :

•    Arbitrer plus efficacement

Le rapport propose de clarifier les politiques publiques où les niveaux de  responsabilité d’enchevêtrent en regroupant les responsabilités et les compétences. Parmi les secteurs concernés : l’éducation, la formation professionnelle, l’action économique et le développement des entreprises, l’aménagement des territoires…

Un exemple ? Aujourd’hui, en matière d’éducation, les régions sont responsables des lycées tandis que les collèges sont du resort des départements. Le rapport Lambert propose de confier la responsabilité de ces deux types d’établissements au même niveau, qu’il soit départemental ou régional.  Le pilotage n’en serait que plus simple, économe et efficace.

•    Définir des « chefs de file » clairement identifiés

Actuellement, des « clauses générales de compétences » sont ouvertes à tous les niveaux d’administration. C’est le cas dans les domaines de l’action sociale et de la solidarité pour lesquels les doublons sont très nombreux, entre les échelons communaux et départementaux notamment. Le rapport Lambert propose de confier aux départements ou aux régions des compétences « spéciales », obligatoires et exclusives. Elles pourraient alors être exercées de façon coordonnée, ce qui rationaliserait les actions et les dépenses.

•    Mutualiser les services communaux et intercommunaux

Des économies d’échelles substantielles pourraient être générées en unifiant certains services tels que l’administration générale, l’ingénierie ou l’expertise juridique.

Un meilleur partage des services opérationnels et des interventions serait aussi bénéfique.

•    Renforcer « l’État territorial »

Les services déconcentrés de l’Etat pourraient être mieux identifiés et leurs missions clarifiées. Le rapport Lambert propose de renforcer leur rôle en instituant un seul responsable à l’échelon départemental comme à l’échelon régional.


Contraintes réglementaires : comment les alléger ?


L’inflation normative touche les collectivités territoriales qui doivent suporter les coûts de l’application des textes et des normes, alors qu’elles n’ont pas été associées à leur élaboration. « Excessives et parfois incohérentes », les normes techniques (eau, voirie, déchets, équipements scolaires…) et réglementaires sont, selon le rapport Lambert, une source de complexité pour les collectivités qui doivent composer avec une législation bien lourde à appliquer. Pour y remédier, plusieurs propositions sont avancées :

•    Impliquer les collectivités dans le processus de décision réglementaire

Les collectivités pourraient être consultées et associées aux processus de décision réglementaire. Une commission consultative d’évaluation des normes serait instituée pour informer les collectivités sur les nouveaux textes et sur leurs conséquences. Cette commission pourrait aussi mettre en oeuvre une révision générale des normes et proposer un tableau de bord incluant « un calendrier des délais de mise en œuvre » tout en offrant une visibilité sur « les coûts avancés ». Bénéfice : les normes ne se superposeraient plus inutilement les unes aux autres et les investissements seraient mieux répartis.

•    S’appuyer sur le code des marchés publics européen

Alors que le code national des marchés publics français apparaît « en permanente modification » il peut être source « d’insécurité juridique » tout en « générant des coûts administratifs supplémentaires », pour l’Etat comme pour les collectivités. Le rapport Lambert propose de s’appuyer sur le droit communautaire européen relatif aux marchés publics, censé offrir davantage de stabilité.


   Et les finances ? 


Une partie du rapport Lambert examine les relations financières entre l’État et les collectivités locales. Plusieurs pistes d’améliorations sont proposées, autour de 3 axes :

- Mutualiser les services et les supports pour maîtriser les coûts
- Responsabiliser les collectivités sur les aspects fiscaux afin de mieux arbitrer les dépenses
- Adopter une approche globale de la dépense publique




12 DÉCEMBRE 2007



L'État s'engage dans une réforme sans précédent




Premier Conseil de modernisation des politiques publiques réuni le 12 décembre 2007 par le Président de la République. Une étape clef de la révision générale des politiques publiques, qui analyse en profondeur les domaines d'action de l'État et dont l'objectif est d'améliorer la qualité tout en assurant un retour à l'équilibre des finances publiques d'ici la fin du quinquennat. Alors que 20 % des dépenses ont déjà été passées au peigne fin, une série de décisions concrètes a été adoptée.


 


Une démarche radicalement nouvelle

Lancée par le Premier ministre le 20 juin dernier, la révision générale des politiques publiques constitue une démarche radicalement nouvelle dans la manière d’appréhender la réforme de l’Etat. Ce chantier est fondé sur un diagnostic complet et sans précédent par son ampleur : c’est la première fois que toutes les politiques publiques sont simultanément remises à plat. L’occasion d’exprimer sans tabou les dysfonctionnements, d’identifier les idées novatrices, d’activer tous les leviers de modernisation : la simplification des démarches et du droit, l’utilisation des nouvelles technologies, la réorganisation des structures et la redéfinition des missions de l’Etat. L’objectif est triple : améliorer la qualité des services publics et favoriser leur adaptation aux exigences de la société du XXIe siècle, permettre le retour à l’équilibre des finances publiques au plus tard en 2012,  mieux valoriser le travail des fonctionnaires.


Pour un État efficace et économe

Un programme structuré autour d’orientations claires a été dressé. Il s’agit d’atteindre l’équilibre des finances publiques au plus tard en 2012, par une plus grande maîtrise de la dépense publique tout en améliorant la qualité des politiques publiques. Chaque ministre a reçu une lettre de mission comportant des objectifs à atteindre. Il s’agit de satisfaire l’objectif de diminution des effectifs de l’Etat tout en donnant la possibilité aux fonctionnaires de travailler dans des organisations rénovées, mieux adaptées aux besoins des citoyens, avec de meilleures perspectives en termes de rémunération comme de mobilité géographique et fonctionnelle.


Quatre leviers de modernisation

1 - Recentrer les politiques publiques sur leur cœur de mission

Les administrations ont perdu de vue le cœur de leurs missions lorsque des objectifs secondaires ou périphériques éloignent  la politique publique de ses objectifs prioritaires. Les réformes menées dans le cadre de la révision des politiques publiques vont permettre aux administrations de se concentrer sur leurs missions principales.

Sur le terrain, les forces de la gendarmerie et de la police sont par exemple souvent mobilisées par des activités secondaires : travail administratif, gardes statiques, transferts de détenus … Pour favoriser l’efficacité des forces de sécurité, ces tâches seront confiées à des personnels administratifs, alors que le recours à la visio-audience sera privilégié pour limiter les transferts de détenus.

Autre exemple dans la sphère juridique, le divorce par consentement mutuel ne fera plus l’objet d’un recours au juge mais sera examiné devant le notaire, ce qui permettra de désengorger les tribunaux de grande instance (plus de 10% de leur activité est consacrée à cette unique procédure).

2 - Simplifier et moderniser les procédures

La simplification administrative passe par la mise en œuvre d’un plan de simplification de grande ampleur, pour les 1 000 procédures les plus lourdes ou jugées les plus irritantes avec un objectif de réduction des charges de 25% des formalités pesant sur les entreprises (voir le dossier sur la mesure et réduction de la charge administrative)

Les administrations doivent également repenser leurs pratiques pour améliorer leurs relations avec les citoyens, s’adapter à leurs nouveaux rythmes de vie et à leurs exigences.

Le premier conseil de modernisation des politiques publiques réaffirme l’exigence de qualité de l’accueil en annonçant l’application systématique des 18 engagements de service et de suivi de l’accueil à toutes les administrations d’Etat (référentiel Marianne), ainsi que l’élargissement des horaires d’ouverture pour l’accueil physique et téléphonique, notamment pour le service de renseignement administratif 3939 (voir le dossier sur la qualité de l’accueil dans les services publics).

Les nouvelles technologies constituent également un levier efficace. Leur utilisation permettra notamment  l’automatisation du contrôle aux frontières pour les ressortissants de l’Union européenne ou la simplification des démarches lors de la première demande d’un visa de long séjour pour les ressortissants étrangers.

3 - Réorganiser les services de l’État

Depuis 1982, plusieurs démarches ont été initiées pour que la gestion de l’Etat soit moins centralisée, pour réorganiser les administrations de terrain. Force est de constater que ces évolutions se sont heurtées à l’habitude d’une administration d’Etat excessivement centralisée à Paris.

Le conseil de modernisation des politiques publiques engage une nouvelle organisation pour remédier à l’éparpillement des moyens de l’Etat, offrir aux collectivités locales des interlocuteurs clairement identifiés et mieux organisés.

Le niveau régional connaîtra une forte évolution, dans le sens d’un rassemblement des services de l’Etat autour du préfet (passage de plus de 30 directions régionales et délégation à moins de 10).  Ces derniers disposeront d’une plus grande marge de manœuvre dans la gestion de l’Etat au niveau local. Au niveau départemental, les missions seront réorganisées non pas en fonction des périmètres des ministères mais en fonction des besoins dans la mise en œuvre des politiques publiques. (voir aussi l’article sur le rapport Lambert)

Les administrations centrales seront réduites et concentrées sur leur rôle : concevoir les politiques publiques et contrôler leur exécution.

C’est le cas notamment au ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables. Les grands objectifs de ce ministère ayant été clarifiés en particulier par le Grenelle de l’Environnement, sa réorganisation peut se faire dans les meilleures conditions : le nombre de ses directions, au nombre de 35 actuellement, sera réduit à 5 directions métiers et à un secrétariat général. Cette nouvelle organisation permettra notamment l’émergence d’une grande direction consacrée au climat et à l’énergie, ainsi que d’une autre direction traitant des politiques de transport.

Les réformes des ministères de la culture, de l’écologie et de l’agriculture illustrent également cette démarche d’allégement.

4 - Moderniser la gestion dans l’administration

Les procédures de l’Etat sont encore trop marquées par une culture procédurale, préjudiciable à l’efficacité de la gestion. La remise à plat des politiques publiques tend à la mise en place d’un Etat mieux géré qui utilise mieux ses ressources.

En ce qui concerne la politique d’achat de l’Etat, la mise en place d’une agence centrale des achats permettra de mettre en œuvre une politique globale et mutualisée, et de réaliser des économies importantes, estimées à 1,5 milliard d’euros.

Il en va de même en matière de paye.  Dix mille fonctionnaires sont actuellement chargés d’assurer la paye de l’ensemble des agents publics de l’Etat. Des gains de productivité et de qualité sur cette fonction peuvent être atteints par la mise en place d’un opérateur national de paye.



RAPPEL

Les premiers ministères concernés par la révision des politiques publiques :

•    Ecologie, développement et aménagement durable ;
•    Intérieur ;
•    Immigration, intégration, identité nationale et co-développement ;
•    Justice ;
•    Culture et communication ;
•    Agriculture et pêche.



EN SAVOIR PLUS

 

Ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique :
http://www.fonction-publique.gouv.fr/

La direction du bugjet :
http://www.performance-publique.gouv.fr/

La direction générale de la modernisation de l'État :
http://www.modernisation.gouv.fr/



LIENS UTILES



- Par alain laurent-faucon
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L’objectif du séminaire gouvernemental réuni à Matignon le lundi 31 mars 2008 fut d'examiner les conditions du retour à l’équilibre des finances publiques en 2012, alors que la RGPP (Révision générale des politiques publiques) entrera, vendredi 4 avril 2008, dans sa phase décisive, avec la réunion du second Conseil de modernisation des politiques publiques, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

La mise en oeuvre de la RGPP permettra de dégager des économies substantielles dans de nombreux secteurs de la dépense publique. A l’issue du séminaire, François Fillon a exprimé le souhait de concentrer les efforts du gouvernement, « sur les textes qui permettent d’obtenir de la croissance et surtout une amélioration significative du marché de l’emploi ». « Nous pensons que c’est le plein emploi qui est la solution à tous les problèmes de notre pays », a notamment déclaré le Premier ministre.


 



SITE DU PREMIER MINISTRE


http://www.premier-ministre.gouv.fr

 



Finances publiques


31 mars 2008

 


Équilibre des finances publiques en 2012 :

François Fillon maintient le cap



L’objectif du séminaire gouvernemental réuni à Matignon était d’examiner les conditions du retour à l’équilibre des finances publiques en 2012, ainsi que les mesures à prendre pour atteindre l’objectif de déficit à 2,5 % en 2008. Il a aussi permis de prendre en compte les mesures préparées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP).



« La France ne doit pas être inhibée et doit continuer à faire des réformes », a insisté François Fillon sur TF1, dimanche 30 mars. Il a notamment confirmé que le revenu de solidarité active (RSA) sera bien généralisé. Dans une déclaration à l’issue du séminaire, le Premier ministre a exprimé le souhait de concentrer tous les efforts du Gouvernement, « en particulier pour la session parlementaire de printemps, sur les textes qui permettent d’obtenir de la croissance et surtout d’obtenir une amélioration significative du marché de l’emploi ». « Nous pensons que c’est le plein emploi qui est la solution à tous les problèmes de notre pays », a déclaré le Premier ministre (voir la déclaration ci-après). Le plein emploi doit permettre de réduire la pauvreté, de résoudre en partie la question de l’emploi des seniors et d’exercer une saine pression sur l’augmentation des salaires.

En 2007, les objectifs en matière de dette publique et de taux de prélèvements obligatoires ont été atteints, mais le déficit public s’établit à 2,7 % du PIB (voir le communiqué de presse du 28 mars ci-après). La dette publique à la fin de l’année 2007 s’établit à 64,2 % du PIB, soit exactement l’objectif du Gouvernement. Les prélèvements obligatoires ont baissé de 43,9 points de PIB en 2006 à 43,5 points de PIB en 2007, soit significativement mieux que l’objectif du Gouvernement.

Le Gouvernement est résolu à réduire le déficit public en 2008 à 2,5 points de PIB, explique le communiqué de Bercy. Ce déficit serait légèrement supérieur à l’objectif de 2,3 points de PIB retenu dans le programme de stabilité, en raison d’une croissance un peu moins élevée que prévu. En effet, la France va réviser en légère baisse ses prévisions de croissance pour 2008 (voir information ci-après), compte tenu de la crise financière mondiale, mais elle bénéficie d’une bonne tenue de la consommation et d’une poursuite de la baisse du chômage (voir document ci-après).

Il ne remet cependant pas en cause la stratégie d’assainissement structurel des finances publiques. « Cette stratégie, poursuit le communiqué, sera naturellement au cœur des décisions des prochains conseils de modernisation des politiques publiques dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques [1] qui se tiendra vendredi 4 avril prochain, et de la préparation du budget pluriannuel pour 2009-2011. »



NOTE

 

[1] Cf. dossier POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [1] établi par mes soins à partir de documents fournis par le gouvernement et les différents ministères.

 




Séminaire gouvernemental


31 mars 2008



déclaration du Premier ministre

 


Mesdames et Messieurs,

Nous avons avec l’ensemble des membres du Gouvernement examiné les conditions du retour à l’équilibre des finances publiques en 2012 et donc les mesures à prendre pour permettre en 2008 une tenue ferme des dépenses pour atteindre l’objectif de déficit à 2,5 % que nous nous sommes fixés et dans la préparation du budget 2009, l’intégration de mesures d’économie liées à la réforme de l’État que nous sommes en train avec le Président de la République de préparer et qui vont faire l’objet d’un comité sous sa présidence à la fin de cette semaine.

Et puis nous avons examiné le programme de réformes économiques et sociales avec un objectif qui est de concentrer tous nos efforts et en particulier pour la session parlementaire de printemps sur les textes qui permettent d’obtenir de la croissance et surtout d’obtenir une amélioration significative du marché de l’emploi.

Nous pensons que c’est le plein emploi qui est la solution à tous les problèmes de notre pays. Avec le plein emploi on réduit la pauvreté et on atteint nos objectifs de réduction de la pauvreté. Avec le plein emploi on a un marché du travail qui est un marché plus compétitif et donc une pression pour l’augmentation des salaires qui est naturelle et qui est saine. Avec le plein emploi on résout en grande partie la question de l’emploi des seniors. Quand on a du mal à trouver des salariés parce qu’on est en situation de plein emploi, on garde les salariés âgés que l’on a dans son entreprise.

La question de la lutte pour la réduction du chômage, la question de la lutte pour obtenir le plein emploi vont être au cœur de toutes les réformes du Gouvernement durant ce printemps.




Communiqué de presse du 28 mars 2008

 


portail du ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique

http://www.budget.gouv.fr/

 



2007 : les objectifs en matière de dette publique et de taux de prélèvements obligatoires ont été atteints, mais le déficit public s'établit à 2,7% du PIB



Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique et Christine Lagarde, ministre l’Économie, de l’industrie et de l’emploi prennent acte de la publication par l’Insee des comptes 2007 des administrations publiques (État, collectivités locales et sécurité sociale). Le déficit public s’est élevé à 2,7 points de PIB, et est donc supérieur à l’objectif de 2,4 points de PIB prévu.

Cet écart s’explique notamment par :



une dégradation inattendue de l’ordre de 0,2 point de PIB du besoin de financement des collectivités locales, due à un fort accroissement de leurs dépenses ;

des retraitements comptables sur les recettes pour environ 0,1 point de PIB, concernant en particulier la Coface. Cette société gère les garanties publiques destinées à soutenir les exportations françaises. Elle verse annuellement des recettes à l’État au titre de cette activité. Plus de la moitié de ses versements 2007 n’ont pas été pris en compte en comptabilité nationale, suite à une modification du traitement opéré par l’Insee.



Par ailleurs, deux effets de moindre ampleur se compensent :



- une amélioration du déficit du régime général de sécurité sociale, due essentiellement à des rentrées de CSG et de cotisations supérieures aux prévisions ;

- des moins-values fiscales – notamment sur l’impôt sur le revenu – dues à certains crédits d’impôts, dont la prime pour l’emploi, et aux effets de la conjoncture moins porteuse de fin d’année.



La dette publique à la fin de l’année 2007 s’établit à 64,2 % du PIB, soit exactement l’objectif du gouvernement.

Les prélèvements obligatoires ont baissé de 43,9 points de PIB en 2006 à 43,5 points de PIB en 2007, soit significativement mieux que l’objectif du gouvernement.

Le gouvernement est résolu à réduire le déficit public en 2008, pour le ramener à 2,5 points de PIB. Ce déficit serait certes légèrement supérieur à l’objectif de 2,3 points de PIB retenu dans notre programme de stabilité, en raison de l’impact conjoncturel sur les recettes d’une croissance un peu moins élevée que prévu. Il ne remet cependant pas en cause la stratégie d’assainissement structurel de nos finances publiques, fondée sur la poursuite des réformes porteuses de croissance et une maîtrise sans faille de l’évolution des dépenses publiques. Cette stratégie sera naturellement au cœur des décisions des prochains conseils de modernisation des politiques publiques dans le cadre de la RGPP, et de la préparation du budget pluriannuel pour 2009-2011.

© Ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, 28/03/2008




Croissance

 


La France devrait réviser en légère baisse ses prévisions

de croissance pour 2008



La France résiste mieux que ses voisins européens, mais elle va réviser en légère baisse ses prévisions de croissance pour 2008, compte tenu de la crise financière mondiale, a annoncé le 20 mars 2008 Christine Lagarde.



« Nous faisons retourner l’ensemble de nos modèles économiques sur la base d’éléments chiffrés un peu différents », a déclaré le 20 mars Christine Lagarde sur Europe 1, en rappelant que le budget 2008 avait été construit sur la base d’un euro à 1,35 dollar et un baril de pétrole à 75 dollars. « A la mi-avril, on republiera des prévisionnels de croissance et je pense qu’on aura une légère baisse », a-t-elle ajouté. Jusqu’à présent, la prévision était une fourchette de 2 à 2,5 %.

Mais la révision sera limitée, d’ampleur moindre que celle opérée par le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Car, si le choc est plus marqué que prévu, l’économie française apparaît « plutôt plus solide et plus résistante » que ses voisines européennes. C’est aussi le message de l’Insee, qui a publié le 21 mars sa note de conjoncture du printemps.


Fléchissement de l'activité mondiale


L’institut prévoit une croissance de 0,4 % au premier trimestre 2008, et la croissance acquise à la fin du premier semestre serait de 1,4 %. Pour l’Insee, le fait majeur qui explique le ralentissement français est le fléchissement de l’activité mondiale. Le niveau de l’euro par rapport au dollar fait peser, insiste l’Institut, une contrainte supplémentaire sur le commerce extérieur.

Premier moteur de la croissance française, la consommation ne devrait pas faillir en 2008. Selon les statistiques de l’Institut publiées le 21 mars, la consommation des ménages en produits manufacturés a significativement augmenté au mois de février (+1,2 %). Christine Lagarde s’est réjouie dans un communiqué de « cette bonne orientation de la consommation en février, qui confirme que les fondamentaux de notre économie restent sains ».


Bonne tenue de la consommation


Pour Eric Dubois, chef du département de la conjoncture de l’Insee, « non seulement l’économie française ne s’effondre pas, mais elle résiste plutôt bien ».

L’institut anticipe des dépenses de consommation des ménages en hausse de 0,5 % au premier trimestre, et de 0,4 % au deuxième, soit quelque 2 % en rythme annuel, très proche de la bonne progression enregistrée en 2007.

Plusieurs facteurs sont susceptibles de soutenir la demande :



  Toujours dynamique, le marché du travail devrait créer 100 000 emplois au premier trimestre.

  Le paquet fiscal de juillet 2007 (loi Tepa) aura un impact positif, notamment au travers des heures supplémentaires. Les derniers chiffres publiés par l’Acoss traduisent la montée en charge du dispositif des heures supplémentaires au mois de janvier 2008. Les données relatives aux entreprises de plus de dix salariés indiquent que 54 % d’entre elles y ont désormais recours. La défiscalisation de ces heures a permis d’augmenter le salaire horaire net moyen en France de 0,6 %, et de 1,4 % dans les entreprises de moins de vingt salariés.

  Le déblocage de la participation et les donations en franchise d’impôt devraient également jouer.

  Le Gouvernement a pris de nombreuses mesures pour faire face aux menaces d’atonie du pouvoir d’achat (voir le dossier d’actualité).

  Il poursuit activement la réforme de la loi Galland, pour favoriser des baisses de prix dans la grande distribution, et s’apprête à présenter au printemps sa loi de modernisation de l’économie. François Fillon a réuni tous les ministres concernés par cette loi, le 20 mars, à Matignon.

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Les chiffres de l’emploi


28 mars 2008


Poursuite de la baisse du chômage


repli de 0,7 % en février 2008


Le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois inscrits en catégorie 1 a baissé de 13 700 en février. Sur l’ensemble des catégories* 1, 2 et 3 hors activité réduite, ce nombre a diminué de 23 400.


Cette baisse fait repasser le nombre de chômeurs sous la barre de 1,9 million. Toutes les catégories en profitent, y compris les seniors (-0,9 %) et les jeunes (-0,1 %).

Christine Lagarde souligne dans un communiqué que les chômeurs de longue durée sont, eux aussi, moins nombreux (-1 % en février, après une baisse de 1,2 % en janvier).

Leur situation tranche avec celle des années précédentes : l’amélioration de l’emploi amorcée en 2006 profitait essentiellement aux personnes les plus "employables". Ce n’est plus le cas aujourd’hui : la France s’attaque au noyau dur du chômage, à savoir les personnes inscrites à l’ANPE depuis plus de un an.

 

Dans une interview au journal "Les Échos", Laurent Wauquiez observe que ces chiffres "effacent" la hausse du chômage en janvier (+0,7 %). Néanmoins, ajoute le secrétaire d’Etat "Si nous voulons passer sous la barre des 7,5 % de chômeurs, nous ne pouvons plus nous contenter d’une gestion conjoncturelle du chômage. Pour franchir le mur de verre, il faut que nous réalisions les grandes réformes structurelles voulues par le président de la République." C’est tout l’objet du projet de loi de modernisation du marché du travail présenté le 26 mars par Xavier Bertrand en Conseil des ministres.

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NOTES

*Personnes sans emploi immédiatement disponibles, à la recherche :

  pour les catégories 1 : d’un emploi à durée indéterminée à temps plein ;

  pour les catégories 2 : d’un emploi à durée indéterminée à temps partiel ;

  pour les catégories 3 : d’un emploi à durée déterminée, temporaire ou saisonnier.





RAPPEL HISTORIQUE

 



Finances publiques


10 juillet 2007



La maîtrise des comptes publics



L’objectif du Gouvernement est d’amener la situation budgétaire à l’équilibre en 2012 et la dette publique au-dessous de 60 % du PIB.


Dans le prolongement de la réforme budgétaire instaurée par la Lolf (Loi organique relative aux lois de finances), en vigueur depuis 2006, la mise en place d’un budget pluriannuel à partir de 2009 avait été annoncée en 2007 par le président de la République. Le premier budget pluriannuel, qui définira pour une période de trois ans (2009-2011) l’ensemble des missions du Gouvernement et des crédits correspondants, sera présenté à la fin du printemps 2008.

Dès la loi de finances pour 2008, les dépenses de l’État ont été strictement reconduites en volume. Le Gouvernement a engagé, à l’été 2007, une révision générale des politiques publiques. Elle s’appuiera sur les audits de modernisation de l’État lancés en 2005. Mais cette nouvelle réforme de l’État est à la fois plus globale et plus opérationnelle. Elle se fera sur la base d’un objectif d’économies et de gains de productivité dans la dépense publique.

Par ailleurs, pour la première fois, un grand ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique est responsable de l’ensemble des finances publiques. Ainsi, il prépare les règles relatives aux finances locales et il est responsable de l’équilibre général des comptes sociaux.

En 2007, les objectifs en matière de dette publique et de taux de prélèvements obligatoires ont été atteints, mais le déficit public s’est établi à 2,7 % du PIB. Le Gouvernement est résolu à réduire le déficit public en 2008 à 2,5 points de PIB. Un déficit qui serait légèrement supérieur à l’objectif de 2,3 points de PIB retenu dans le programme de stabilité. En effet, en raison du fléchissement de l’activité mondiale au premier semestre 2008, le Gouvernement s’apprête à annoncer une légère baisse de sa prévision de croissance . Cinq jours avant la réunion de second Conseil de modernisation des politiques publiques, le Premier ministre a donc réuni tous les ministres à Matignon pour examiner les conditions à réunir pour atteindre ce nouvel objectif de déficit public.



 


POLITIQUES PUBLIQUES


RGPP

 



La Révision générale des politiques publiques


19 mars 2008



François Fillon renforce le pilotage

de la révision des politiques publiques



Mise en place d’une équipe d’appui et d’un tableau de bord interministériels, comités de pilotage au sein de chaque ministère, nouveau rôle pour Eric Woerth... François Fillon renforce le pilotage des réformes engagées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.


Dans une lettre adressée à tous les membres du Gouvernement, François Fillon a chargé le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth, de piloter au niveau interministériel la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

Le Conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP), réuni pour la première fois le 12 décembre 2007 par le président de la République, avait dressé une première liste de 97 réformes qui couvrent l’action de tous les ministères, rappelle François Fillon.

La démarche dans son ensemble vise un « retour à l’équilibre des finances publiques au plus tard en 2012 et une diminution par deux du rythme de progression des dépenses publiques », qui passe notamment par le non-remplacement à partir de 2009 d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Dans sa missive, François Fillon demande à ses ministres « d’expliquer » à leur administration le sens des réformes, de veiller à ce que leurs services « soient en situation de les mettre en oeuvre » et de « vérifier que les résultats attendus soient bien atteints ».

Chaque membre du Gouvernement devra présenter au comité de suivi de la RGPP l’avancement de la mise en oeuvre des réformes. Un tableau de bord devra être alimenté mensuellement par les ministres et une équipe d’appui interministérielle assurera la synthèse du suivi des réformes.

Chaque ministère devra également se doter d’un comité de pilotage RGPP qui devra se réunir au moins toutes les six semaines. La RGPP prévoit un audit du budget de l’État qui devrait devenir pluriannuel à partir de 2009. En décembre, 20 % du budget avaient été examinés par les services du ministère d’Eric Woerth. Le prochain conseil de modernisation doit avoir lieu en avril.



- Par alain laurent-faucon
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« La révision générale des politiques publiques, est-il écrit dans le rapport d'Éric Woerth, constitue une démarche de modernisation inégalée de nos administrations publiques. Annoncée par le président de la République lors de sa campagne, lancée dès le 20 juin 2007, elle vise à changer en profondeur l'organisation administrative française et le contenu de l'action publique, avec la volonté de répondre à une triple exigence :



- disposer d'une organisation administrative et d'outils d'action des acteurs publics plus simples et plus efficaces ;

- valoriser le travail des fonctionnaires ;

- diminuer le niveau de nos dépenses publiques, le plus élevé de la zone euro et le second plus élevé des pays développés. » 



Rappelons que le premier Conseil de modernisation s'était tenu le 12 décembre 2007, et avait donné lieu à une centaine de décisions qui sont en cours de mise en oeuvre dans les ministères concernés. Cf. dossier POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [1]

 



RAPPEL IMPORTANT



Michel Bouvier, professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, interrogé par le Monde - supplément économique, édition du 19 mars 2008, article intitulé "Chaque économie budgétaire doit améliorer le service public" et propos recueillis par Antoine Reverchon -, rappelle ces points essentiels concernant la RGPP, lancée par le premier ministre le 10 juillet 2007 :

« La RGPP est le point d'orgue d'une réforme de l'État qui a commencé avec la décentralisation et s'est poursuivie avec la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001, qui ont fait toutes deux l'unanimité politique. Il s'agit plus d'une réforme du fonctionnement de l'État, qui a entre autres des conséquences financières, que d'une réforme financière. Elle a un impact direct sur la vie des fonctionnaires - dont les services fusionnent, disparaissent, sont redéployés [1] - et sur celle des usagers.

« Si la RGPP n'apparaît que comme une "chasse au gaspi" et qu'elle n'est pas menée dans un objectif d'amélioration du service public, alors elle n'aura pas de sens aux yeux des agents et de l'opinion, et elle finira dans la paralysie comme de précédentes tentatives, sans avoir d'effets bénéfiques pour les finances publiques. Mais on peut néanmoins avoir des motifs d'espérer quand on voit que la fusion entre les directions de la comptabilité publique et des impôts, longtemps un casus belli pour les syndicats, a eu lieu sans problème au printemps 2007, avant même le début de la RGPP.

« La réforme de l'État est fondée sur la responsabilisation et la performance des acteurs. Il faut du temps pour que ceux-ci se l'approprient. Mais il ne faut pas que ce temps soit une excuse pour ne rien faire. Il est donc nécessaire de démarrer au plus tôt le processus d'appropriation, qui passe par l'information et la formation. Je crains que cette dimension ne soit pas assez prise en compte dans la façon dont la RGPP est actuellement menée.



RGPP – PHASE DEUXIÈME



Dans son article mis en ligne le 4 avril 2008 à 12h39, la journaliste du Monde, Claire Guélaud, note que « le deuxième conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP), qui s'est réuni, vendredi 4 avril, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a abouti à l'adoption de 166 mesures destinées à rationaliser les services de l'État, à renforcer leur efficacité et celle des politiques publiques. »

« Cet arsenal de dispositifs, poursuit-elle, va de la réforme annoncée de la politique du logement à la réorganisation territoriale de l'État. S'y ajoutent les 96 mesures adoptées le 12 décembre 2007. Comme l'annonçait Le Monde daté du 3 avril, l'Élysée en attend plus de 7 milliards d'économies "brutes". Une fois restituée aux agents de l'État la part qui leur revient (primes, hausses de traitement, pour intéresser les fonctionnaires à la réforme), l'économie nette se situerait entre 5 et 6 milliards d'euros. »

« Les économies attendues de ces mesures se feront sur trois ans – 2009, 2010 et 2011 – et proviendront pour moitié du non-remplacement d'un fonctionnaire de l'État sur deux partant à la retraite. Au total, 105 000 emplois seront supprimés. La réduction des effectifs s'imposera à tous, sans que la règle du un sur deux s'applique nécessairement partout, précisait, jeudi 3 avril, l'Élysée. Le nombre des suppressions de postes à l'éducation nationale, qui emploie près de la moitié des agents de l'État, n'est pas encore arrêté. »

Enfin, explique la journaliste Claire Guélaud, « la seconde moitié des économies proviendra pour l'essentiel de la révision des grandes politiques d'intervention économiques et sociales, qui mobilisent 464 milliards d'euros par an. Logement, emploi, formation professionnelle, santé, etc. : toutes seront passées au crible et, le cas échéant, rabotées. »



NOTE :

[1] Parmi les mesures retenues, signalons par exemple, le passage du ministère de la culture de dix à cinq directions, le regroupement des juridictions de première instance en neuf grandes unités régionales, la réduction du nombre de directions du ministère de l'environnement de 35 à 6, la fusion des directions régionales de l'équipement, de l'industrie et de l'environnement, ou encore des directions départementales de l'équipement et de l'agriculture.




DOSSIER DE PRESSE




La révision des politiques publiques

le rapport d'Éric Woerth

 


LE MONDE | 04.04.08 | 13h22  •  Mis à jour le 04.04.08 | 13h30

[...]

Ce deuxième Conseil de modernisation prolonge l'ambition de réforme du premier, à travers une nouvelle série de décisions. Ces réformes, auxquelles s'ajouteront celles du prochain Conseil de modernisation, permettront d'atteindre l'objectif de non remplacement d'un départ à la retraite sur deux entre 2009 et 2011, en améliorant dans le même temps la qualité du service public. Elles représentent environ 7 milliards d'euros d'économies à l'horizon 2011, dont une partie sera redistribuée aux fonctionnaires, conformément à l'engagement du pésident de la République de redistribuer la moitié des économies liées à la réduction des effectifs.

Près de quatre mois après le premier Conseil de modernisation, cette nouvelle étape est également l'occasion de faire un état d'avancement des mesures décidées le 12 décembre dernier. Cette transparence sur la mise en oeuvre est en effet un élément fondamental : la démarche de changement, pour être réelle, implique en effet d'accorder autant d'attention à la préparation des décisions qu'à leur application.

Le troisième Conseil de modernisation aura lieu en mai prochain. Il permettra de compléter à nouveau cet exercice d'identification des réformes et de renforcer le socle de construction du budget pluriannuel 2009-2011, afin de garantir une plus grande visibilité des ministères sur leurs moyens et une meilleure maîtrise de la dépense publique.



Un mouvement profond

de réforme des administrations



Les réformes décidées lors ce deuxième Conseil de modernisation illustrent l'amplification et l'accélération de la dynamique de réorganisation de l'appareil productif de l'État. De nouveaux ministères ont désormais été examinés et des réformes importantes ont été décidées, avec la même volonté que celle exprimée lors du premier Conseil de simplifier l'organisation de l'État et de renforcer considérablement l'efficacité de son action. Les axes de réforme sont les suivants.

Un État concentré sur ses priorités

Un État dispersé ne peut répondre aux attentes des Français. La qualité des services publics, la gestion maîtrisée des finances publiques, l'efficacité des politiques publiques, ces trois objectifs nécessitent au contraire de recentrer l'action de l'État sur ses priorités.

Plusieurs exemples illustrent cette volonté : - le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire rééquilibrera ses activités au profit du développement durable. Ses priorités pour l'avenir ont clairement été affirmées lors du Grenelle de l'Environnement. Pour qu'elles puissent être satisfaites, le ministère abandonnera l'activité d'ingénierie publique concurrentielle, favorisant ainsi le développement d'une offre privée ; - assurer la sécurité de nos concitoyens implique de concentrer l'action des effectifs de la police et de la gendarmerie sur leur coeur de métier, la sécurité et la lutte contre toutes les formes de violence, en réduisant fortement leur participation à des tâches administratives ou à des missions périphériques ou à faible valeur ajoutée en terme de sécurité, par exemple les gardes statiques ; - dans tous les ministères, les réformes identifiées permettent de mutualiser certaines tâches de support (le back office) et de développer l'externalisation sur des fonctions qui ne sont pas au coeur du métier de l'État.

Un État plus simple

Les décisions du présent Conseil emportent la suppression d'une trentaine de structures d'administration centrale ou d'organismes divers, en rapprochant notamment toutes celles dont les missions sont proches ou complémentaires. À titre d'exemple, la direction de la vie associative et la direction de la jeunesse et de l'éducation populaire du ministère de la Jeunesse et des Sports seront fusionnées, tout comme le sera le service statistique du ministère de l'Industrie avec ceux de l'Insee ou les directions de la formation et celle de l'administration de la police nationale.

Cette simplification de l'organisation de l'État sera également recherchée au niveau local. La structure de l'État au niveau régional sera profondément modernisée en rassemblant les structures de l'État en huit directions dont le périmètre sera plus large et plus lisible pour les citoyens et les partenaires de l'État. Les services d'établissements publics seront intégrés dans ces directions afin de renforcer la cohérence de l'action de l'État. Au niveau départemental, dans le respect de l'appartenance des fonctionnaires à leur ministère de rattachement, des directions, en très petit nombre, organisées par politique publique et non Préambule Page 3 sur 7 Rapport plus par logique administrative, seront mises en place. Elles mutualiseront largement leurs moyens de fonctionnement.

Un État adapté à son temps

L'utilisation des nouvelles technologies est l'une des clés de l'amélioration de la qualité de service des usagers tout en faisant faire des économies à l'État. La dématérialisation permettra, par exemple, d'améliorer les délais de passage du permis de conduire ou encore de simplifier la vie des créateurs ou repreneurs d'entreprises. L'accroissement de la dématérialisation du paiement des impôts réduira le temps consacré par les Français et les entreprises à ces formalités et constituera un support important des gains de productivité des services de l'État. Cette modernisation doit conduire d'une manière générale à tirer toutes les conséquences de l'évolution des moyens de communication, en réduisant la place du papier dans la vie des usagers.

Un État qui n'hésite pas à changer de modèle d'organisation

La fusion de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique, ou encore la mise sous la même autorité des deux forces de sécurité constituent des révolutions administratives. Souvent envisagées, mais jamais réalisées jusqu'à présent, elles sont désormais en cours de mise en oeuvre dans des conditions très satisfaisantes : - la direction générale des finances publiques a été officiellement créée le 4 avril 2008, sur la base d'une fusion totale des deux directions, et avec la volonté de mettre en commun tout ce qui peut l'être et de recentrer l'administration centrale sur des missions de stratégie et de pilotage. 10 % des bureaux seront supprimés en administration centrale et les deux réseaux seront totalement unifiés à compter du 1er janvier 2009.

À la même date, le guichet fiscal unique, qui constituera une simplification considérable de la vie des Français, sera progressivement déployé sur l'ensemble du territoire ; - la mise sous autorité commune des forces de police et de gendarmerie se traduira par une mutualisation de leurs moyens, dans le respect du statut et de l'unité de chacune des deux forces. Deux exemples le démontrent : en matière de gestion des ressources humaines, la gestion administrative et la fonction de paye des personnels de la police seront intégrées ; en matière d'immobilier, l'ensemble de la fonction immobilière de sécurité sera intégrée et professionnalisée au sein du ministère de l'Intérieur.

Plusieurs autres ministères franchissent, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, une étape essentielle : - les armées vont voir l'organisation de leurs fonctions de soutien (près de 60 % de l'effectif) profondément transformée, par une mutualisation de moyens (notamment interarmées), qui permettra de mettre fin à l'émiettement excessif des responsabilités. De véritables " bases de défense " unifiant les fonctions supports seront constituées. Ces réformes seront complétées en fonction des conclusions du livre blanc sur la défense portant sur les priorités stratégiques et opérationnelles de nos armées ; - à l'étranger, l'action de l'État va être unifiée entre les différents services, sous l'autorité de l'ambassadeur, et mieux proportionnée aux enjeux diplomatiques, consulaires, économiques ou culturels.

L'équilibre du réseau sera également modifié pour que la répartition des moyens corresponde aux enjeux du XXIe siècle. Ainsi une trentaine d'ambassades seront transformées en postes de présence diplomatique, à format réduit et simplifié ; la création d'agences régionales de santé, permettant, dans le respect des compétences de l'Assurance maladie, d'avoir une gestion cohérente de l'organisation du système de santé, constitue une évolution profonde, destinée à renforcer l'efficacité de notre système de soins. C'est grâce à cette organisation nouvelle que les priorités sanitaires pourront être encore mieux satisfaites qu'aujourd'hui et que des transformations indispensables pourront se développer, comme celles de certains hôpitaux en centres de long séjour ou en établissements médico-sociaux.

Une volonté de rationalisation qui concerne l'ensemble des acteurs publics

La démarche engagée porte sur l'ensemble des acteurs publics, y compris les établissements publics. Tous les ministères sont ainsi engagés dans une démarche de modernisation. D'autres acteurs publics, qui concourent à la dépense publique, comme les chambres consulaires, doivent également entrer dans cette logique, en simplifiant leurs procédures et leur organisation, de telle sorte que leur coût pour les entreprises soit réduit et que la qualité de service qu'ils rendent soit accrue.

L'ensemble des réorganisations de ce deuxième Conseil de modernisation doit permettre à l'État de gagner en efficience et de veiller à ce que chaque fonctionnaire réalise le travail le plus utile pour la collectivité et le plus valorisant, dans le respect des valeurs du service public.

C'est grâce à ces réformes que l'objectif de réduction des effectifs de fonctionnaires de l'État annoncé par le président de la République lors de sa campagne sera tenu non seulement en préservant la qualité de service, mais en l'améliorant. Ces réformes supposent des réorganisations profondes qui seront conduites dans la concertation et dans la durée. Elles seront rendues possibles par l'adoption d'outils favorisant la mobilité des fonctionnaires qui seront prochainement proposés au Parlement.



Des politiques publiques

qui se concentrent sur les besoins des Français



Pour atteindre nos objectifs de réformes structurelles et de redressement des finances publiques, l'exercice de révision concerne l'ensemble du périmètre des politiques publiques, sans tabou ni a priori.

C'est pourquoi ce deuxième Conseil de modernisation définit également des réformes relatives à de grandes politiques publiques, pour lesquelles le Conseil du 12 décembre 2007 avait fixé des orientations politiques claires : l'emploi et la formation professionnelle, le développement des entreprises et le logement. Ces réformes, qui s'inscrivent en parfaite cohérence avec les priorités du président de la République et du gouvernement sur ces champs, seront préparées avec les parlementaires et présentées au Parlement dans les prochains mois.

Une politique du logement qui concentre ses moyens sur l'urgence des besoins

Dans son discours de Vandoeuvre, le président de la République a tracé les grandes lignes de la politique du logement que le gouvernement entend mener.

La construction de logements doit s'effectuer là où les besoins sont les plus forts.

C'est pourquoi les outils de programmation en matière d'urbanisme seront revus et les aides à l'investissement locatif recentrées sur les besoins. Comme annoncé le 12 décembre dernier, l'État contribuera fortement à l'amélioration de l'offre en fournissant des terrains constructibles actuellement détenus par la puissance publique.

La gestion du parc de logements sociaux doit tenir compte de la mise en oeuvre du droit au logement. Les seuils d'accès au logement social (qui couvrent près de 70 % des ménages contre moins de 60 % il y a dix ans) ont progressé mécaniquement via le passage aux 35 heures. Ils seront ramenés à leur niveau initial. L'effort considérable effectué par le gouvernement en matière d'accession à la propriété est centré sur les classes moyennes et doit les aider à acquérir leur logement. Dans les zones tendues, la solution repose davantage sur la mobilisation du foncier que sur l'extension indéfinie de l'accès au parc social. Par ailleurs, de nouvelles ressources permettront de soutenir la construction de logements sociaux : une politique de surloyers plus active sera mise en oeuvre ; un accroissement des ventes de logements sociaux et une mutualisation des ressources financières du parc HLM permettront à ces organismes de disposer des ressources nécessaires pour accroître leur effort de production en veillant à ce que celle-ci intervienne dans les zones tendues.

Enfin, les ressources importantes du 1% logement doivent être utilisées à meilleur escient et en cohérence avec les aides publiques, sa gouvernance doit aussi être revue, sauf à laisser perdurer une dispersion de moyens et des coûts de gestion très élevés. Ceci permettra de financer les priorités de la politique du logement.

D'autres évolutions en matière de logement sont à l'étude et pourront être annoncées lors du prochain Conseil de modernisation. Elles s'ajouteront à celles-ci et contribueront à la loi en faveur du logement en cours de préparation.

Une politique de développement des entreprises ciblée sur les entreprises moyennes

La réforme du crédit impôt recherche, très puissante, conduit à revoir le système d'aides directes, sauf à créer une situation présentant des incohérences et des effets d'aubaine. Les aides directes seront en conséquence réservées aux entreprises de moins de 5 000 salariés (sauf projets stratégiques) et leur taux sera révisé.

Cette évolution s'inscrit dans la volonté du gouvernement de favoriser le développement d'entreprises moyennes, qui a notamment justifié la fusion de l'Agence de l'innovation industrielle et d'Oséo.

Une politique de l'emploi et de la formation professionnelle qui se concentre là où les besoins sont les plus forts

Sans prétendre encore à l'exhaustivité sur ce secteur important, deux premières mesures ont été actées : - d'une part, l'amélioration de l'emploi, en cours dans notre pays, est et demeurera liée à des réformes structurelles. Les contrats aidés seront ainsi recentrés sur les personnes qui sont le plus en difficulté sur le marché de l'emploi ; - d'autre part, les exonérations spécifiques de charges sociales devront être plafonnées en fonction du salaire et limitées dans le temps pour donner lieu à évaluation.

Ceci ne limite pas la réflexion sur ce champ important. Ainsi, en particulier, les objectifs de la réforme de la formation professionnelle (recentrage des dispositifs et des financements sur ceux qui en ont le plus besoin, particulièrement les demandeurs d'emplois, et simplification de la collecte) seront-ils précisés dans le cadre des discussions en cours avec les régions et les partenaires sociaux.

L'ensemble de ces décisions sur les politiques d'intervention démontre le souhait du gouvernement que chaque euro dépensé atteigne au mieux l'objectif qui lui est fixé. En réformant et en globalisant les dispositifs d'intervention, on peut mieux les orienter vers les publics qui en ont le plus besoin.



Des décisions mises en oeuvre

de manière concertée, coordonnée et rapide



Comme pour tous les projets qu'il mène, le gouvernement est attaché à un dialogue approfondi, qui garantit au mieux l'application des réformes. C'est ainsi que les modalités de mise en oeuvre de décisions importantes du premier Conseil de modernisation, comme les réformes du divorce et du permis de conduire, sont en cours de concertation avec tous les professionnels concernés, sous la responsabilité des ministres compétents.

De même, un dialogue social a été engagé et doit encore s'intensifier sur l'ensemble des mesures. La réforme de l'État ne peut s'accomplir que si les fonctionnaires trouvent dans le processus de changement une nouvelle source de fierté professionnelle et de motivation.

L'exercice de révision des politiques publiques doit en effet être l'occasion, pour tous les agents publics, de se mobiliser pour un État moderne et des politiques publiques performantes. Le dialogue est mené par chaque ministre, mais aussi au niveau de la fonction publique dans son ensemble. Le Premier ministre a réuni, le 4 février 2008, les représentants des employeurs publics ainsi que l'ensemble des organisations représentées au Conseil supérieur de la fonction publique, afin de présenter, parallèlement à l'agenda social de la fonction publique, les perspectives de la révision générale des politiques publiques.

Le Conseil supérieur de la fonction publique a été saisi des projets de textes relatifs au chantier " gestion des ressources humaines " dont en particulier le projet de loi sur la mobilité et la " boîte à outils " ressources humaines élaborée pour conduire les transformations. Sur ces textes, la concertation approfondie que j'ai menée avec le secrétaire d'État à la Fonction publique, et au-delà même des réunions du Conseil supérieur, a permis de faire évoluer notablement un certain nombre des dispositifs envisagés. De même, la commission permanente de modernisation des services publics, qui réunit des organisations syndicales et des associations d'usagers, a été réactivée sous notre impulsion.

Plusieurs réunions de cette commission ont déjà permis des échanges riches sur la méthode et sur plusieurs réformes, comme la mise en place des agences de service public, la politique d'accueil ou la réforme de l'organisation locale de l'État. Un calendrier de discussion dans ce cadre a été proposé aux partenaires sociaux : conformément aux engagements pris dès le départ, le gouvernement met donc en place un dispositif de concertation dense et volontariste.

Cet effort sans précédent de réformes dans chaque ministère s'appuie sur un dispositif nouveau de suivi de leur mise en oeuvre. Le secrétaire général de chaque ministère veille à un avancement rapide des réformes et anime à cette fin un comité de pilotage. Un dispositif interministériel de suivi permet de tenir à jour un état des lieux de cette application des décisions du premier Conseil de modernisation. Le suivi fera l'objet de réunions au niveau des ministres.

Cet appareil de suivi, inspiré des méthodes de gestion de projet, permet de tirer déjà un bilan d'étape, très encourageant. Toutes les réformes décidées par le gouvernement le 12 décembre 2007 sont lancées et les ministères ont fixé des calendriers précis de mise en oeuvre : les fiches ci-jointes, ministère par ministère, en attestent. La démarche que nous conduisons ne se limite pas à la décision et à l'annonce, mais elle accompagne la réforme pour en garantir l'impact.

C'est notamment le cas des réformes des fonctions support de l'État, comme l'immobilier ou les achats. Elles permettent de décharger les administrations de tâches techniques, pour lesquelles l'expérience dans les entreprises a montré tout l'intérêt d'une concentration, qui garantit à la fois taille critique, mutualisation et professionnalisme.

C'est également le cas de la réforme de l'organisation locale de l'État, qui a d'ores et déjà largement atteint les objectifs fixés au premier CMPP, puisque la liste des directions régionales a été arrêtée par le gouvernement : leur nombre passe d'une trentaine à huit.

Sur ce dernier point, le gouvernement tient tout particulièrement à affirmer l'impératif de concertation. Des réunions interministérielles vont se tenir au plan local, sous l'égide du préfet. Plus que jamais, toutes les réformes touchant au mode de fonctionnement de l'administration seront menées dans un esprit de dialogue approfondi avec les organisations syndicales.

Le premier Conseil de modernisation avait été l'occasion de réformer en profondeur les structures de plusieurs administrations, notamment dans leurs services centraux. Par la réforme de plusieurs dispositifs (comme le permis de conduire, le divorce ou les naturalisations), il avait démontré qu'il était possible d'améliorer le service, tout en maîtrisant le coût pour la collectivité.

Ce deuxième Conseil permet de constater que ces réformes sont étendues au-delà des quelques ministères qui avaient été étudiés initialement, pour concerner désormais l'appareil productif de toute la sphère publique, qu'il s'agisse des administrations centrales ou des services déconcentrés, dont la structure et le fonctionnement sont profondément rénovés. En outre, des politiques publiques majeures, comme le logement, la ville, le développement des entreprises et l'emploi font l'objet de réformes en profondeur, permettant une meilleure utilisation de l'argent public qui y est consacré.

La démarche d'extension du champ couvert par la révision générale des politiques publiques se poursuivra. Un troisième Conseil de modernisation se tiendra au mois de mai, préalablement au dépôt de la loi de programmation des finances publiques 2009-2011. Il sera l'occasion de faire un point sur l'ensemble des décisions prises, et de poursuivre l'amélioration de l'efficacité et de l'efficience de nos politiques publiques.

 




POUR UNE VISION D'ENSEMBLE

 


POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [1] - Grandes lignes directrices de cette révision des politiques publiques : tous les textes officiels dont il faut avoir pris connaissance et rappel historique de tous les moments importants qui ont présidé à la mise en place de cette RGPP, sans oublier les principales adresses électroniques pour obtenir des compléments d'information et avoir accès aux documents ;



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [2] Phase II – le deuxième Conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP) qui s'est tenu le 4 avril 2008 et le rapport d'Éric Woerth annonçant 166 mesures supplémentaires « destinées, est-il spécifié, à rationaliser les services de l'État, à renforcer leur efficacité et celle des politiques publiques. » Sont aussi rappelées les mises en garde de Michel Bouvier, professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, le Monde, édition du 19 mars 2008.



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [3] - Revue de presse : analyses, remarques, critiques et craintes éventuelles à travers les articles et réflexions proposés par les journalistes de trois grands quotidiens : le Monde, Libération et La Croix.



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [4] - Réflexions très critiques et fort pertinentes d'Éric Le Boucher dans le Monde du 6 avril 2008, « Les réformes à l'huile de ricin », aux propos d'Éric Woerth recueillis par le JDD du 6 avril 2008. Sans omettre les mises en garde d'un internaute qui propose, pour avoir d'autres « sons de cloche » de consulter le blog « LE VRAI DEBAT » ;



POLITIQUES PUBLIQUES : LA RGPP [5] - Articles qui mettent l'accent sur les dérapages éventuels ou prévisibles de cette RGPP, avec notamment cette crainte de plus en plus justifiée de voir toutes ces mesures mettre à mal la notion même de service public et de privilégier la rigueur au détriment d'une véritable politique sociale, notamment à propos du RSA. Avec, en particulier « la RGPP expliquée au soldat » sur le blog de Jean-Dominique Merchet, et les analyses de Liêm Hoang-Ngoc, économiste, maître de conférences à l'université Paris-I, sans oublier l'édito du Monde sur le « calibrage de rigueur », etc



FINANCES PUBLIQUES ET RGPP - Pour qui sait lire tout est déjà dit, l'objectif de la RGPP étant, comme l'a déclaré le Premier ministre, « d’amener la situation budgétaire à l’équilibre en 2012 et la dette publique au-dessous de 60 % du PIB » . Le reste, tout le reste, relève du discours politique, c'est-à-dire de « l'écran de fumée » ... Même si l'impensé - trop bien pensé ! - est de déconstruire le service public en l'ouvrant de plus en plus au privé, conformément aux directives européennes.

 

 



- Par alain laurent-faucon
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Le Président de la République a présenté, le 4 avril 2008, le « plan de réforme » de l’État et ses principales mesures, sans pour autant rentrer dans les détails. Une confirmation, toutefois : un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera pas remplacé.

 

Réforme, rigueur : « bataille sémantique »

 

« Bataille sémantique », remarque François Vignal dans un article de Libération mis en ligne le 4 avril 2008. « Si l’opposition crie à la rigueur budgétaire, poursuit le journaliste, Nicolas Sarkozy s’en défend. Lors d’un discours sur la Révision générale des politiques publiques, le Président a affirmé ce midi [vendredu 4 avril 2008] qu'il présentait un plan de « réforme », et non de « rigueur ». « Je le dis et je le répète, ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c'est la réforme qui permettra les économies. » « C'est la différence entre la rigueur et la réforme », selon le Président, qui qualifie la journée « d’historique » et de moment « important » de son quinquennat. »





REVUE DE PRESSE

 



Tour de vis

 

Laurent Joffrin - Éditorial - LIBÉRATION - samedi 5 avril 2008


Réformer l’État ? Évidemment ! Chacun ou presque sait, à gauche et à droite, que cette vaste machine, indispensable à l’équilibre social, souffre aussi d’entropie bureaucratique. Qu’on veuille réduire les prélèvements - si l’on est libéral - ou renforcer l’action collective - si l’on ne l’est pas -, les ressources se trouveront principalement dans une meilleure efficacité de la dépense.

La gauche, qui rejette « l’austérité », oublie volontairement cette réalité élémentaire, qui ne manquerait pas de la rattraper si, d’aventure, elle revenait au pouvoir.

Pour autant, le plan annoncé par Nicolas Sarkozy souffre d’au moins deux défauts. Une grande sécheresse technocratique en premier lieu. La réforme de l’État suppose une redéfinition de ses missions qui débouche, ensuite, sur l’organisation des moyens ; elle exige tout autant concertation, négociation et popularisation du changement auprès des agents et des usagers. Faute de quoi les mesures tombent d’en haut, d’autant plus incomprises qu’elles obéissent à une logique des comptes et non du service public. Ainsi l’éducation subira une grande partie des coupes sombres alors qu’elle est priorité nationale.

Le plan Sarkozy, aussi bien, s’avance masqué. Pris à contre-pied par la conjoncture, le gouvernement sait qu’il devra aller plus loin dans les économies, sauf à jeter par dessus les moulins ses engagement européens. Sarkozy, qui se voyait président du pouvoir d’achat, ne se résoud pas à être celui du tour de vis. Il faudra bien pourtant, un jour ou l’autre, manger le morceau.




Le choc du réel


Édito du Monde – paru dans l'édition du 04.04.08.


Depuis trente ans, l'histoire - avec ou sans majuscule - semble se répéter. A la fois ironique et déprimante, grinçante et désolante, mais apparemment implacable. 1981, 1995, 2007 : par un engrenage auquel François Mitterrand et Jacques Chirac n'ont pas su échapper et dans lequel Nicolas Sarkozy est pris à son tour, les trois derniers présidents de la République ont été élus sur un engagement majeur cruellement démenti ou déçu moins d'un an plus tard.

Au début des années 1980, la gauche sut convaincre qu'elle parviendrait à juguler le chômage de masse ; quelques dévaluations et un blocage des prix et des salaires plus tard, elle dut se résoudre à une "rigueur" dont elle essaya de croire et de faire croire qu'elle ne serait qu'une "parenthèse". Quinze ans plus tard, le champion de la droite l'emporta en promettant de réduire la "fracture sociale". Il ne fallut guère qu'un été pour le ramener, et les Français avec lui, aux dures contraintes économiques.

Quant à l'actuel titulaire de la charge, il suscite aujourd'hui d'autant plus de frustration et d'inquiétude que, pour beaucoup, ses engagements sur le "travailler plus pour gagner plus", autrement dit sur le pouvoir d'achat, avaient été convaincants l'an dernier. Il y a trois mois, il reconnaissait que les caisses étaient vides ; le voilà contraint de réduire, coûte que coûte, le train de vie du pays, donc celui des Français.

Comparaison n'est pas raison. En trente ans, situations et conjonctures ont profondément changé. A chaque fois, pourtant, le poids des mots et l'enchantement des promesses n'ont pas résisté au choc du réel. Contradiction intrinsèque du politique, diront les blasés.

Un tel scepticisme est, à la fois, trop commode et dangereux. Il évite de s'interroger sur les blocages spécifiques de la France. Il dispense de s'interroger sur les singularités d'un système institutionnel qui a permis à des hommes aussi différents que François Mitterrand, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy de s'illusionner à ce point sur leur pouvoir, de croire ou, en tout cas, de faire croire que la réalité se plierait à leur désir. De croire, ou de faire croire, que le budget de l'État est une manne inépuisable qui permet - comme c'est le cas depuis 1973 - de vivre à crédit sans trop se soucier des dettes que leurs enfants auront à rembourser demain. Il dispense, enfin, de réfléchir aux archaïsmes d'un pays dans lequel la faiblesse des organisations syndicales, autant que patronales, rend improbable l'idée même de réformes négociées et pragmatiques.

Le danger, aujourd'hui comme hier, est de creuser toujours un peu plus la défiance des citoyens à l'égard des responsables politiques et de leur action. Et d'entretenir cette espèce de dépression française qui ne lui permet pas de se projeter franchement dans l'avenir.




La rigueur masquée

 

Muriel Gremillet - LIBÉRATION : samedi 5 avril 2008


Tout en proclamant « la réforme », Nicolas Sarkozy annonce un programme d’économies et confirme le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.


Encore une fois, ne pas confondre : « La rigueur, c’est un coup de rabot sur les dépenses qui touche tout le monde de la même façon. Nous, nous faisons la réforme. » En présentant vendredi à Bercy l’étape 2 de la Révision générale des politiques publiques (la RGPP) à l’issue d’un conseil de modernisation de l’État, Nicolas Sarkozy s’est coulé dans le rôle du grand réformateur. Pas d’annonce fracassante, pas de chiffres (si ce n’est que, d’ici 2011, l’ensemble des mesures devrait faire économiser 7 milliards d’euros au budget de l’État), pas de coupe annoncée dans le budget de l’Éducation nationale. Une posture qui permet au Président d’expliquer qu’il ne sera pas celui qui imposera la rigueur au pays, mais au contraire celui qui engage sa modernisation, « toujours promise, jamais faite ». Une « étape importante de [son] quinquennat ».

Pas de chiffres. Pourtant, l’épisode 2 de la RGPP ne satisfait pas grand monde à droite, alors que l’alerte a été donnée sur les finances publiques de la France et que la croissance flanche. « C’est solide, intelligent, analyse Hervé Mariton, mais ça manque d’une dimension politique et d’une stratégie économique. C’est un audit intelligent, pas la rupture. » Les orthodoxes budgétaires, eux, prennent carrément la RGPP de haut. Certes, l’initiative est « bonne », mais, « si on veut vraiment assurer l’équilibre de nos finances publiques, il va falloir aller plus loin », assène Jean Arthuis, sénateur centriste de la Mayenne, président de la commission des finances du Sénat.

Dans tout son discours, le président de la République s’est bien gardé de donner des chiffres : en ajoutant les bouts de réforme annoncés, Bercy peut escompter économiser 450 millions d’euros sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite confirmé hier par le chef de l’État, 90 millions grâce à l’extinction progressive des surpensions versées à certains retraités qui partent s’installer outre-mer, et 200 millions par une optimisation des aides versées aux entreprises. Autant dire, pas tripette. Et ce ne sont pas les exemples bien ciblés dont Nicolas Sarkozy a usé pour faire vivre la délicieuse RGPP, en plaidant par exemple pour la limitation des transferts des détenus lors des audiences de procédure au profit de la « visioconférence », qui y changeront grand-chose.

« Technocrates ». Rien qui puisse entraîner l’enthousiasme d’Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, qui qualifie les annonces de vendredi matin de « projet de technocrates intelligents ». « On sait qu’on a au moins 50 milliards d’économie à trouver d’ici 2012, poursuit Jean Arthuis. Alors on voit bien qu’il y reste du travail à faire. »

Le président de la République s’est même payé un luxe suprême : annoncer que la réforme pourrait entraîner des dépenses supplémentaires. « Une réforme ne se fait pas que pour les économies, a-t-il lancé. Je suis d’ailleurs prêt à assumer un coût supplémentaire pour engager la réforme. » Ce coût pourrait être logé dans la création d’un « fonds de modernisation » dans le budget 2009-2011. L’été dernier, l’idée de la création d’un tel fonds était soutenue par de rares députés UMP, qualifiés à l’époque dans leur majorité de « dépensophiles ».

Comme au Canada. « C’est la bonne démarche, explique Jérôme Chartier, député UMP du Val-d’Oise. On peut même imaginer de le financer par du déficit si on sait clairement quel argent permet quelle modernisation. » Au Canada, le gouvernement libéral du Premier ministre Jean Chrétien avait procédé de la sorte, à partir de 2000, pour tailler dans la dépense publique.

« On peut aussi imaginer qu’avec cet argent on puisse aller au-delà du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, poursuit un autre UMP favorable au dispositif. Inciter les gens à partir contre un pécule est le seul moyen de faire des économies. » Et espérer ne pas dépasser la barre sacrée des 3 % de déficit imposée par Bruxelles. Ce qui ferait mauvais genre en pleine présidence de l’Union europénne.




Sarkozy promet "la réforme"

pas "la rigueur"


La Croix - 04/04/2008


Nicolas Sarkozy a présenté, vendredi 4 avril, un plan de modernisation de l'État qui doit faire économiser 7 milliards d'euros de dépenses publiques d'ici 2011. Mais en refusant le mot de "rigueur"


Il s'agit d'un plan de "réforme et non de "rigueur", a affirmé le président de la République, dans un discours sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l'État prononcé à Bercy, vendredi 4 avril.

ll n'a cité aucun objectif chiffré dans son plan de modernisation de l'État visant à des économies budgétaires. Pourtant au même moment, un rapport de son ministre du budget, Eric Woerth, souligne que la révision générale des politiques publiques (RGPP) doit se traduire par un total de 7 milliards d'euros d'économies "à l'horizon 2011".

"Je le dis et je le répète, ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c'est la réforme qui permettra les économies" a martelé Nicolas Sarkozy, venu inaugurer la direction générale des finances publiques, fusion des directions générales des impôts et de la comptabilité.


Réformer le logement social et le Quai d'Orsay

 


Il a confirmé l'objectif de non-remplacement d'un départ sur deux à la retraite de fonctionnaires entre 2009 et 2011. Mais la moitié des gains réalisés grâce à cette réduction sera redistribuée aux agents.

Le ministre du budget, Eric Woerth, a précisé après le discours de Nicolas Sarkozy que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite représentait une économie globale d'"à peu près 900 millions d'euros par an. Donc en économies nettes, puisque la moitié est rendue aux fonctionnaires, c'est de l'ordre de 450 millions."

Le président a cité, parmi les réformes à engager, celle du logement social ou le Quai d'Orsay qui doit s'adapter "aux enjeux du XXIème siècle"."Aucun ministère ne sera écarté de la nécessité de la réforme", a précisé Nicolas Sarkozy qui a chargé son premier ministre François Fillon d'organiser la "coordination interministérielle indispensable".


Engagement européen

 


Ces nouvelles mesures sont lancées alors que la France s'apprête à prendre en juin la présidence tournante de l'Union européenne, auprès de laquelle elle s'est engagée à revenir à un "déficit zéro" au plus tard en 2012.

Pour la seule année 2007, le déficit public de la France (État, Sécurité sociale et collectivités locales) s'est élevé à 50,3 milliards d'euros, soit 2,7% du PIB contre 2,4% prévu initialement. Selon Nicolas Sarkozy, "l'équilibre de nos finances en 2012 est à notre portée sans remettre en cause la qualité et l'efficacité de nos politiques publiques".

AFP




Des aides repensées,

des services mutualisés



LE MONDE | 04.04.08 | 12h40  •  Mis à jour le 04.04.08 | 17h27



Alors que les déficits publics dérapent, Nicolas Sarkozy a présenté, vendredi 4 avril, 166 mesures qui doivent faire économiser 7 milliards d'euros à l'État d'ici 2011, dont "plus d'un milliard" doit être redistribué aux fonctionnaires en contrepartie de suppressions de postes.



Les grandes politiques d'intervention



Logement. Les plafonds de ressources pour pouvoir prétendre à un logement social seront indexés sur l'indice des prix à la consommation et abaissés de 10 %. Les surloyers appliqués aux locataires dépassant ces plafonds seront relevés. L'idée est de revenir à une proportion de ménages accédant au logement social de 60 %, contre 70 % actuellement.

Les ressources des organismes HLM seront mutualisées, le 1 % logement sera "profondément rénové". Un objectif quantitatif d'économies sera fixé "pour placer les gestionnaires du 1 % sous contrainte". Les aides à l'investissement locatif seront recentrées sur les zones en tension.

Emploi. La politique sera concentrée sur les demandeurs d'emploi et le retour à l'emploi. Les mesures en faveur du travail des seniors, comme la suppression des préretraites et des dispenses de recherche d'emploi, seront étudiées avec les partenaires sociaux.

Les crédits alloués aux contrats aidés, déjà réduits en 2007 en 2008, seront davantage régulés en fonction du marché du travail. Les crédits de la formation professionnelle devront bénéficier davantage aux chômeurs.

La politique de développement des entreprises. Elle sera recentrée sur les PME pour les aider à franchir le cap critique des 500 salariés. Les aides seront concentrées, sauf exception, sur les entreprises de moins de 5 000 salariés. Deux cents à trois cents millions d'euros seront économisés grâce à la réorientation des aides à la recherche, du fait du crédit d'impôt recherche, sur les PME.

Le nombre des dispositifs territoriaux d'aide à l'implantation, qui profite aujourd'hui à 90 % de la population, sera réduit, leur champ limité et leur durée limitée à cinq ans.



La modernisation de l'État


Un État recentré. L'État va concentrer ses structures et ses interventions sur ce qu'il estime être les attentes des Français. Ainsi, le ministère de Jean-Louis Borloo va-t-il abandonner progressivement son activité d'ingénierie concurrentielle pour développer son expertise sur le développement durable et le changement climatique.

Le ministère des affaires étrangères se rénove. Des ambassades communes seront créées, les ambassadeurs auront désormais autorité sur tous les services de l'Etat et les effectifs seront redéployés pour éviter que, comme aujourd'hui, les services français emploient 720 agents au Sénégal et seulement 270 en Inde.

Les suspensions versées aux fonctionnaires choisissant de s'installer pour leur retraite en outre-mer sans y avoir travaillé une durée minimale seront progressivement supprimées.

En ce qui concerne la jeunesse et les sports, les aides en moyens humains et financiers aux fédérations sportives seront modulées.



Un État plus lisible et plus moderne



État local. Le nombre des directions régionales de l'Etat déconcentré passera de 30-35 à 8. Celui des directions départementales s'établira "autour de 5".

A Bercy, une super direction de l'entreprise va être créée à partir de la fusion de la direction générale des entreprises (DGE), de la direction du commerce, de l'artisanat, des services et des professions libérales (DCASPL) et de la direction du tourisme. L'inspection générale du tourisme sera supprimée. Le corps des mines et celui des télécommunications seront fusionnés.

Enseignement supérieur et recherche. Les unités de recherche seront financées en fonction de leurs performances.

Action extérieure. Les achats et l'intendance courante des services de l'Etat à l'étranger seront mutualisés et parfois externalisés. Une Foncière de l'Etat gérera son patrimoine à l'étranger.

Le ministère de la défense va concentrer ses forces sur les unités opérationnelles, au lieu de mobiliser 60% de ses personnels dans le soutien à ces unités. Des services, comme l'habillement, intervenant en France et à l'étranger dans le domaine de la logistique, seront mutualisés.

Sécurité. Le regroupement de la gendarmerie et de la police nationale sous l'autorité du ministre de l'intérieur va permettre, entre autres, la mise en commun les moyens de formation et de faire, selon l'Elysée, "des économies considérables".

Certaines missions seront allégées, comme le transfert de détenus. Les forces mobiles devraient être moins utilisées dans les centres de rétention administrative, où leur intervention coûte 70 % plus cher que celles confiées aux forces non mobiles.





RÉACTIONS




La Croix - AFP - 04/04/2008

 



"Père la rigueur" pour le PC


"Père la rigueur" pour le Parti communiste, "saignée" dans la fonction publique pour la FSU, "gages d'austérités" à la veille d'un sommet européen pour Force ouvrière : les réactions aux annonces de réforme de l'Etat de Nicolas Sarkozy, vendredi 4 avril, sont virulentes

Le Parti communiste français (PCF) a estimé, vendredi 4 avril, que Nicolas Sarkozy se conduisait en "Père la rigueur".

Selon le PCF, "ces annonces vont, à coup sûr, aggraver la situation de la très grande majorité des Français, et particulièrement celle des plus fragiles, qui sont les premières victimes de la crise économique et sociale et que vit le pays en ce moment".

"Cette semaine, George W. Bush a comparé Nicolas Sarkozy à la dernière apparition d'Elvis Presley, il s'agirait plutôt aujourd'hui de la version 1976 de Raymond Barre, celle du "Père la rigueur", conclut le communiqué du PCF.



"Réduire les déficits,

c'est défendre le pouvoir d'achat"



Pour l'UMP, "efficacité et justice sous-tendent les réformes" annoncées par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

"Réduire les déficits, c'est défendre le pouvoir d'achat des Français. Si notre pays dépensait au même rythme que notre voisine l'Allemagne, c'est 150 milliards d'euros que l'on pourrait rendre aux Français", ont-il fait les trois porte-parole du parti.



"Saignée" parmi les effectifs

de la Fonction publique



La FSU (Fédération syndicale unitaire) a dénoncé une "saignée" parmi les effectifs de la fonction publique et une "purge" concernant les autres dépenses, après l'annonce des mesures d'économie du budget de l'Etat par le président Nicolas Sarkozy.

"On est toujours dans la même logique: on considère les services publics et les politiques publiques uniquement comme une dépense qu'il faut absolument réduire, sans prendre en compte les atouts que ces politiques représentent", a déclaré le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.



Des coupes "drastiques"

organisées "sans débat"



La CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) a déploré que la révision générale des politiques publiques (RGPP) "se soit organisée sans l'ombre d'un débat", et aboutisse à "des coupes drastiques injustifiées".

"Grande restructuration de la fonction publique, nouvelle méthode de management et coupes franches dans les politiques sociales (...) sont autant d'axes d'action qui méritent effectivement d'être évalués", souligne le syndicat. "Sans ce préalable indispensable, ces coupes drastiques sont injustifiées", ajoute-t-il.



Donner "des gages d'austérités

aux institutions européennes"



La RGPP "continue d'avancer masquée", a estimé Force ouvrière (FO) dans un communiqué à l'issue des annonces faites par Nicolas Sarkozy, dont certaines sont jugées "dangereuses" par le syndicat.

Pour FO, "la RGPP est une remise en cause profonde des services publics républicains au travers d'externalisations et de privatisations qui, non seulement feront disparaître les services publics mais finiront par coûter plus cher, non plus aux usagers, mais aux clients".

Ces annonces "s'inscrivent (...) à la veille d'un sommet européen", permettant aux pouvoirs publics de donner "des gages d'austérité aux institutions européennes", souligne le syndicat.

La CGT a estimé vendredi que le gouvernement imposait une "politique d'austérité" et une "régression des politiques publiques", après le discours de Nicolas Sarkozy sur la révision générale des politiques publiques.

"On ne peut pas récuser l'idée de mieux utiliser les moyens publics (...) mais ici nous sommes sur un autre registre, c'est une amputation de pratiquement 7 milliards des moyens de fonctionnement dans un certain nombre de secteurs essentiels", a déclaré à l'AFP Jean-Christophe Le Duigou, un des secrétaires confédéraux de l'organisation.



"Une approche par le mauvais bout"



"Le gouvernement impose une politique d'austérité", selon Jean-Christophe Le Duigou, un des secrétaires confédéraux de la CGT. Il s'est dit "préoccupé pour les usagers des services publics et les politiques publiques. Ce qui est programmé, bien au-delà du débat sur l'austérité, c'est une véritable régression de politiques publiques dans un certain nombre de domaines."

"C'est finalement une approche technocratique par le mauvais bout, on commence par les économies, on discutera peut-être ensuite des missions publiques", a déclaré le leader syndical.

AFP


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La dissertation de "culture gé" est une épreuve à fort coefficient dans les concours de la fonction publique d'Etat, terriroriale, hospitalière, et je me suis aperçu que rares étaient les étudiant(e)s qui savaient QUESTIONNER LE SUJET. Le réflexe est d'utiliser des plans pré-formatés et des fiches stéréotypées. D'où la raison d'être de ce blog : QUESTIONNER LE SUJET et PENSER à partir des savoirs exigés.

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