CULTURE GÉNÉRALE - ORAL - CONSEILS ET MÉTHODE



Le temps des oraux se rapproche pour bon nombre de candidat(e)s aux concours de la fonction publique territoriale - FPT - et il est peut-être bon de rappeler quelques fondamentaux en la matière.

Je vous signale d'abord et surtout l'excellente synthèse proposée par un site tout aussi excellent : http://concoursattache.canalblog.com/

Lisez et relisez très attentivements ses conseils. Tous sont essentiels et fort judicieux. Tous doivent être respectés scrupuleusement. Je me permets, ici, de relever quatre recommandations et de les commenter, histoire d'insister encore un peu plus sur ce qu'il faut faire pour réussir cette délicate épreuve :



1°) « La première règle consiste à respecter scrupuleusement le temps alloué à l'exposé, et de ne jamais empiéter sur les minutes consacrées aux questions : ce serait en effet commettre une erreur sanctionnée, ou risquer d'être interrompu par des examinateurs vigilants, sans avoir la possibilité d'achever son propos. »



Comme vous le savez, en effet, le temps est l'une des composantes primordiales de l'épreuve de culture générale aussi bien à l'écrit qu'à l'oral. Quelqu'un qui ne sait pas gérer son temps peut être, à l'oral, lourdement sanctionné. Un quart d'heure ce n'est pas dix ou sept minutes, pas plus que dix-sept ou dix-huit minutes ! Hélas, trop de candidat(e)s l'oublient.



2°) « La première qualité qu'on attend de votre exposé, c'est sa construction. Le défaut le plus rédhibitoire, c'est l'exposé brouillon, où l'on ne sait plus où l'on est. Vous devez donc impérativement faire un plan, et faire apparaître de façon claire ce plan. »

« Aidez le jury à vous suivre : annoncez clairement à la fin de votre introduction le plan que vous comptez suivre. Précisez systématiquement la partie que vous allez commencer ou celle que vous venez de terminer : vos transitions doivent être appuyées, ne craignez pas d'en faire trop. »



 

Concernant le plan, les techniques sont les mêmes qu'à l'écrit. Il s'agit de questionner le sujet – cf. LE SUJET-FRAGMENT, DICT ORACULAIRE - puis, à partir de ce questionnement, de construire un plan. L'intro et la conclusion doivent être rédigées – comme pour l'écrit – car ce sont deux éléments essentiels de la dissertation ou de l'exposé oral.

 

 

Comme à l'écrit, vous devez faire des phrases de liaison et d'articulation afin que le jury sache en permanence où vous en êtes de votre démonstration – car ne l'oubliez jamais un exposé est lui-aussi une démonstration. Cf. LA DISSERTATION, UNE DÉMONSTRATION.

 

Alors, de grâce, n'écoutez pas celles et ceux qui vous disent qu'à l'oral il ne faut pas questionner le sujet et qu'il faut se contenter d'un plan tout fait, préformaté, du style : problèmes / solutions ... Mais ces personnes tiennent le même discours concernant l'écrit. Elles sont excessivement dangereuses, voire pernicieuses, car elles oublient qu'un exposé est d'abord et surtout une démonstration, que tous les membres du jury (et j'ai fait partie de jury dans le cadre de la fonction publique hospitalière) attendent enfin d'être étonnés, agréablement surpris par une pensée qui est en train de se faire, de se développer devant eux, qu'ils préfèrent des hésitations dans la formulation à des savoirs prédigérés, issus de fiches stéréotypées.



3°) « N'oubliez pas que des questions suivront l'exposé : il est donc particulièrement astucieux de les suggérer au jury, en ménageant quelques oublis sur des points que vous connaissez bien : vous donnerez ainsi une impression de grande maîtrise, lorsque vous répondrez rapidement à ces questions. En règle générale, n'épuisez pas vos connaissances lors de l'exposé, vous risqueriez alors un mutisme total lors des questions. »



Cela est parfaitement exact. Durant l'exposé, les membres du jury notent les questions que le candidat(e) leur suggère soit par ses oublis, ses silences assourdissants, ses égarements, ou ses prises de position, etc. A vous de jouer habilement de la rhétorique et de la dialectique pour amener les membres du jury sur des terrains qui vous sont plus familiers. Mais cela, je l'avoue, est parfois plus facile à dire qu'à faire !



4°) « Si la question est incompréhensible, demandez au jury de la reformuler ; ne risquez pas une réponse à côté. Si la réponse vous échappe, n'abandonnez pas trop vite : commencez votre propos par introduire la demande en situant son contexte, reformulez ensuite la question en l'enrichissant un peu, puis annoncez que cette information vous échappe momentanément, en faisant une hypothèse sur la réponse si vous le pouvez. »



Cette recommandation est primordiale. Parmi les documents qui sont parfois communiqués aux membres des jurys, j'ai en eu un où étaient rappelés les « critères d'évaluation d'une prestation orale ». Et, parmi ces différents critères, il y avait celui-ci, écrit en lettres capitales, quasiment en lettres de feu : « SAVOIR RECONNAÎTRE sa méconnaissance, ses erreurs » On ne peut pas être plus clair. Aucun jury ne supporte « l'imbécile qui a réponse à tout » (Voltaire) et qui n'est pas capable de savoir où est sa place, sa juste place. Et visiblement le président du jury ne supportait plus ces candidat(e)s qui « noyent le poisson » et « vous la font à l'esbroufe ».




Critères d'évaluation d'une prestation orale




Sans trahir la moindre confidentialité, je crois que je peux m'autoriser à rappeler, ici, un certain nombre de critères qui étaient en vigueur, l'an passé, dans le cadre des concours de la fonction publique hospitalière. Je vais notamment utiliser un document mis au point par Colette David-Bonhomme, directeur technique de l'Institut International Supérieur de Formation des Cadres de Santé qui dépend des hospices civils de Lyon.

1°) Concernant le candidat ou la candidate : deux types de critères entrent en ligne de compte, quant à la forme d'abord, quant au fond ensuite :



- forme : la gestuelle, les attitudes, la voix (le ton), le regard, la façon d'être habillé ;

- fond : compréhension du sujet, les connaissances, les références à l'actualité (opportunité, à propos...),  analyse,  réflexion, synthèse, cohérence.



2°) Concernant l'exposé : les mêmes types de critères sont pris en compte :



- forme : débit, syntaxe, vocabulaire utilisé (richesse, précision, variété), clarté du propos, tics et registre du langage (familier, soutenu),  STRUCTURATION [1] de l'exposé (plan) ;

- fond : recul, humour, capacité à prendre ou avoir un point de vue, le fait de SAVOIR RECONNAÎTRE [2] sa méconnaissance, ses erreurs.



NOTES :

[1] et [2] termes écrits en lettres capitales dans les documents distribués aux membres des jurys.




Grilles pour l'évaluation des exposés



Sans entrer dans les détails et indiquer mes sources, là-encore, il m'est permis de vous soumettre quelques recommandations données à des jurys pour certains concours de la fonction publique :


PREMIÈRE GRILLE D'ÉVALUATION



1°) la gestion du temps ;

2°) les fonctions du langage utilisé : rhétorique, dialectique, clarté, fluidité, souci de la définition ;

3°) la parole : élocution, articulation, conviction, débit, tonus ;

4°) prise en compte du jury : liberté par rapport aux notes écrites, capacité d'improvisation, ouverture, aptitude à susciter des questions, capacité à y répondre ;

5°) le corps, l'usage du corps : façon de se tenir, nervosité, gestes (utiles, parasites ...)



DEUXIÈME GRILLE D'ÉVALUATION



A – Cadre introductif :

1°) le début de l'exposé a-t-il attiré et maintenu l'attention ?

2°) les remarques introductives ont-elles établi le contact ?

3°) le plan de la démonstration a-t-il été indiqué ?



B – Les clefs de la démonstration

4°) les idées principales ont-elles été exprimées avec clarté ?

5°) les exemples étaient-ils bien choisis, intéressants ?

6°) le résumé de chaque point principal a-t-il été fait avec clarté ?

7°) le début et la fin de chaque idée principale ont-ils été indiqués clairement ?



C – La conclusion

8°) la conclusion est-elle une synthèse, un bilan, des points principaux ?

9°) ce bilan a-t-il été fait avec clarté ?



Voilà les quelques petites précisions que je tenais à apporter pour expliciter l'excellente grille d'évaluation et de conseils donnée par le très intéressant blog coopératif de préparation aux concours d'attaché territorial et rédacteur - http://concoursattache.canalblog.com/


Bonne chance à toutes et à tous ... et bon courage !


Alain Laurent-Faucon

Remarque : je me permets enfin de vous rappeler un point essentiel que tout le monde a tendance à oublier ou occulter : il faut toujours garder en tête qu' UN CONCOURS SE QUESTIONNE ! – car, aussi bien à l'écrit qu'à l'oral, les exigences des correcteurs et des jurys sont tributaires des attentes du service que vous désirez intégrer.

Dans une note intitulée « Quelques conseils pour mieux appréhender les épreuves de culture générale », un professeur de l'École Nationale de la Santé Publique (ENSP – Rennes), Louis Renouard, fait, lui-aussi, la même réflexion :



« Selon les concours, la notion même de culture générale prend un contenu différent. S'agissant de celui que vous préparez, le mieux est d'examiner les sujets donnés antérieurement et de tenter de dégager quelques repères. »



 

D'où la nécessité de consulter les annales ! de se convaincre que la réussite passe aussi – pour ne pas dire d'abord et avant tout ! - par ce travail préliminaire : connaître précisément « l'idéologie » du service que l'on voudrait intégrer. Souvenez-vous de cette réflexion d'une pertinence fulgurante, véritable sésame-ouvre-toi d'un monde que vous ne connaissez pas encore, ou pas vraiment, une réflexion due à Jean-Paul Payre, maître de conférence de Droit Public à la Faculté de droit de Grenoble :



« Un fonctionnaire appartient à son service avant d'appartenir à l'administration »

 


REMARQUE : Ce blog intitulé tout simplement http://concoursattache.canalblog.com/ est fort sympathique – surtout à une époque où tout s'achète et se vend, où le savoir se monnaye, où les officines plus ou moins sérieuses et spécialisées (sic) dans les prépa' concours prolifèrent, comme d'ailleurs tous les spécialistes auto-proclamés en culture générale. Ce qui a le don de m'agacer tant ma plus grande frayeur intellectuelle, c'est l'imbécile qui a réponse à tout. Et, dans les facs, il y a toujours le Zorro de service, qui sait tout, qui a tout fait, tout vu, tout éprouvé, et qui dit de façon définitive, la moue hautaine et le ventre en avant : « je sais ... » - « y a qu'à ... » Et là, c'est terrible. Vraiment terrible.

Au temps jadis, le sublime Thomas De Quincey avait parlé de l'assassinat considéré comme l'un des beaux-arts. Mais je ne crois pas que les juges soient, de nos jours, sensibles à ce genre d'arguments littéraires !

Trêve d'humeur chagrine - mais qui n'a pas rêvé d'étrangler un imbécile ? -, je vous invite à aller consulter ce blog. Vraiment !




Publié dans : CULTURE GÉNÉRALE - ORAL - CONSEILS ET MÉTHODE - Par alain laurent-faucon
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Savoir et oser questionner !

La dissertation de "culture gé" est une épreuve à fort coefficient dans les concours de la fonction publique d'Etat, terriroriale, hospitalière, et je me suis aperçu que rares étaient les étudiant(e)s qui savaient QUESTIONNER LE SUJET. Le réflexe est d'utiliser des plans pré-formatés et des fiches stéréotypées. D'où la raison d'être de ce blog : QUESTIONNER LE SUJET et PENSER à partir des savoirs exigés.

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